Éduquer à la civilité - Témoignage 2

Quelques réflexions d’une famille sur la formation morale de l’enfant et son adaptation sociale

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L’éducation d’un enfant exige non seulement de développer son instruction et ses capacités intellectuelles, mais d’assurer également sa formation morale et de favoriser son adaptation sociale.

[rouge]Deux principes fondamentaux[/rouge]
Si l’instruction relève bien des prérogatives de l’École, nous, parents, avons en revanche la mission d’inculquer à nos enfants, les règles de civilité élémentaires basées sur deux principes fondamentaux : politesse et respect d’autrui.

Nos enfants sont scolarisés en école catholique. Celle-ci constitue le relais de notre éducation parentale, mais n’a, en revanche, pas vocation à nous remplacer dans cette mission.

Les années passant, les enfants grandissant, nous avons constaté que les premières attitudes d’incivilité sont perpétrées en milieu scolaire : tricherie, impolitesse vis-à-vis du corps enseignant, dégradation des infrastructures mises à disposition des élèves, non respect des différences… Ceci a renforcé nos conceptions dans ce domaine.

Ainsi, notre rôle consiste à perpétrer la transmission d’un modèle d’éducation familiale basé sur la morale judéo-chrétienne, pour amener l’enfant à construire lui même une attitude droite et responsable vis-à-vis de la société dans laquelle il évolue.

[rouge]Le rôle irremplaçable de l’exemple[/rouge]
Il s’agit d’une attention de tous les instants, qui ne souffre aucune faiblesse.
Nous avons à cœur d’agir dans notre vie quotidienne avec une attitude modèle et constituer ainsi un véritable exemple à suivre pour nos enfants.

[rouge]Dans une société qui change[/rouge]
Nous avons également constaté une évolution négative des conditions sociales modernes, qui favorisent l’émergence d’actes d’incivilité de toute sorte : bannissement des codes moraux ; culture de satisfaction immédiate du besoin ; mutation de la cellule familiale, dans laquelle la mission parentale est diluée ; difficulté récurrente des pouvoirs publics à résoudre les problématiques économiques de la société moderne (chômage, crises financières…).
Dans ces conditions, apporter à nos enfants des arguments solides face à une situation ou pour un objectif identique atteint, les moyens utilisés sont pour certains peu orthodoxes – voire illégaux – et pour nos enfants laborieux mais droits et responsables, demande une énergie toujours plus importante.
En tant que couple parental, nos attitudes sont basées sur une convergence de point de vue de fond, même s’il existe des différences de forme inhérentes à la singularité de chaque parent. C’est bien là une des conditions importantes, qui permet à l’enfant de se repérer sans équivoque, et de statuer aisément lors de ses questionnements et malaises identitaires.

[rouge]Rôle complémentaire de la famille et de l’école[/rouge]
Plus encore aujourd’hui qu’hier, nous devons fondamentalement reconsidérer notre fonction d’éducation dans la cellule familiale, en agissant – entre autres – comme éducateur de la civilité, au même titre et en complément de l’École qui agit quant à elle de plus en plus, comme éducateur de l’intellect : course à la performance oblige !
Un véritable « lien sacré » doit donc se constituer entre ces deux instances, chacune se portant garante de l’autre auprès de l’enfant, pour parfaire son développement humain et le faire entrer dans la société, armé de principes moraux solides.

Famille S., Bourg-de-Péage (26)
(paru dans Présence Mariste N° 265, octobre 2010) [/bleu]