Réussir autrement au Collège Saint-Louis du Cheylard

PM 284 logo A partir de 2010 un dispositif en alternance a été mis en place. La volonté d’offrir un suivi personnalisé à ces élèves demande un temps d’investissement important et une réflexion qui reste toujours à approfondir. (Publié dans Présence Mariste n°284, juillet 2015)

Le prix Jean-Baptiste Montagne permet d’encourager des équipes éducatives qui se lancent dans des projets innovants qui répondent aux besoins des enfants et des jeunes qui sont scolarisés dans les établissements du Réseau mariste. Au Cheylard, on a imaginé un dispositif en alternance pour des élèves de niveau 3e.
Antony Chek
Antony Chek

Le Collège Saint-Louis se situe dans une région rurale, loin des grands axes routiers. Les collégiens en grande difficulté ne peuvent facilement prétendre à intégrer des 3e prépa-pro en lycée professionnel car cela les obligerait à être internes.

D’autre part, les collégiens qui ne réussissent pas à percevoir le sens du travail demandé finissent inévitablement par perdre toute motivation. Le découragement et la mauvaise image qu’ils ont d’eux-mêmes ne leur permet guère d’envisager l’avenir avec sérénité. La classe de 3e d’insertion apportait une solution. Mais en 2010, elle a été supprimée. À partir de cette fermeture, nous avons réfléchi et décidé de mettre en place un dispositif en alternance.

Nos objectifs

  • Réussir, comme tout élève de 3e, l’orientation. Les rendre "acteurs majeurs" de leur choix.
  • Réussir une activité alors qu’ils n’ont connu que des échecs dans le domaine scolaire. Valoriser les efforts, l’investissement, les idées, le savoir-faire ou le bon sens de ces jeunes. Ils ont tous des qualités, que l’enseignement classique ne met pas en évidence.
  • Enfin leur permettre d’obtenir un diplôme : le Brevet des Collèges.

Notre public

Logo Collège St Louis

Il concerne les élèves qui ne réussissent pas à l’école, qui n’aiment pas à l’école, et qui s’orientent vers des études courtes de type CAP ou BAC professionnel. Ils ont au moins 14 ans au 1er septembre de l’année scolaire. C’est la direction de l’établissement qui, connaissant bien ses élèves de 4e, propose à certains de faire partie du dispositif. L’élève doit "mériter" sa place dans ce dispositif. Il devra donc faire preuve de motivation et d’engagement dans toutes les activités proposées.

Un contrat est signé par l’élève, sa famille et la direction du collège. Il pourra quitter ce dispositif s’il estime ne plus en avoir besoin. L’effectif maximum ne dépasse pas une dizaine d’élèves.

Les moyens utilisés

Nos élèves sont intégrés dans une classe de 3e classique. Cela permet d’éviter l’image négative des élèves de 3e d’insertion et de les mettre dans une dynamique positive. Ils ont au minimum 4 stages d’une semaine en entreprise afin de travailler au mieux leur orientation. Ce parti pris implique à leur retour de stage un emploi du temps réaménagé afin de leur permettre de rattraper les cours manqués. (Deux heures de soutien supplémentaire).

Ils bénéficient aussi de devoirs surveillés aménagés, et bénéficient d’une heure avec le professeur référent. Nous avons passé une convention avec l’Arche des métiers qui accueille les élèves du dispositif pendant 7 demi-journées pour leur prodiguer des cours sous une forme plus ludique.

Bilan

Elèves au travail

Toute l’équipe pédagogique de l’établissement doit nécessairement être impliquée dans un tel projet. Elle a bien conscience de l’importance et de la valeur d’un tel dispositif qui reste encore perfectible.

La volonté d’offrir un suivi personnalisé à ces élèves demande un temps d’investissement important et une réflexion qui reste toujours à approfondir. L’équipe est fière de pouvoir dire que depuis trois ans, ces élèves ont trouvé une orientation professionnelle correspondant à leurs attentes et ont tous réussi leur Brevet des Collèges. Un élève qui avait commencé selon lui à détester l’école dès la grande section de maternelle a réussi le Brevet et le C. F. G. Respect ! Comme disent nos jeunes…

Comme disait Marcellin Champagnat :
“Pour bien élever les enfants, il faut les aimer, et les aimer tous également.?

Anthony Chek, Chef d’établissement
(Publié dans « Présence Mariste » n°284, juillet 2015)