Les Frères Maristes en Afrique du Sud

Aujourd’hui, les quelques Frères actifs en Afrique du Sud continuent à travailler pour les pauvres dans l’esprit du Fondateur. (« Présence Mariste » n°236, juillet 2003)

Les Frères Maristes ont créé leur première école hors d’Europe, en 1867 à Cap Town. Dans le contexte des rivalités religieuses de l’époque, les Catholiques ont souvent paru suspects.
Aujourd’hui encore, bien qu’environ 70 % des 40 millions de Sud-Africains affirment être chrétiens, 8 % seulement sont Catholiques.

Au début, la plupart des prêtres et des religieux travaillaient avec un petit nombre de colons catholiques. Ce n’est que plus tard qu’ils ont commencé leur travail missionnaire. Les écoles des Frères s’occupaient surtout des descendants des immigrants européens. Il y a eu deux exceptions importantes : un collège de formation des maîtres au Lesotho et une école supérieure à Retreat (Province du Cap oriental). Ces deux institutions vivaient de scolarités et de dons ; c’était donc la lutte pour la vie.

Création de la Province d’Afrique du Sud

Vers 1908, le développement réalisé a permis de créer la Province d’Afrique du Sud - deux ans avant la proclamation de l’Union Sud Africaine. Des Frères de diverses parties du monde sont venus travailler dans le pays et, progressivement, des jeunes Sud-Africains ont rejoint la famille de Marcellin Champagnat.

En 1960, Le premier ministre du Royaume Uni avait adressé au Parlement Sud-Africain un discours « de changement » controversé. Puis, nous avons connu un temps de profonde transformation : la révolution industrielle dans les pays riches, la décolonisation en Afrique, le Concile Vatican II et les contrecoups de la Théologie de la libération.

Contre l’Apartheid

La Conférence des Evêques Catholiques d’Afrique du Sud a aussitôt condamné la politique du système d’Apartheid. Tandis que montait l’opposition au gouvernement, l’Etat est devenu plus répressif. La torture, l’emprisonnement et les exécutions étaient des faits quotidiens. De nombreux opposants ont quitté le pays. En 1976, les manifestations d’étudiants à Soweto ont déclenché de violentes protestations dans tout le pays.

Les Evêques ont critiqué les pratiques discriminatoires dans l’Eglise elle-même, et en quelques années, un nombre important de jeunes Noirs ont été admis dans des Ecoles de l’Eglise prévues « uniquement pour les Blancs ». En même temps, les Frères ont commencé à envoyer davantage de personnels au service des pauvres et des marginalisés, en organisant des cours du soir pour adultes, en étant présents dans des secteurs urbains négligés et dans les écoles catholiques de la commune. De nouvelles Communautés ont été installées à Umtata, pour les étudiants Xhosa et, à Slough, chez les Tswana que l’on a forcés à s’installer dans cette région aride.

Les Frères se retirent de l’administration de leurs écoles

Le nombre réduit des personnels et les appels de Vatican II ont conduit les Frères à se retirer totalement de la direction et de l’administration de leurs écoles pour s’impliquer de plus en plus dans le partenariat avec les Laïcs. Actuellement, les cinq écoles des Frères Maristes en Afrique du Sud sont administrées par des Laïcs. Il n’y a pas de Frères dans les équipes enseignantes, mais les Frères jouent un rôle dans les instances de direction et contribuent à dynamiser l’esprit mariste.

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, les quelques Frères actifs en Afrique du Sud continuent à travailler pour les pauvres dans l’esprit du Fondateur en organisant la préparation pédagogique des enseignants en écoles rurales, en récoltant des fonds pour la construction de crèches et de structures scolaires, en enseignant dans des écoles de la ville ou des environs.

Frère Mario COLUSSI

(Publié dans « Présence Mariste » n°236, juillet 2003)