Gabriel Rosset (1904-1974), fondateur du Foyer Notre-Dame des Sans-Abri à Lyon

PM 289 logo du numéro Gabriel Rosset fonda à Noël 1950 le Foyer Notre-Dame des Sans-Abri dans le quartier de la Guillotière à Lyon. Soixante-six ans plus tard le Foyer n’a pas disparu. Il est implanté dans 42 structures de la Métropole lyonnaise et de Villefranche-sur-Saône. (Présence Mariste n°289, oct. 2016)

Nous devons cet article à Michel Catheland qui a été membre du Comité de Rédaction de Présence Mariste pendant huit ans et qui maintenant, se consacre à l’association « Les amis de Gabriel Rosset » qui travaille entre autre à promouvoir la cause de Gabriel Rosset. Merci Michel et bonne chance pour ta nouvelle mission !
Michel Catheland
Michel Catheland

« Faire entrer quelqu’un dans la maison, donner une bonne soupe chaude à quelqu’un qui a faim, nettoyer un pauvre corps couvert de poux et de bêtes, c’est un geste divin ».

Qui était donc celui qui, au soir de sa vie, s’exprimait en ces termes ? Gabriel Rosset ! Il fonda à Noël 1950 le Foyer Notre-Dame des Sans-Abri au cœur du très populaire quartier de la Guillotière à Lyon, à quelques mètres seulement du Prado où des décennies plus tôt, le Bienheureux Antoine Chevrier avait consacré toute sa vie à aider les familles pauvres qui s’entassaient dans les taudis crasseux des faubourgs, décimées par la tuberculose et l’alcoolisme, en ce début de la révolution industrielle… Chevrier qui s’employa surtout à catéchiser les enfants, convaincu que « l’homme ne se nourrit pas que de pain. »

Mais qui était donc Gabriel Rosset ?

Il était né en 1904, à Champier (Isère), dans une modeste famille d’origine paysanne. Son père était gendarme. Après ses études secondaires, il entra à l’École Normale d’instituteurs de Grenoble puis à l’École Normale supérieure de Saint-Cloud.
Jeune encore, il adhère à un groupe d’amitié chrétienne réunissant des étudiants catholiques au sein de l’École Normale Supérieure.

Gabriel ROSSET
Gabriel ROSSET

Ses études achevées, il commence sa carrière d’enseignant à l’automne 1927 à Albert (Somme), puis Thonon (Haute-Savoie) et Lyon en 1934. Il y restera jusqu’à la fin de sa vie professionnelle en 1969. Il mène une intense vie chrétienne qui le conduit le 24 juillet 1937, accompagné de deux amis enseignants, à se consacrer au Seigneur à la Trappe des Dombes. Tous trois s’assignent comme objectifs de « servir l’Université et ramener nos élèves au Christ ».
Un peu plus tard, en 1941, ils prononcent à titre privé, les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, vœux qu’ils renouvelleront en 1949, 1971 et 1973.

Membre des Conférences Saint Vincent de Paul

Dans le même temps, Rosset est de plus en plus préoccupé par le sort de centaines de sans-abri qui errent dans les rues de Lyon au lendemain de la 2e guerre mondiale, sans travail et sans toit, sombrant pour la plupart dans l’alcoolisme et dormant sous les ponts. Le soir de Noël 1950, avec des compagnons, il accueille 11 « clochards » - comme on disait à l’époque - dans un vieux bistrot désaffecté de la rue Dumoulin. Ce soir-là, ils auront une soupe chaude, ils se laveront tant bien que mal sur un vieil évier et dormiront au chaud.

Le Foyer Notre-Dame des Sans-Abri était né !

Construction de chalets à Vaulx
Construction de chalets à Vaulx

Rosset imaginait en ce temps-là que cette fondation serait temporaire, qu’il y aurait moins de misère à Lyon. Il rêvait, bien sûr.
Non seulement le Foyer n’a pas disparu mais 66 ans plus tard, il est implanté dans 42 structures de la Métropole lyonnaise et de Villefranche-sur-Saône, accueillant chaque année des centaines de personnes en hébergement d’urgence ou d’insertion ; 260 salariés et près de 1 600 bénévoles y travaillent.

Durant les 25 dernières années de sa vie, Rosset se consacrera corps et âme au Foyer puis le 26 décembre 1974, après avoir fêté Noël comme chaque année avec les sans-abri, il va se recueillir à la Trappe Notre-Dame des Dombes. C’est là qu’il est atteint d’une hémorragie cérébrale. Lors de la cérémonie des funérailles, le Cardinal Renard, archevêque de Lyon, exprima le souhait "que Dieu soit toujours servi dans ses pauvres sur notre terre lyonnaise comme il le fut par notre ami".

Son dévouement exceptionnel pour la cause des pauvres vaut la peine d’être mieux connu. Gabriel Rosset était un contemplatif. Sa vie secrète était entièrement consacrée à la prière. Sa cause de béatification est maintenant à l’étude au Vatican.

Michel CATHELAND
(Publié dans « Présence Mariste » n°289, oct. 2016)