J’habite en bas de chez vous

Logo du n°281 Présentation du livre intitulé « J’habite en bas de chez vous ». Brigitte raconte comment elle est devenue S.D.F. et comment elle a pu s’en sortir. (Présence Mariste n°281, octobre 2014)

Ce livre est particulièrement émouvant car il nous présente la douloureuse situation d’une dame, Brigitte, qui, pour échapper à la violence de son mari, se retrouve du jour au lendemain, au mois de décembre 2003, comme une SDF, dans la rue où elle va devoir apprendre à survivre malgré le froid, la faim, la peur.

Marie-Françoise Poughon "Ma vie de SDF commence, mais je ne le sais pas encore. Elle durera deux ans. Deux ans à dormir dans des halls d’immeubles et des jardins publics, sous les arcades des places publiques et dans des cages d’escalier. Avant de plonger dans ce monde-là, je croyais que les clochards logeaient sur le trottoir, un point c’est tout….
Du monde des SDF, je ne connaissais ni les codes ni les clés. Et à vrai dire, je ne m’étais jamais posé de questions. Il m’a fallu quarante-deux ans pour arriver au bord de la rue. Et une minute pour passer de la catégorie des citoyens normaux à celle des sans rien… Comme beaucoup de sans abri, je n’ai pas choisi la rue. Elle a été mon refuge … Une minute pour basculer, deux ans pour me relever".

« J'habite en bas de chez vous »
« J’habite en bas de chez vous »

"Décembre 2003-février 2005 : je n’ai pas besoin de faire d’effort pour me souvenir de cette période. Tout est gravé : les nuits d’angoisse passées sur le bitume, le froid qui mord la peau, les centres d’hébergement bondés, les réveils à coups de pied. Je n’ai qu’à fermer les yeux pour retrouver l’emplacement qui a été le mien, place des Vosges. Au cœur du Paris chic.

Volonté de s’en sortir

C’est tous ces jours qu’elle raconte, où dans la rue, elle croise des gens qui détournent leurs regards et tiennent au plus près d’eux leurs sacs, où elle se trouve parmi des compagnons de galère, violents, ivres, dans l’appréhension quotidienne d’être battue ou violée. Puis avec courage et grande volonté pour s’en sortir, elle va travailler en CDI et faire maints petits boulots variés et pouvoir peu à peu retrouver un petit logement en banlieue avec l’aide de bénévoles d’associations secourant les gens des rues.

En conclusion, Brigitte écrit :
« La chute est rapide. Remonter est un long cauchemar. Il a fallu que je tombe assez bas pour prendre conscience que je méritais de sortir de l’enfer. Mais sans personne pour m’aider, rien n’aurait été possible. Ce qui manque véritablement aux exclus, au-delà même de la nourriture, d’un toit, de l’argent, c’est la reconnaissance. Un regard d’égal à égal, une main tendue. Je sais d’expérience que l’on peut avoir des papiers en règle, un travail, des amis, une famille et se retrouver à dormir dehors. Je ne suis pas à l’abri. Vous non plus ».

Brigitte avec la collaboration de Véronique Mougin
Pocket Document - Tirage mars 2013 - Dépôt légal octobre 2004
Marie-Françoise Poughon
(Publié dans « Présence Mariste » n°281, octobre 2014)