Accueillir des enfants de Tchernobyl

PM 294 logo Depuis plus de 20 ans, notre école s’est mise en relation avec une établissement scolaire de la région de KIEV pour permettre l’accueil, chaque année, pendant l’été, d’une quarantaine d’enfants (Présence Mariste n°294, janvier 2018)

Geneviève GLANZMANN
Geneviève GLANZMANN

Ce 26 avril 1986 était un beau jour de printemps, en Alsace : le temps de mettre en terre les premières graines dans nos potagers, un temps ensoleillé où les premières fleurs du printemps jouaient de toutes leurs couleurs avec ce premier soleil. Tout était promesse de vie et de renouveau !

A quelques 1700 km de là, pourtant, une catastrophe aux conséquences inestimables venait de se produire. Le réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl venait d’exploser. Un nuage radioactif a-t-il survolé notre région ? Oui peut-être ! Oui sûrement…

30 ans après, les habitants du nord de l’Ukraine sont toujours contraints de vivre dans un environnement radioactif, nocif pour la santé, menaçant pour les enfants. Une fois de plus ce sont les enfants, qui sont victimes de cette catastrophe ! L’alimentation contaminée (cueillette des fruits et des légumes, chasse, pêche) provoque une accumulation de radioéléments, le césium 137, à l’origine de pathologies graves.

Depuis plus de 20 ans, notre école (la seule en Alsace) s’est mise en relation avec une établissement scolaire de la région de KIEV par l’intermédiaire de l’Association alsacienne « L’accueil des enfants de Tchernobyl » pour permettre l’accueil, chaque année, pendant l’été, d’une quarantaine d’enfants : leur permettre pendant quelques semaines de se nourrir sainement permet d’éliminer plus rapidement ces éléments radioactifs et de réduire le risque de maladies graves.

Chaque année, pour l’arrivée du printemps, un air de fête venu de l’Est, toujours de la même école d’art, vient planer sur notre école. Un groupe de jeunes danseurs vient nous surprendre. Cette année pour la première fois, c’était un groupe initié aux arts du cirque : la même équipe éducative encadrante, des jeunes (même des tout petits de 7-8 ans) issus des écoles de quartier et fréquentant tous cette école pour y suivre une formation en arts du cirque, en danse, en chant.

Jeunes danseurs de Tchernobyl

Ce groupe d’une quarantaine de jeunes nous a, une fois de plus, émerveillés par ses prestations de haute qualité. Un moment très émouvant conclut chacun de leur spectacle quand, la main sur le cœur, ils chantent l’hymne national d’Ukraine en commémorant la catastrophe nucléaire qui a brisé la vie de toute une région. Nos élèves sont saisis par la gravité du moment et les adultes présents s’essuient furtivement une larme qui coule sur leur visage !

Cela nous permet de faire un don à l’Association et contribuer à accueillir encore une fois, des enfants et des jeunes pendant l’été, pour un temps de repos et de découverte de notre culture. Notre regard est attiré par la beauté des costumes : pour chaque danse ou chaque numéro de cirque, des costumes nouveaux, tous très colorés, très beaux, fignolés jusque dans les moindres broderies. Cela afin d’emporter au loin, la belle tradition de leur pays, la délicatesse et la beauté de leurs coutumes, tellement mises à mal par le régime politique et par les catastrophes qui se sont abattues sur cette région…

Quelle joie pour nous d’accueillir d’année en année, depuis 20 ans, cette école d’art qui sublime toute douleur par la beauté, de leur manifester notre fidélité et notre attachement et de contribuer, par cette goutte d’eau ajoutée à l’océan de solidarité qui est manifesté à la population de Tchernobyl à travers l’Europe.

Geneviève GLANZMANN
(Publié dans « Présence Mariste » n°294, janvier 2018)