Ouverture

Une sainte pour notre temps, Élisabeth de la Trinité

PM 290 logo Élisabeth nous a laissé des écrits spirituels et de très nombreuses lettres qui témoignent de la profondeur de sa foi et de son ardent désir de vivre en Dieu. (Présence Mariste n°291, avril 2017)

Bernard Faurie
Bernard Faurie

Le dimanche 16 octobre 2016, l’Eglise catholique a reconnu officiellement la sainteté d’Élisabeth Catez devenue carmélite, sous le nom d’Élisabeth de la Trinité. J’ai eu la chance de vivre ce grand moment au carmel de Dijon, le carmel d’Élisabeth. C’est un beau cadeau. Je garde le souvenir d’une veillée de prière émouvante, le 15 octobre, avec les carmélites, deux d’entre elles seulement ayant fait le voyage à Rome pour participer à la canonisation, et de la messe le lendemain, où grand nombre de Dijonnais ont voulu participer. La chapelle du monastère était trop petite pour accueillir tout ce monde !

Qui était Élisabeth Catez ?

Elle est née le 18 juillet 1880, non loin de Bourges, où son père, le capitaine Joseph Catez est en garnison. Par la suite, la famille s’installe à Dijon. Élisabeth n’est pas née sainte… Elle est emportée et elle a des colères terribles. Elle apprendra à se dominer. À Dijon elle se fait connaître par son grand talent de pianiste. Mais ceux qui l’approchent sont plus sensibles à cette étonnante vie intérieure qui émane d’elle. Elle désire très tôt entrer au carmel de sa ville, mais sa mère, devenue veuve, y oppose un veto formel. Élisabeth attend donc patiemment l’âge de sa majorité, 21 ans à l’époque, pour franchir la clôture du monastère.

Tableau effectué au moment de la canonisation
Tableau effectué au moment de la canonisation

Elle y meurt à 26 ans, le 9 novembre 1906. À part ça, rien à en dire, d’une vie aussi courte… sauf qu’Élisabeth nous a laissé des écrits spirituels et de très nombreuses lettres qui témoignent de la profondeur de sa foi et de son ardent désir de vivre en Dieu, et là il y aurait beaucoup à dire.

Une carmélite canonisée ?

Encore une bonne sœur, vont penser certains. Quel rapport entre une vie de religieuse cloîtrée et la vie de la plupart d’entre nous ? Il y en a un pourtant, essentiel, fondamental. Élisabeth nous rappelle opportunément que toute vie chrétienne doit être enracinée en Dieu, dans ce mystère d’amour qu’est le mystère de la sainte Trinité pour lequel elle avait un attrait particulier. On n’en finirait pas de glaner dans ses écrits, mais il y en a pour tous. Il faut bien que je me décide à faire un choix. Je retiens ceci :
« La Trinité, voilà notre demeure, notre chez nous, la maison paternelle d’où nous ne devons jamais sortir. Je voudrais pouvoir dire à toutes les âmes quelles sources de force, de paix, et aussi de bonheur elles trouveraient si elles consentaient à vivre en son intimité ».

Quel message pour notre monde nous livre Elisabeth ?

Une carmélite de Dijon me l’a confié et je ne saurai mieux dire :
« Elisabeth, c’est la découverte de ce Dieu tout Amour qui se donne à tous, qui nous habite tous, qui nous unit tous, car il est en lui-même “le grand foyer d’Amour”. Jésus nous révèle le trop grand amour de la Trinité se donnant à nous jusqu’à la croix. Alors se laisser aimer au long de notre vie “à travers tout”, quel que soit notre genre de vie, notre situation. Élisabeth est simple et simplifie tout en donnant tout ».

Bernard Faurie
(Publié dans « Présence Mariste » n°291, avril 2017)