Sur les traces de Charles de Foucauld

Vivre une semaine au désert : une expérience inoubliable !

Ce 13 mars, nous sommes accueillis à Tamanrasset au gîte de Béthanie. Nous étions là, 8 pèlerins prêts à marcher vers le plateau de l’Assekrem, sur les pas de Charles de Foucauld, juste un siècle après lui (1911-2011).

[rouge]Besoin de guides[/rouge]
Pour nous conduire dans cette voie spirituelle, nous avions 2 guides, Sœur Martine et Marek. Mais pour diriger nos pas dans ce désert, nous avions aussi 2 autres guides, nos amis touareg Mohammed, au volant du Toyota pour transporter bagages et repas et surtout Ahmed, pour marcher avec nous au long des pistes caravanières. Les préparatifs avaient été soigneusement faits : réserve d’eau et ravitaillement pour toute la semaine, et pour chacun l’équipement adéquat.

Vue splendide sur le massif du Hoggar
Vue splendide sur le massif du Hoggar


À Tamanrasset, visite des lieux fréquentés en son temps par Charles de Foucauld : la Frégate, le Bordj, là où il fut tué (1916). Et c’est le départ, ce lundi 14 mars après-midi ; le 4x4 nous dépose au premier bivouac ; c’est une étendue de sable et de plantes épineuses ; chacun cherche un coin où il passera la nuit sous les étoiles. Mais avant d’aller dormir, soirée conviviale autour du feu, repas et prière pour mettre nos cœurs à l’unisson de notre démarche.

[rouge]Montée physique et spirituelle[/rouge]
Nous sommes à quelque 1400 mètres d’altitude. Pendant 4 jours, nous allons monter vers l’Assekrem à 2 750 mètres, à travers les étendues de sable d’abord. Peu à peu, la végétation va disparaître et laisser place à la rocaille. La nuit sera de plus en plus fraîche. Mais la journée se passera sous un soleil ardent, avec le sable soulevé par le vent.

Pèlerins en route vers l'Assekrem
Pèlerins en route vers l’Assekrem


Lever matinal avant l’apparition du soleil : petit déjeuner, prière et méditation pour la journée. Les heures de marche nous feront rejoindre Charles de Foucauld dans sa recherche de Jésus de Nazareth. Départ ! Le pas régulier de Ahmed donne le rythme de notre progression et ses explications donnent un sens à ces paysages bouleversés, chaotiques que nous traversons : cratères volcaniques, cavernes préhistoriques, troupeaux d’ânes sauvages.
À l’approche de midi, le soleil est au zénith. Là où l’on peut trouver une trace d’ombre, sous un arbre épineux ou près d’un rocher, c’est la pause pour célébrer l’Eucharistie, pour manger, faire un peu de sieste avant de reprendre la piste. Puis encore un peu de marche et c’est le retour au calme : repas, prière, un partage de notre vécu sous la voûte étoilée, et puis une nuit réparatrice dans les sacs de couchage.

Ahmed prépare le gâteau de semoule
Ahmed prépare le gâteau de semoule

[rouge]Enfin on touche au but ![/rouge]
Vendredi, à midi nous atteignons le col, au pied du plateau de l’Assekrem. Nous prenons les bagages pour les monter jusqu’à l’ermitage, inaccessible à la voiture. Il y a là une communauté de 3 petits Frères de Jésus. Nous y sommes chaleureusement accueillis. Et puis chacun est conduit à l’un de ces multiples petits ermitages disséminés dans la montagne. Il y trouve tout ce dont il aura besoin durant son séjour, pour manger, dormir, prier… dans une entière solitude. C’est cela l’ermitage, l’isolement loin du monde et près de Dieu… Seule compagnie : les chacals qui hurlent dans le lointain !
Du haut de ce plateau, la vue se perd à l’horizon, vue splendide sur le massif du Hoggar. Et quand le soleil se lève, ou se couche, sur cet ensemble, le spectacle est merveilleux, spectacle silencieux de la nature.
Deux jours passent là-haut ! Et déjà c’est dimanche. Il faut redescendre dans la vallée. Nous retrouvons, au col, notre voiture qui nous ramène à Tamanrasset dans la journée, par un autre chemin. Dans l’après-midi, nous retrouvons les communautés des Petites Sœurs et Petits Frères de Jésus, le gîte de Béthanie, avec les commodités de la ville… et surtout l’eau de la douche dont nous avons été sevrés pendant 8 jours ! Mais ce n’est pas la fin d’un pèlerinage qui devrait se poursuivre dans nos vies !

F. Jean-Louis ROGNON
(Paru dans Présence Mariste N° 269, octobre 2011)