Souvenirs lumineux

Les premières découvertes de l’art en chant, musique et architecture

[bleu]Quand j’essaie de recueillir dans ma mémoire les points forts qui ont marqué mon éducation chez les Frères maristes, surgissent alors quelques émotions et images liées à des moments précis ; par exemple :

  • La toute première « classe de chants » à La Valla. C’était en fin d’après-midi. Frère G. était à l’harmonium et c’est la 1re fois que j’ai entendu le Salve Regina chanté par une cinquantaine de pensionnaires ; ces voix d’enfants, encore mal assurées certes, mais belles et fraîches, m’en avaient donné la chair de poule ! J’étais loin de me douter que, grâce au chant grégorien, les Frères maristes allaient me donner le goût du chant liturgique et du chant choral !
  • L’écoute et la découverte de grandes œuvres musicales classiques, sous forme ludique, lors de « l’étude » du dimanche, en fin d’après-midi. C’est à qui reconnaîtrait, une fois le thème musical développé, l’œuvre écoutée et son titre et son auteur ; ainsi, de semaines en semaines, avec 2 ou 3 copains, piqués au jeu, nous étions devenus experts en déchiffrage de : La Moldau de Smetana, la 6e symphonie de Beethoven, Peer Gynt de Grieg et de bien d’autres œuvres. Et, en plus, quels beaux moments d’évasion !
    La magie d'un tableau
    La magie d’un tableau
  • Les cours vivants d’Histoire dispensés par le Frère F. grâce à une magnifique collection de documents pour la plupart en noir en blanc. Je me souviens des photos des cathédrales de Paris, Chartres et Reims, de la Liberté guidant le peuple de Delacroix, du Serment des Horaces de David… Et, cerise sur le gâteau, 4 semaines de découverte de Paris, à pied et en métro, et de l’Île-de-France, à vélo, durant l’été 1959, avec notre professeur pour guide ! L’Histoire prenait vie sous nos yeux : le Louvre, le Palais de justice, la Sainte-Chapelle, le Sacré-Cœur de Montmartre, la Seine, le défilé du 14 juillet sur les Champs-Élysées… et… Versailles, Senlis, Fontainebleau, Chartres, Meaux et Reims ! Mes yeux de « petit provincial » en ont été remplis pour la vie et ma sensibilité ouverte au « beau » pour toujours. Quel émerveillement ! Merci.

    Henri PACCALET
    (paru dans Présence Mariste N° 264, Juillet 2010)[/bleu]