Éducation à la non-violence, chemin de paix

PM 294 logo Le MAN organise avec d’autres partenaires la Quinzaine de la Non-violence et de la Paix. A l’école, l’éducation à la non-violence passe aussi par les choix de mise en œuvre des apprentissages. (Présence Mariste n°294, janvier 2018)

Le MAN est une association qui a pour objectif de promouvoir l’éducation à la non-violence et à la paix.
Les interventions en milieu scolaire
Marie Agnès REYNAUD
Marie Agnès REYNAUD

Les bénévoles de la commission éducation du MAN Lyon interviennent dans les établissements scolaires de l’école maternelle jusqu’au lycée. Leur expérience montre que l’éducation à la non-violence et à la paix améliore durablement le climat général des établissements scolaires et ainsi réduit les phénomènes de micro-violences et de violences plus sévères. Auteurs et victimes d’actes de violences (intimidation, harcèlement, brimade, racket, brutalités …) apprennent à mettre des mots sur leur comportement, à les comprendre afin de trouver des solutions. La gestion des conflits et de l’agressivité permet d’apporter la disponibilité et la sécurité nécessaires aux apprentissages.

Les bénévoles du MAN adaptent leurs interventions et leurs outils d’animation au niveau scolaire, mais les thèmes abordés sont en général les mêmes : la régulation non-violente des conflits, les émotions, la coopération, l’estime de soi … Le MAN assure aussi des sessions de formation des éducateurs.

La quinzaine de la non-violence
Dessine moi le cœur de la paix
Dessine moi le cœur de la paix

Le MAN organise avec d’autres partenaires la Quinzaine de la Non-violence et de la Paix du 21 septembre (journée internationale de la paix) au 2 octobre. Le thème de la Quinzaine de la Non-violence et de la Paix 2017 a abordé la gestion des émotions, entre autres celle de la peur qui est souvent la source de réactions violentes.

Des apprentissages scolaires porteurs de non-violence

A l’école, l’éducation à la non-violence passe aussi par les choix de mise en œuvre des apprentissages. Le travail en coopération apprend à renoncer à son propre intérêt (renoncement auquel on consent dès le départ) pour privilégier l’intérêt du groupe entier. Accepter de dépendre d’un travail collectif sans chercher à se l’approprier pour son propre profit, c’est renoncer à une forme bien habituelle de violence : l’exploitation du travail d’autrui et sa soumission par la compétition. Faire l’expérience de cette dépendance positive, c’est faire l’expérience de la paix véritable qui découle de la communauté d’intérêts.

L’éducation à la relation non-violente face à la négation de l’autre
Proclamer la paix et la non-violence dans toutes les langues
Proclamer la paix et la non-violence dans toutes les langues

Notre société du spectaculaire, de la « starisation », de l’exploit valorisé réduit celui qui n’est pas suffisamment « liké » au rôle de simple spectateur, lui dénigre pratiquement le droit d’exister … et génère cette violence qui est, pour un certain nombre de jeunes, la seule réponse qu’ils connaissent pour démontrer qu’ils existent. Les pratiques d’écoute, de coopération, de médiation, de régulation non-violente des conflits et de solidarité sont à enseigner car elles permettent de lutter contre la dévalorisation de l’être humain ; elles sont le chemin du vivre ensemble dans la paix.

Propos recueillis par Marie-Agnès REYNAUD
(Publié dans « Présence Mariste » n°294, janvier 2018)