Accueillir une famille sans-abri : « Ce que vous ferez au plus petit… »

PM 296 logo Grâce aux actions conjuguées de toute une communauté, et grâce à l’Esprit Saint qui à coup sûr nous a accompagnés, nous arrivons au but… riches de nouveaux amis ! (Présence Mariste n°296, juillet 2018)

Michèle MURIGNEUX
Michèle MURIGNEUX

Un beau dimanche d’été, à la sortie de la messe à l’église de l’Horme (près de Saint-Chamond), une maman et une de ses filles m’expliquent que leur famille est à la rue depuis 8 jours.

Bien évidemment, nous ne pouvons rester sans rien faire !

Pour résumer leur situation, il s’agit d’un couple albanais et de leurs 4 enfants. Ils sont arrivés en France 3 ans plus tôt. À leur arrivée à Saint-Étienne, ils ont couché 45 jours à la rue avant d’être accueillis dans un centre d’accueil. De là, ils ont commencé les formalités de demande d’asile.

Ils ont changé 3 fois de centre d’accueil avant que le papa trouve un travail (au noir !) et un logement dans notre vallée du Gier. Mais hélas au bout de quelques mois il tombe gravement malade. Il s’ensuit 6 mois d’hospitalisation et de rééducation. Ils ne peuvent plus payer leur logement duquel ils sont expulsés le 1er août.

Alors 8 jours plus tard ils viennent solliciter notre aide. Notre paroisse possède un petit logement « l’abri » qui peut accueillir temporairement des personnes en grande difficulté. Ils y sont installés. Cette situation qui devait être provisoire, durera 2 mois et demi. Dans l’intervalle, notre curé trouve une famille qui met gratuitement un logement à leur disposition. Puis nous formons un collectif de 37 familles qui versent 10 € par mois pour prendre en charge, entre autres, les frais liés à l’appartement. Mais, le plus important sera de les aider à obtenir leurs papiers. Il nous a fallu prendre connaissance de leur dossier, fort complexe ! Le papa se trouve alors sous OQTF (obligation de quitter le territoire) alors que la maman dans l’attente du règlement de son dossier reçoit tous les 3 mois un récépissé qui lui permet de rester, mais jusqu’à quand ?

Aider à s’intégrer jusqu’au bout

Il nous faut gérer le collectif et constituer un dossier qui montre leur bonne volonté à bien s’intégrer dans notre pays.

Famille Meda
Famille Meda

Les enfants, sont scolarisés depuis leur arrivée ; ils ont de bons résultats. Les parents prennent des cours de français. Puis, ils s’investissent dans le bénévolat : elle, travaille au Secours Catholique, lui, apporte son aide à Terre des hommes et à ND de l’Hermitage pour l’entretien du jardin. D’autre part des membres du collectif font des promesses d’embauche pour la maman. Elles sont ajoutées au dossier que nous présentons à notre député qui accepte de le transmettre au préfet. Quelques mois plus tard, c’est notre curé qui le transmet à notre évêque qui, lui aussi, doit rencontrer le préfet.

Enfin, après 21 mois, un courrier de la préfecture leur parvient, avertissant la maman de l’obtention de son titre de séjour accompagné d’un document à remplir par le papa en vue d’obtenir lui aussi, le précieux sésame. Quel soulagement !

Ainsi, les voilà munis de leurs papiers. Ils peuvent enfin travailler. Ils viennent d’emménager dans un appartement HLM. Ils commencent vraiment à pouvoir voler de leurs propres ailes, bien conscients et reconnaissants pour toutes les aides sociales qui leur sont attribuées.

En conclusion, nous pouvons dire que grâce aux actions conjuguées de toute une communauté, grâce à la chaleureuse reconnaissance de leur famille qui nous a bien encouragés, et grâce à l’Esprit Saint qui à coup sûr nous a accompagnés, nous arrivons au but…riches de nouveaux amis !

Michèle Murignieux
(Publié dans « Présence Mariste » n°296, juillet 2018)