Le laïc mariste au sein d’un établissement scolaire

Quelques pistes de réflexion (Présence Mariste N° 261, octobre 2009)

L’expression est déjà porteuse d’une vérité : la notion d’état laïc précède la notion de mariste. C’est une remarque évidente que de dire que dans bon nombre des établissements sous tutelle des Frères maristes beaucoup d’enseignants ou de membres du personnel ont découvert Marcellin Champagnat par hasard ou ont connu d’autres personnages forts de l’histoire de l’éducation au fil de leurs carrières respectives…

S’INSÉRER DANS UNE HISTOIRE
Être partenaire de la mission mariste, c’est accepter de replacer Marcellin Champagnat dans une histoire éducative, marquée par des créateurs au charisme certain. Ce n’est donc pas réduire la mission à un moment mais à une longue histoire où la parole de l’Évangile a eu divers moyens, à des époques différentes, pour se manifester. Être laïc mariste, c’est accepter donc l’apport des congrégations au sein de l’Enseignement catholique français ou international.

Bernard Roubert, à gauche sur la photo, en conversation avec ses collègues de Lagny-sur-Marne
Bernard Roubert, à gauche sur la photo, en conversation avec ses collègues de Lagny-sur-Marne

PARTAGER DES VALEURS
Être laïc mariste, c’est aussi un engagement à un partenariat qui va accompagner une vie professionnelle et autour de valeurs reconnues par le plus grand nombre et affirmées dans un établissement scolaire.

Ces valeurs ne sont pas innées… Elles se découvrent au fil du temps : par la présence d’une communauté de Frères locale, par des formations proposées, par des écrits, des témoignages, par des échanges. Par la découverte aussi d’une réalité géographique de lieux où vécut le fondateur. Il y a donc, de prime abord, un effort culturel à effectuer si l’on veut comprendre et partager des valeurs annoncées, telles que la simplicité, le sens d’une famille qui vous accueille.
Ce sentiment d’appartenance ne doit pas être purement livresque mais actualisé et ajusté. Car ce partenariat implique évolution à la fois individuelle, personnelle mais aussi collective. Le laïc mariste se trouve, en outre, dans un ensemble plus global en lien avec toutes les implantations de la congrégation dans le monde entier.

ENTRER DANS UN ACCOMPAGNEMENT
L’enseignement catholique a admis la notion complexe de Tutelle justement pour affirmer ce lien et cette conformité à un projet fondateur. La situation du laïc mariste réside justement dans cette actualisation des objectifs et la vérification de leur mise en place, sachant que des éléments variables mais incontournables affectent les données traditionnelles des établissements.
Par exemple, le vieillissement des membres des congrégations ne permet plus une présence telle qu’elle a été connue et vécue. Ma génération est sans doute la dernière à avoir connu des « Frères » en exercice de façon massive. D’où le « relais » nécessaire de laïcs.

Le laïc est plus à la recherche d’un accompagnement que d’une présence autoritaire de la part de la Tutelle. Cet accompagnement peut se faire, entre autres, au sein d’un groupe de la communauté éducative s’engageant à poursuivre les objectifs de la congrégation.
On constate bien les hésitations actuelles entre un groupe amical mariste (proche d’un groupe de parole) où l’on peut tout se dire… avec des adéquations plus contractuelles allant de la reconnaissance d’une Charte ou à un véritable contrat d’appartenance ou associatif.
Derrière cela, il y a la nécessité du groupe qui rassemble enseignants, personnels, gestionnaires, parents, élèves, catéchistes.

Bernard ROUBERT
(paru dans Présence Mariste, N° 261, octobre 2009)