Communautés de frères et de laïcs maristes

Un des chemins d’avenir : la coresponsabilité dans la vitalité du charisme et une forte vie communautaire (« Présence Mariste » n°261, octobre 2009)

Tout au long de l’histoire de l’Institut, à l’origine duquel il y a Marcellin Champagnat et les premiers Frères maristes, ont existé des laïcs, hommes et femmes, ayant éprouvé l’attrait de la spiritualité et de la mission maristes. Dès les années 1970-1980 et, surtout, après la canonisation de Marcellin (1999), de nombreuses personnes ont ressenti un appel de Dieu à approfondir leur engagement baptismal en lien avec le charisme de cet Institut.

En 1985, le XVIIIe Chapitre Général des Frères Maristes ouvrait la voie à une nouvelle modalité de rattachement à l’Institut : le Mouvement Champagnat de la Famille Mariste, structuré en « Fraternités » de laïcs. Presque en même temps, quelques laïcs ont demandé à participer à la vie et à la mission des communautés de Frères ; c’est ainsi que sont apparues les communautés composées de Frères et de laïcs maristes.

La communauté de « The Grove » (2007-2008) en Nouvelle-Zélande
La communauté de « The Grove » (2007-2008) en Nouvelle-Zélande

La chronologie de l’apparition de ces communautés nous aide à en découvrir trois sortes :

  • Les premières, à partir de 1980, s’organisent en fonction d’expériences de solidarité (volontariat) mises sur pied à l’intention des jeunes adultes des groupes de la Pastorale des Jeunes et de quelques enseignants des écoles maristes. Au départ, il s’agit d’expériences brèves — de quelques semaines à deux mois — organisées sur place ou dans d’autres zones du monde plus démunies. Petit à petit, voient le jour d’autres expériences de mission plus longues : de un à trois ans. Les participants partagent la vie et la mission avec les Frères. Actuellement, on compte plus de 30 communautés maristes de la sorte.
    La communauté « Sucumbios » (2008) en Équateur
    La communauté « Sucumbios » (2008) en Équateur
  • Dans les années 90 commencent les expériences de jeunes voulant discerner leur projet de vie à partir de Dieu, projet ouvert à toutes les vocations. Aussi sont-ils invités par les Frères à vivre une expérience de vie communautaire, d’accompagnement personnel et d’implication dans la mission mariste. Ces expériences durent habituellement une année et deviennent de plus en plus fréquentes dans beaucoup de Provinces de l’Institut. Certains plans de la Pastorale mariste des vocations les rendent obligatoires, avant d’entrer dans l’étape de formation mariste du Postulat.
  • Enfin, depuis 15 ans environ, un autre type de communautés voit le jour : l’initiative ne part plus des Frères mais des laïcs. Ces communautés ne naissent pas à partir d’une mission concrète à mener à bien, et leur durée n’est pas limitée. C’est la vie que l’on veut partager avant tout : spiritualité, mission, formation, communauté…
    L’accent final est toujours mis sur la mission, celle-ci étant basée sur une vie partagée, vécue en coresponsabilité, en complémentarité de vocations et en lien avec l’Église locale.
    Slogan de la canonisation de Marcellin Champagnat en 1999
    Slogan de la canonisation de Marcellin Champagnat en 1999

    Communautés composées de Religieux et de laïcs
    Pour ce qui est de cette modalité, les Frères et les laïcs des premières communautés ainsi constituées vivaient sous un même toit, mais l’expérience a montré que l’on atteint mieux les objectifs proposés lorsque laïcs — mariés ou célibataires — et Frères peuvent avoir des espaces propres qui renforcent leurs identités respectives ; cela sans devoir renoncer aux espaces communautaires nécessaires, pour être une vraie communauté mariste de vie et de mission.

Certaines de ces communautés existent depuis plus de dix ans : Mulhouse (France) et Sucumbíos (Équateur) ; d’autres viennent de démarrer : Badajoz (Espagne), Roraima (Brésil), Fraile Pintado (Argentine), l’Hermitage (France).

Ce type de communautés de Frères et laïcs exige une formation adéquate, un accompagnement et une évaluation constants. Tous ne sont pas prêts pour ce genre de vie qui suppose une nouvelle modalité de relation entre les états de vie classiques : clergé, vie religieuse et laïcat ; hommes et femmes, mariés et célibataires.

Défis de la mission mariste
Défis de la mission mariste

Source d’enrichissement pour tous
Parmi ceux qui vivent ou ont vécu ces expériences, beaucoup affirment que ce genre de vie a apporté un grand enrichissement pour leur vie et leur identité profonde, ainsi que pour leur mission ecclésiale. De nombreux mouvements d’Église en disent autant.

Évidemment ce n’est pas la seule manière de vivre le charisme mariste, mais cela montre un des chemins d’avenir : la coresponsabilité dans la vitalité du charisme et une forte vie communautaire.

Frère Pau FORNELLS,
Bureau des Laïcs (Rome)
(paru dans Présence Mariste, N° 261, octobre 2009)

Lexique

Laïc, laïque

Il s’agit d’abord d’un terme relatif à la religion chrétienne. Dans l’Église, un laïc ou une laïque est un chrétien qui ne fait pas partie du clergé.
Par extension, ce terme en est venu à être synonyme de « séculier », « civil » ; et désigne ce qui est indépendant de toute confession religieuse : l’Etat laïque, l’école laïque, opposée à confessionnelle.
Dans cet article, il s’agit bien du « laïc » au sens religieux du terme. Les laïcs maristes sont ces chrétiens, célibataires ou mariés, qui vivent leur vie chrétienne selon l’esprit mariste, en Église.