« Prof ! Pourquoi pas toi ? »

Pourquoi pas… si tu as la volonté de vivre ce métier avec compétence, rigueur, professionnalisme ; avec une exigence de formation et de perfectionnement permanents.

Nul n’ignore, aujourd’hui, l’ampleur et l’urgence du défi auquel se trouve confronté l’ensemble du système éducatif.
L’Enseignement Catholique, pour sa part, devra renouveler, avant 2010, plus du ¼ de ses effectifs de professeurs et engager plusieurs milliers de chefs d’établissements, de cadres éducatifs, de formateurs…

Nous savons pourtant qu’un tel défi ne sera relevé que s’il s’inscrit dans une problématique plus vaste, celle de notre politique de ressources humaines dans l’Enseignement Catholique.

Je propose d’en évoquer ici trois aspects indissociables et complémentaires : 1) RECRUTER, 2) FORMER ET ACCOMPAGNER, 3) ENSEIGNER ET EDUQUER.

1. RECRUTER

L’enjeu est de taille et mérite, bien sûr, une prise de conscience personnelle et collective, ainsi qu’une mobilisation des énergies, à tous les niveaux.

Il s’agit d’informer et de communiquer, au plan interne et externe, sur la réalité de cette profession.

Il s’agit aussi d’accueillir. Nous devons veiller à l’harmonisation et à la cohérence de nos dispositifs de recrutement, d’accueil et de suivi. Cohérence sur les priorités et les critères de choix ; sur les procédures, d’une académie à l’autre, d’un diocèse à l’autre, d’une commission à l’autre ; cohérence entre le 1er et le 2e Degré. Cohérence, ici aussi, entre les discours et les pratiques…

Il s’agit de susciter des vocations. Beaucoup de candidats en témoignent : leur désir de s’engager dans cette voie a pris naissance à l’école, au collège ou au lycée, grâce à l’atmosphère générale d’un établissement, grâce au dynamisme d’une équipe éducative et bien souvent, surtout, grâce à la personnalité, à la qualité humaine et professionnelle de tel ou tel professeur. N’est-ce pas le plus sûr moyen de corriger les images fausses ou déformées qui sont parfois données du métier d’enseignant dans la société et les médias ?

2. FORMER ET ACCOMPAGNER

Dans la dynamique des Assises, se tiendra, les 2, 3 et 4 mai 2002, à ANTONY, la première Biennale du Recrutement et de la Formation dans l’Enseignement Catholique Français. Ce titre nous rappelle, fort opportunément, que « recrutement » et « formation » constituent deux volets d’une commune et fondamentale exigence pour l’Institution et tous ses acteurs.

Exigence qui doit nous conduire à rechercher de meilleures articulations entre formation initiale et continue ; entre formation du 1er et du 2e Degré ; à offrir à tous les mêmes chances d’une formation initiale solide et systématique avant l’entrée dans le métier ; à développer la formation des formateurs, des chefs d’établissements, des personnes-ressources pour l’animation, l’encadrement, la conduite de projets ; à inscrire ces besoins institutionnels dans une perspective élargie de formation et d’accompagnement des personnes tout au long de la vie.

Plus que tout autre encore, ce métier appelle en effet à une mobilité et à des évolutions permanentes. Evolutions elles-mêmes liées aux évolutions des connaissances, de l’environnement social et institutionnel, des attentes éducatives… Evolutions qui prennent tout leur sens lorsqu’elles sont à la fois au service du projet d’éducation des jeunes ainsi qu’au service de la promotion des personnes et des équipes.

Accompagner les évolutions des personnes, c’est valoriser et encourager les innovations ; créer les conditions favorables à l’émergence des talents singuliers de chacun ; appeler à la prise de responsabilité et à la mobilité.

C’est aussi prendre en compte de multiples besoins : besoins de faire le point, de retrouver un souffle nouveau pour le métier ; besoins de reconversion dans ou hors de l’Institution ; besoins d’écoute, de conseils, de ressourcement…

Recruter, former, accompagner : … Pourquoi et comment, bien sûr ! Mais, en même temps, pour qui, pour quoi, pour quel métier ?

3. ENSEIGNER ET EDUQUER

"Chargé d’instruire, le professeur est donc éducateur au cœur même de son activité d’enseignement, médiateur de la formation intellectuelle, professionnelle et spirituelle de ses élèves". (Référentiel du métier - 1993)

Neuf ans plus tard, ce référentiel garde tout son sens mais, nous l’avons dit, c’est un métier qui bouge et fait bouger ! Un nouveau métier !

Alors… PROF ! Pourquoi pas toi ? Pourquoi pas, en effet, si tu es prêt à te mettre en marche…

Pourquoi pas, si tu es neuf devant les défis à relever… Neuf pour le neuf à accueillir et faire advenir chaque jour au dedans de toi et au dedans de chaque enfant, de chaque jeune.

Pourquoi pas… si tu as la volonté de vivre ce métier, comme un METIER, c’est-à-dire avec compétence, rigueur, professionnalisme ; avec une exigence de formation et de perfectionnement permanents ; avec cette volonté de ne jamais t’enfermer sur tes techniques et tes savoirs, afin de laisser constamment la porte ouverte à l’imagination, à l’innovation, à la création… et à tous les possibles de chacun.

Comme un CHEMIN : un chemin à ouvrir, à inventer, à creuser… en équipe ; un chemin d’aventure vers l’inconnu, l’imprévu et l’inattendu ; un chemin de croissance et de patience…

Comme une PAROLE A TENIR : comment éduquer sans tenir parole, sans tenir une parole ?
Comment éduquer sans dire ce que nous voulons,
sans faire ce que nous disons,
sans manifester ce qui nous fait vivre ?
Comment éduquer sans révéler un sens de la personne de l’élève ? _ Comment éduquer autrement que par tout ce que nous sommes ?

Comme une PASSION D’ESPERANCE : est-il mission plus passionnante et plus difficile, en même temps, que celle de prendre part à la croissance d’un enfant ?

Mission de révéler à chacun ses talents en se disant qu’il y a toujours quelque chose à faire et à espérer, une source à faire naître…

« Il faut espérer en chaque jeune pour que se manifeste en lui la puissance de l’inespéré ». (M. LENA)

C’est bien cette contagieuse passion d’Espérance née à l’aurore du matin de Pâques qui est au cœur de notre projet.

Alors… PROF dans l’Enseignement Catholique… Pourquoi pas toi ?

Marc FULACHIER

(Publié dans « Présence Mariste » n°233, octobre 2002)