Des nouvelles du Rwanda

Frère Pascal Nkurunziza donne des nouvelles du Rwanda au Frère Louis Comte du district de Suisse. (« Présence Mariste » n°217, octobre 1998)

Après la tragédie de 94, nous sommes revenus de l’exil pour relancer nos activités apostoliques sérieusement perturbées et j’ai été chargé de prendre la Direction de Save qui, avec Byimana et Rwabuye, avait plus ou moins résisté à la destruction et au pillage systématique, tandis que Muzanze et Mururu ne pouvaient plus être repris, à cause du petit nombre que nous restions et des dégâts énormes qu’avaient subis ces deux écoles, actuellement confiées aux laïcs.

Nos écoles

Save abrite actuellement quatre sections : Normale, Lettres, Economie et Commerce, et Commerce et Comptabilité, avec un cycle inférieur, appelé Tronc Commun d’une durée de trois ans ; cela fait au total 24 classes avec 1 065 élèves. Le corps enseignant compte 65 membres y compris le personnel administratif. Byimana a trois sections : Normale, Math-Physique, et Bio-Chimie et compte environ 800 élèves.

Le Centre de Formation des Jeunes aux Métiers de Rwabuye abrite quatre sections : Maçonnerie, Menuiserie, Soudure et Coupe-Couture. Cette formation post primaire dure trois ans et fait du Centre un lieu qui répond à notre option de procurer un métier aux jeunes qui n’ont pas pu accéder aux études secondaires. Ils sont au nombre de 250.

Les problèmes que nous rencontrons sont nombreux et attendent des réponses urgentes. Les plus difficiles à résoudre sont le manque de professeurs qualifiés en nombre suffisant, la faiblesse d’équipement en livres et en matériel didactique et sportif. A cela s’ajoute un nombre assez grand d’élèves orphelins et indigents, plus de 300 à Save et quelques cas de traumatisme qu’il faut accompagner.

Une formation pour les filles

Nos élèves filles au nombre de 425 comptent parmi elles celles qui s’intéressent à la coupe-couture hors des heures de cours. C’est une initiative que nous avons prise puisque de telles activités ne sont pas prévues à nos programmes d’humanités générales ou professionnelles. Nous avons réussi à acquérir un peu de matériel d’équipement : quelques machines à coudre, du fil pour le tricotage ou la broderie, des étoffes. Les pièces déjà faites sont une vraie réussite pour des débutantes. Nous voulons aller de l’avant et valoriser davantage les talents de ces élèves qui sont heureuses de consacrer leur temps libre ou de travail manuel à des choses belles et utiles. Nous voulons élargir ce petit projet à l’art culinaire et à la puériculture pour les futures épouses et mères de famille…

Faire renaître l’espérance

…Les élèves sont très réceptifs. Ils nous impressionnent par l’accueil les uns des autres comme pour ne pas laisser passer la chance qui leur est offerte par la présence des Frères qui leur permet de se sentir à l’aise dans le groupe et de vivre les valeurs évangéliques si bafouées ces dernières années, d’être écoutés et aidés dans leurs difficultés. Pour faire face au défi lancé aux parents et éducateurs, nous leur proposons ce mot d’ordre : « Ensemble faire renaître l’espérance ».

Suite à l’appel lancé à tout l’Institut, cinq Frères sont venus au Rwanda pour aider à réaliser cet objectif : trois d’Espagne, un de Colombie et un des Etats-Unis d’Amérique. Quelle magnifique marque de solidarité dans cette réponse qui réalise le plus grand des charismes : le partage ! Après plusieurs années de fermeture, le Postulat de Save abrite cinq postulants et la Pastorale des vocation, très active, permet d’espérer que d’autres jeunes gens demanderont d’entrer chez nous… »

Frère Pascal termine en remerciant ses amis d’Europe de leur aide et en redisant sa confiance en Marie, la Bonne Mère, et en Champagnat.

Extraits de la lettre que le Frère Pascal Nkurunziza écrivait de Save, Rwanda au Frère Louis Comte du district de Suisse.

Publié dans « Présence Mariste » n°217, octobre 1998