Les racines de la paix

PM 294 logo La personne humaine est toujours en quête de paix pour réaliser son bonheur et celui de ses pairs. Les racines de la paix sont à chercher aussi au cœur des relations humaines. (Présence Mariste n°294, janvier 2018)

Quand je regarde l’actualité récente, je suis questionné par toutes les allusions à la paix, ou la non paix dans nos sociétés. Le dernier voyage du pape François confirme ces questionnements pour que la paix parvienne à s’établir dans les relations humaines, sociales et politiques…Suffit-il d’aller visiter un pays pour que la paix s’y établisse ? Suffit-il de rencontrer la personne pour que la réconciliation surgisse entre elle et moi ?

La paix du cœur

La paix dans notre nature blessée
La paix dans notre nature blessée

Elle est parlante la devise choisie par François pour aller visiter la Colombie : Faire le premier pas ! C’est dire « qu’il nous faut toujours faire le premier pas, pour n’importe quelle activité et n’importe quel projet ». Il nous « invite à être les premiers à aimer, à créer des ponts, à créer de la fraternité. ’Faire le premier pas’ nous encourage à aller à la rencontre de l’autre et à tendre la main et nous donner le signe de paix ».
La paix s’enracine en moi et je deviens responsable de cette paix à partager. La personne humaine est toujours en quête de paix pour réaliser son bonheur et celui de ses pairs. Mais le cœur de l’homme est troublé, traversé par les tensions. Saint Augustin disait « Tu nous as faits pour toi, et notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en toi ». Il exprime bien la quête de l’homme : quête de Dieu, certes, mais quête de la paix, du bonheur, de la sécurité inscrites au cœur de notre cœur.

La famille, source de la paix

Les racines de la paix sont à chercher aussi au cœur des relations humaines. Je suis un être de relation, avec moi-même d’abord et avec tous les autres. De quoi sont faites toutes mes premières relations dans le noyau familial ? Relations ouvertes, aimantes, affectivement saines, ou chaque membre de la famille est à sa place, reconnu, respecté. Cette première expérience est vitale pour la suite des relations sociales, politiques, économiques. Là peut naître un nouveau sens de la fraternité pour la vie ! L’instabilité et la fragilité de la famille précarisent les mécanismes d’apprentissage et de transmission des expériences fondamentales de la paix. François dit que « La voie privilégiée vers la paix c’est de reconnaître dans l’autre non un ennemi à combattre, mais un frère à accueillir… Il s’agit d’un processus continu, et qui exige « une vigilance absolue ».

Le Prince de la paix

Le cœur de chaque être humain cherche la paix
Le cœur de chaque être humain cherche la paix

Pour les croyants, une source importante de la paix est de contempler le visage de Jésus. Dieu se déplace pour venir chez nous et nous donner la paix, comme un cadeau à accueillir, à recevoir. Si la paix est une conquête, elle l’est de mon côté parce qu’elle est invitation à combattre les obstacles qui m’empêchent de l’accueillir : ma suffisance, mon orgueil, mes prétentions. Le cœur de chaque être humain cherche la paix.

La foi chrétienne nous parle d’une paix qui se reçoit comme une visite, celle de Dieu lui-même, lui, l’auteur de la paix. Elle a lieu tous les jours en accueillant la vie qui m’est donnée. Pour que la paix grandisse, il faut bouger, se déplacer dans sa tête et dans con cœur. Le pape François s’est rendu en Colombie pour encourager, aplanir le chemin vers la paix et la réconciliation. « Même, les arbres pleurent, ils sont témoins de tant d’années de violence. La mer est brune, mélange de sang et de terre » (Juanes, Minas piedras).

F. Maurice Goutagny
(Publié dans « Présence Mariste » n°294, janvier 2018)