Répartition des catholiques et des chrétiens au Moyen Orient

Quelques chiffres…

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Le Moyen-Orient, berceau du christianisme, compte environ 20 millions de chrétiens, dont cinq millions de catholiques, sur 356 millions d’habitants. (Ces chiffres sont ceux que fournissait le Vatican à la veille du Synode des 10 au 24 octobre 2010.)

En Égypte
Les Coptes (chrétiens d’Égypte), en grande majorité orthodoxes, constituent la plus importante communauté chrétienne du Moyen-Orient (selon les estimations, 6 à 10 % des 80 millions d’Égyptiens). Il y a à peu près 225 000 coptes catholiques.

En Irak
Le nombre de chrétiens se situe dans la fourchette 450 à 500 000 dont 300 000 catholiques. Ce sont surtout des chaldéens et des syriens.

En Israël / Palestine
143 000 chrétiens. (Ils représentaient 2,9 % de la population en 1948 ; 2,3 % en 1972 ; 2,1 % en 2009). Il y a à peu près 57 000 chrétiens dans les territoires palestiniens. Ce sont surtout des latins et des grecs-melkites.

Dans les pays du Golfe
Il y a environ 3,5 millions de chrétiens des différentes églises. (Ce sont surtout des immigrés asiatiques ou des Occidentaux catholiques.)

Bahreïn

Émirats Arabes Unis :
les sept Émirats Arabes Unis (EAU) sont : Abou Dabi, Ajman, Charjah, Dubaï, Fujaïrah, Ras el Khaïmah et Oumm al Qaïwaïn.

Koweït

Oman

Qatar

En Arabie saoudite
Il est impossible de dénombrer les chrétiens. Dans ce pays, toute forme de pratique religieuse est interdite, à part l’islam.

En Syrie
Les chrétiens représentent 5 à 10 % des 20 millions d’habitants (maronites, chaldéens, syriens, arméniens, grecs-melkites). Au Liban
Les chrétiens – surtout les Maronites - représentent 34 % de la population (environ 4 millions de personnes dont 1 million de catholiques). C’est le plus fort pourcentage dans un pays du Moyen-Orient.

En Jordanie
La communauté chrétienne compte environ 200.000 personnes (maronites, chaldéens et latins).

À Chypre
4 % de la population (30 à 35 000 personnes) est catholique (maronites, arméniens ou latins).

En Turquie
0,1 % de la population est chrétienne (80 000 personnes). 10 000 sont catholiques (arméniens, syriens ou chaldéens).

En Iran
0,3 % de la population est chrétienne (135 000 personnes). 20 000 sont catholiques (ce sont surtout des chaldéens).

LES SEPT ÉGLISES CONCERNÉES PAR LE SYNODE

L’Église maronite
Le chef de cette Église porte le titre de Patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient.
Il est en résidence à Bkerké au Liban. Le titulaire actuel est le cardinal Mar Nasrallah Boutros Sfeir.
Le titre « Mar » veut dire « Monsieur » en araméen. Dans la tradition maronite ce titre est également donné aux saints. Les patriarches Maronites portent toujours le nom « Boutros » en second prénom, en référence à Pierre, fondateur de l’Église d’Antioche.
Cette Église a été créée vers l’an 400. Elle a toujours été catholique.

Le patriarcat latin de Jérusalem
Le titre de Patriarche latin de Jérusalem est l’un des plus anciens parmi tous les patriarches catholiques orientaux. Les premiers titulaires en furent Jacques le Juste et Siméon, les propres cousins du Christ.
Lors de la prise de Jérusalem, le 15 juillet 1099, les croisés ne voulurent pas que ce patriarcat tombât entre les mains d’un religieux de confession grecque (… église séparée de Rome depuis le schisme de 1054…). Ils créèrent donc le Patriarcat latin de Jérusalem, uni à Rome.
Le patriarche actuel est Monseigneur Fouad Twal. Il est en résidence à Jérusalem.

L’Église grecque melkite catholique
Cette religion fut fondée par Aftimos Al Saïfi. Elle fut rattachée à Rome en 1724. Le titre complet du patriarche est :
« Patriarche des grandes villes d’Antioche, d’Alexandrie et de Jérusalem, de la Cilicie, de la Syrie, de l’Ibérie, de l’Arabie, de la Mésopotamie, de la Pentapole, de l’Éthiopie, de toute l’Égypte et de tout l’Orient, Père des pères, Pasteur des pasteurs, Pontife des pontifes, treizième des saints apôtres ».
Il existe également une formule plus courte : « Patriarche d’Alexandrie et de la terre d’Égypte, d’Antioche et de tout l’Orient, de Jérusalem et de toute la Palestine ».
Le patriarche actuel est Grégoire III Laham. Il est en résidence à Damas, en Syrie.

L’Église arménienne catholique
Cette Église orientale fut rattachée à Rome en 1740. À sa tête, se trouve le Catholicos-Patriarche de Cilicie des Arméniens. L’Église arménienne catholique emploie le rite arménien avec une liturgie spécifique. L’actuel Catholicos est Nersès Bédros XIX Tarmouni.
Il est en résidence à Beyrouth, au Liban

L’Église catholique syriaque
Cette Église, fondée par Michel Jarweh, fut rattachée à Rome en 1783. Son chef porte le titre de Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient des Syriens. Il est en résidence à Beyrouth, au Liban.
L’actuel titulaire est Ignace Joseph III Younan.

L’Église catholique chaldéenne
L’Église catholique chaldéenne est née d’une union avec Rome, en 1830, lors du retour de quelques anciens dirigeants de l’Église apostolique d’Orient, elle-même héritière de l’antique Église de Perse. Elle utilise la langue syriaque dérivée de l’araméen. Le chef de cette Église porte le titre de Catholicos-Patriarche de Babylone des Chaldéens.
Il est en résidence à Bagdad, en Irak. Le titulaire actuel est le Cardinal Emmanuel III Karim Delly.

L’Église copte catholique
L’Église d’Alexandrie existe depuis les temps apostoliques. Elle est unie à Rome depuis 1895.
Le chef de cette Église porte le titre de Patriarche d’Alexandrie des Coptes. Il est en résidence au Caire. Le titulaire actuel s’appelle Antonios Naguib. Il a été fait Cardinal par Benoît XVI en novembre 2010.
Les coptes catholiques vivent majoritairement en Égypte où ils sont mal acceptés par la majorité musulmane.
45 000 coptes catholiques vivent en France.[/bleu]


« Les communautés orientales du Moyen-Orient, dans leur région, et maintenant dans les pays d’émigration où elles sont accueillies, savent surmonter la diversité des rites et des peuples pour arriver à l’unité. Depuis toujours, elles sont appelées à s’ouvrir pour plus de communion avec les autres Églises chrétiennes, orthodoxes et protestantes. Et, naturellement, avec leurs frères et sœurs musulmans et juifs, qui forment la majorité de leurs concitoyens. Depuis deux mille ans, ils cherchent à vivre ensemble et à trouver un dénominateur commun dans le respect mutuel, l’acceptation de l’autre et le dialogue. Cette expérience est riche au niveau religieux comme au niveau civil, aujourd’hui où la pluralité est devenue un phénomène mondialisé. En France, vous menez maintenant une réflexion sur l’intégration et l’identité, chez nous, c’est depuis longtemps la vie de tous les jours ! »
(Extrait d’un entretien accordé par le Cardinal Naguib à la revue Famille chrétienne)