Eduquer à la manière de Marie

Le climat dans lequel l’enfant grandit doit être fait de dialogue, de confiance et d’amour.

Sans consultation préalable, la famille Cellier, issue de St Chamond, est arrivée à St Priest deux mois avant l’arrivée de la Fraternité mariste ! Elle n’a pas tardé à se mettre en contact avec nous.

Eduquer à la manière de Marie ?

Pour répondre à cette question, j’ai décidé de contempler Marie à Nazareth. Cette femme ordinaire, discrète, humble, serviable, à l’écoute, m’émerveille par sa confiance et sa capacité à s’en remettre à Dieu. A maintes reprises, on nous dit que Marie
« retenait tous ces événements dans son cœur. »

Pour ce qui nous concerne, nous avons deux filles et un garçon âgés de 11 ans et demi, 9 ans et 6 ans et demi. Voici - à travers des exemples puisés dans le quotidien - quelques valeurs que nous essayons de leur transmettre :

  • la responsabilité : quand on a cassé un jouet dans un grand magasin, on paie le jouet cassé, au risque de se faire prendre pour des originaux ;
  • l’engagement : on n’arrête pas en cours d’année une activité librement choisie, pas plus qu’on ne se désiste pour la fête de l’école sous prétexte qu’une proposition plus alléchante vient faire concurrence ;
  • le service : nos enfants participent aux tâches ménagères pendant une semaine chacun, à tour de rôle ;
  • l’ouverture à l’autre, différent : se réjouir avec nos voisins musulmans autour d’une assiette de gâteaux offerte à la fin du Ramadan ;
  • le partage : prendre sur son argent de poche pour participer à la collecte organisée pour les victimes du Tsunami ;
  • l’accueil : nous avons hébergé chez nous pendant deux jours un séminariste venu séjourner dans la paroisse. Les enfants ont trouvé très étrange que l’on puisse inviter un inconnu à dormir chez soi. Mais au bout des deux jours, il n’était plus question de le laisser partir !

Nous essayons de garder présents à l’esprit les deux principes suivants : les différends du couple au sujet de l’éducation sont réglés entre nous, parents.
Par ailleurs, nous tâchons de leur apprendre par l’exemple : rien de tel que la politique du
« faites ce que je dis, pas ce que je fais »

pour décrédibiliser l’éducateur.

Evidemment, le climat dans lequel l’enfant grandit doit être fait de dialogue, de confiance et d’amour. Regardons Jésus resté au temple : ses parents sont confiants, puis inquiets. Quand ils retrouvent enfin Jésus, Marie et Joseph expliquent leur inquiétude et mettent Jésus face à ses responsabilités. L’enfant grandit bien dans un cadre structuré, s’il est tenu et soutenu ; à chaque étape de sa croissance, il doit éprouver que ses parents sont là, et qu’il continue d’être aimé malgré ses échecs.

Transmettre la foi…

Pour ce qui est de la transmission de la foi, nos enfants ont été baptisés très jeunes, ont une pratique assez régulière de la messe dominicale, vont au catéchisme et à l’aumônerie. Nous prions parfois en famille, le week-end. Mais surtout nous profitons de toutes les occasions qui se présentent pour discuter la foi : les sacrements dans notre entourage, les grandes fêtes liturgiques, les vacances avec les visites de monastères et les haltes chez des communautés maristes amies.
Plus particulièrement, notre famille a été façonnée par l’expérience de vie en Fraternité Mariste à St-Priest ; nos enfants ont pu ainsi s’ouvrir à la communauté et à la vie consacrée à Dieu.

Cependant, j’ai conscience que, pour nous, les choses sont assez simples pour l’instant : des conditions matérielles favorables, des enfants en bonne santé, sans difficulté d’apprentissage, et surtout un entourage très présent jouant un rôle de relais en matière d’éducation.
Mais je pense à toutes ces familles en proie à de multiples difficultés : maladie, handicap, chômage, divorce, solitude, drogue…

Regarder Marie

Là encore, je reviens à l’attitude de cette femme de Galilée. Face à l’adversité, Marie a été actrice. Il suffit pour s’en convaincre d’évoquer la fuite en Egypte, Cana, la Passion, la Croix, la Pentecôte…
Mais cette femme savait aussi qu’elle ne maîtrisait pas tout ; lorsque le sens d’une situation lui échappait, c’est dans la méditation et la prière qu’elle retrouvait une paix intérieure.
Aussi ai-je envie d’inviter tous les parents à prendre Marie pour modèle, elle qui a été la première en chemin. Et pour ma part, je ne peux que chanter avec elle : Magnificat pour le Seigneur !

Christine CELLIER

(Publié dans « Présence Mariste » n°246, janvier 2006)