Connaissez-vous Frère Michel Rampelberg ?

Une remarquable action humanitaire

[bleu] Il n’est pas un Frère Mariste de France qui n’ait entendu parler de son action. Comme le Père Werenfried van Straaten, avant lui, ce religieux qu’on avait surnommé le « Père au lard », Frère Michel a été très sensible à la misère des pays de l’Est longtemps soumis au joug du communisme soviétique. On leur avait promis le « bonheur d’une société sans classes » mais ils n’ont eu droit qu’à une sorte d’esclavage et au sous-développement pendant que les peuples de l’Ouest connaissaient la prospérité des « Trente Glorieuses ».

Quand Frère Michel a débuté son action, les besoins de ces pays, prisonniers derrière le « rideau de fer », étaient immenses, une misère dont beaucoup avaient entendu parler. « On n’y peut rien malheureusement » se disaient la plupart des gens. Notre confrère n’était pas de ceux-là. C’est un homme d’action qui ne s’est pas contenté de se lamenter. Il a entrepris ce qui était à sa portée.

Lors de la remise de la décoration, F. Michel Rampelberg devant l'un des panneaux de l'exposition
Lors de la remise de la décoration, F. Michel Rampelberg devant l’un des panneaux de l’exposition

Ainsi en 1977, il crée une association de solidarité internationale, connue sous le nom d’ADAJ (Aide aux pays en Difficulté et Animation de la Jeunesse). Donner de notre superflu à ceux qui n’ont rien, c’était le projet de cette association. L’essentiel du travail allait consister à collecter et conditionner du matériel pour équiper hôpitaux, orphelinats, écoles et maisons de retraite de ces pays où l’on manquait de tout.

Chez nous, on se modernisait en envoyant à la décharge du matériel qui pouvait être bien utile ailleurs. C’est dans ce créneau que l’association se mit à travailler. Il fallait contacter les donateurs, puis collecter des marchandises dans le Nord, la Normandie et même la Belgique. Ce n’était là que le début de l’aventure. Ensuite, fallait-il encore trouver le moyen de stocker tout cela, mobiliser des bonnes volontés pour trier et préparer les convois !

Cette première étape franchie, restait encore le plus difficile, transporter le matériel vers les bénéficiaires de ces lointains pays. Et quand, enfin, le camion arrivait à la frontière on s’imagine peut-être qu’on était accueilli à bras ouverts. C’était le contraire le plus souvent. De longs délais d’attente, des tracasseries parfois mesquines pour vous retarder. À moins, bien sûr, que vous étiez prêt à glisser le billet qui ferait changer d’avis le fonctionnaire qui voulait sa part du butin. C’est le genre de compromission auquel Frère Michel s’est toujours refusé. Quand on relit les bulletins de nouvelles envoyés régulièrement aux donateurs, on retrouve toutes les péripéties de ces voyages mouvementés.

Mais quand les barrières étaient franchies, que dire de la joie et de la reconnaissance des bénéficiaires ! Ils comprenaient qu’on ne les oubliait pas dans cet Occident que la propagande officielle s’ingéniait à noircir. « Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir ». Cette sentence évangélique se vérifiait. De longues heures de conduite, de jour et de nuit, ramenaient nos voyageurs plus que jamais décidés à poursuivre leur action. Les liens qui se tissaient avec les gens de là-bas n’étaient pas prêts de se rompre.

Pour avoir une idée du courage persévérant de Frère Michel et de ceux qui ont travaillé avec lui, relisons quelques chiffres donnés dans le bulletin du 10 septembre 2010. « 500 convois humanitaires de 1985 à 2010 », « 20 à 30 convois humanitaires par an en Europe de l’Est (Pologne, Ukraine, Biélorussie, Bosnie, Moldavie) », « nombre d’adhérents ou bienfaiteurs, en 2009 : 450 dans 39 départements ».

Ce travail de bénévolat, il faut le souligner, s’ajoutait à la tâche quotidienne. Ce n’est pas facile à gérer et ceux qui ne sont pas à la retraite doivent renoncer à bien des loisirs. Frère Michel a su faire face et il a récolté plus de critiques que d’encouragements de la part de ses confrères, au moins dans les débuts, pour son entreprise originale. C’est le lot de ceux qui s’aventurent hors des sentiers battus ! Mais il a persévéré dans son action entraînant derrière lui une multitude de bénévoles.

La situation dans les pays de l’Est n’est plus ce qu’elle était fort heureusement. On est heureux d’apprendre que certains pays se souviennent de ceux qui ne les ont pas oubliés dans le passé. C’est ainsi que les Polonais, à l’occasion du 30e anniversaire de la création du syndicat « Solidarnosc » ont témoigné leur reconnaissance à l’égard de ceux qui ont aidé leur pays dans les années difficiles.

Le mercredi 15 septembre 2010, la médaille de la Reconnaissance a été attribuée par M. l’Ambassadeur de Pologne, à de nombreuses personnes. Frère Michel Rampelberg, était de ce nombre. Ce fut le long défilé, de ceux qui avaient pu se libérer ce jour-là, venant de toute la France, pour venir recevoir cette médaille. Nous sommes très heureux que notre confrère ait fait partie de la multitude de ceux qui ont aidé la Pologne et les autres pays de l’Est au cours de ces années noires.

Voir le site Internet de l’A.D.A.J.
http://sites.google.com/site/adajhuma/


Frère Bernard MÉHA
(paru dans Présence Mariste N°267 Avril 2011) [/bleu]

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