Incivilités à l’école

Des exemples d’incivilité dans le milieu scolaire

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Des élèves et des professeurs de collèges et lycées catholiques de Haute-Loire disent, avec beaucoup de franchise, ce qu’ils considèrent comme des incivilités.
Arrêt sur paroles !

Pour vous, qu’est-ce qu’une incivilité ? Pouvez-vous expliquer et donner des exemples dans le monde scolaire et actuel où vous vivez ?

C’est quand on n’arrête pas de bavarder par derrière pendant un cours qui nous intéresse pas et qu’on se fait passer entre nous des petits mots sur les garçons ou les filles pour sortir avec, on se moque de ce que raconte le prof et on gêne le cours, ça perturbe les profs et les élèves intéressés. Il y a aussi quand on triche pendant les devoirs surveillés en allant aux toilettes consulter nos portables ou nos fiches de pompe.
(MARION, 15 ans)

Dans les vestiaires de la piscine quand on s’organise entre nous pour faire les sacs, trouver les portables et faire des appels dessus ou envoyer des textos sur le dos des autres et même aussi en profiter pour piquer les exercices faits par des camarades et que nous on n’a pas faits.
(JEAN REGIS, 14 ans)

Moi je me rappelle bien quand en 5e, comme la prof d’histoire-géo avait fait recopier dix fois la leçon pas sue et avait mis encore une fois des zéros, à la sortie des cours avec les mecs de la section technique, on avait dévissé les deux roues avant de sa voiture garée dans l’allée du château.
(ANNA, 15 ans)

C’est quand, dans la classe, il y a une élève qu’on ne peut pas piffrer. Alors on fait tout pour l’embêter, on la menace à la récré, si elle répond bien en cours et qu’elle participe, on lui pique ses affaires dès qu’on peut, on l’appelle sur son portable la nuit tard, on se moque d’elle, on essaie de lui faire des croches-pattes et même, l’autre jour, pendant un cours, il y a un garçon qui, sans que le prof s’en rende compte, lui a coupé volontairement mal derrière des mèches de cheveux.
(JULIEN, 13 ans)

De plus en plus souvent, les élèves nous tiennent tête, contestent les notes, corrections et punitions, discutent entre eux, se lèvent, crachent, consultent sous cape leurs portables, dorment couchés sur le bureau pendant le cours, ou, au contraire, bougent comme s’ils étaient chez eux sans rien demander ; et si on punit, le lendemain on a un mot des parents affirmant que leur gamin n’a rien fait, qu’on s’acharne sur lui au lieu de le comprendre et de l’aider, qu’on ne peut pas le sentir.
(DOMINIQUE, professeur de collège)

Et puis aussi, la plupart du temps, quand on rencontre des parents qui, en général, arrivent maintenant très souvent en retard au rendez-vous sans s’excuser d’ailleurs, on entend ce genre de propos : « Vous les profs, vous devriez vous adapter davantage aux jeunes car la vie qu’ils mènent maintenant est bien plus difficile pour eux qu’avant. En effet vous savez ils sont très sollicités et malheureusement ils n’ont pas toujours les moyens pour sortir en boîte avec leurs copains, partir avec eux en vacances ou au cinéma. Ce n’est pas comme avant, il n’est plus nécessaire d’apprendre, les ordinateurs existent pour nous renseigner. Ce qui compte, c’est qu’ils soient assez débrouillards pour se débrouiller dans la vie et trouver un boulot qui leur convienne ».
(CHRISTIANE, professeur d’histoire-géo de Collège)

Marie-Françoise POUGHON
(paru dans Présence Mariste N° 265, octobre 2010) [/bleu]