Un peu de vocabulaire

Pour bien saisir le sens des mots

[bleu]Lors d’une campagne électorale, un journaliste interpelle un candidat en ces termes : « Quelle est la décision importante que vous aimeriez prendre, si vous êtes élu ? »
Réponse : « Je rétablirais le sens des mots ! »

Plus modestement et pour faciliter la lecture des pages de ce dossier, il n’est pas inutile, en effet, de préciser et de clarifier le sens de certains termes voisins, tels que : civilité, civisme, citoyenneté, bienséance, politesse…

Le mot CIVILITÉ, que l’on peut définir comme étant le respect des autres dans les rapports privés et les bonnes manières dans les relations entre personnes vivant en société, s’auréole de plusieurs synonymes tels que : politesse, courtoisie, affabilité, bienveillance, prévenance, gentillesse, éducation, bienséance… C’est une attitude envers la personne en tant que personne humaine ou une attitude vis-à-vis d’un groupe de personnes limité.

L’Institut National de Recherche Pédagogique, sur son site internet, nous offre une définition précise et exhaustive de ce qu’est la civilité. Lisons…

« La civilité est l’ensemble des conventions qui régissent les rapports des hommes entre eux : en d’autres termes, la manière dont ils doivent se comporter vis-à-vis de leurs supérieurs, de leurs égaux et de leurs inférieurs. Une convention tacite, à laquelle l’usage a donné force de loi, a déterminé, presque pour tous les cas possibles dans les relations sociales, une règle de conduite qu’on ne peut ni enfreindre ni ignorer sans passer pour un homme grossier et mal élevé, sans indisposer ceux avec qui on vit, sans perdre le bénéfice matériel et intellectuel des relations sociales. »

Quand on parle de CIVISME, on fait de suite référence au respect de principes collectifs. On pense, par exemple, à l’attachement et au dévouement du citoyen pour son pays, pour la chose publique et le patriotisme en est peut-être l’expression la plus forte. Le civisme nécessite une « conscience politique » avec connaissance de ses droits en tant que citoyen et de ses devoirs vis-à-vis de la collectivité, même si actuellement, ce premier lien d’appartenance à une nation semble s’estomper au profit de la mondialisation. Le civisme est donc de l’ordre du respect des règles du bien commun, dans un pays, du respect de la loi.

Dites-le avec des fleurs !
Dites-le avec des fleurs !

Et la CITOYENNETÉ ? C’est la Révolution, en France, qui instaure le principe de citoyenneté, après le renversement de l’Ancien Régime où les français étaient sujets de la Couronne ; en général la citoyenneté est liée au droit de vote et en démocratie elle devient l’un des composants du lien social, notamment par l’égalité des droits qui y est associée. Pour être clair, la citoyenneté est un statut juridique qui permet à chaque citoyen d’être reconnu et de participer à la vie civique et politique de son pays.

Quant à la BIENSÉANCE, nous dirons que c’est ce qu’il convient de faire avec les personnes, par rapport à leur âge, à leur sexe, à leur condition sociale… ce qui est conforme aux usages, aux bonnes manières, aux convenances, à l’étiquette. La bienséance est le respect des règles de bonne conduite en société. Bienséance que Georges Courteline épinglait avec humour : « Pour avoir une conversation distinguée, se rappeler de n’ouvrir la bouche que quand on a rien à dire. »

Henri PACCALET
(paru dans Présence Mariste N° 265, octobre 2010)

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