La bienveillance dans notre société

Dans les prisons du Malawi

Logo 182 « Je n’oublierai jamais ce que m’a dit un prisonnier : ’Frère, je ne connais pas vos plans, mais laissez-moi vous dire qu’en vous voyant circuler librement parmi nous, vous nous donnez espoir’. » (Présence Mariste n°282, janvier 2015)

F. Fernard Dostie
F. Fernard Dostie

Au crépuscule de ma vie durant laquelle, à l’exemple de M. Champagnat, j’ai été présent aux étudiants. Je suis aujourd’hui au service des plus démunis dans la société africaine : les prisonniers. J’ai pris la suite d’un missionnaire qui avait lancé une école à l’intérieur de la prison de Lilongwe, au Malawi. L’école est fondée sur le volontariat : des détenus enseignent à d’autres détenus.

J’ai la permission de circuler librement et souvent je m’arrête pour écouter l’un ou l’autre. La misère est présente, et le courage de certains est grand, c’est humiliant pour les uns de demander un morceau de savon, pour d’autres d’avoir quelque chose à se mettre sous la dent.

Certains aimeraient apprendre un métier. Alors j’ai eu l’idée de construire un centre qui permettra aux plus grand nombre de se former dans une discipline. Avec l’aide de la Fondation Mariste pour la Solidarité Internationale (FMSI) et d’un organisme irlandais, la construction de ce centre a commencé. Tout le travail de construction est exécuté par les prisonniers sous la direction de 2 moniteurs.

Ecole en construction
Ecole en construction

Côtoyer ces gens me porte à réfléchir sérieusement sur mon échelle de valeurs personnelles. Cela me conduit à penser que pour être heureux dans la vie on n’a pas besoin de quantité de biens mais de la présence de quelqu’un avec qui on peut parler. François d’Assise était convaincu que la Bonne Nouvelle passait facilement par l’acte de présence, pas par le verbiage.

Je n’oublierai jamais ce que m’a dit un prisonnier :
« Frère, je ne connais pas vos plans, mais laissez-moi vous dire qu’en vous voyant circuler librement parmi nous, vous nous donnez espoir ».

Comment après cela ne pas continuer !
F. Fernand DOSTIE
(Publié dans « Présence Mariste » n°282, janvier 2015)