Bienheureux Frère Henri Vergès !

PM 299 - C1 logo Des personnes qui ont connu F. Henri Vergès témoignent : Le Père Christian de Chergé, F. Michel Voute, F. André Thizy, alors Supérieur Provincial, D. B., un ami musulman, Le Père François Berjonneau, le Cardinal Duval. (Présence Mariste n°299, avril 2019)

F. Alain Delorme
F. Alain Delorme

Henri, notre frère « bienheureux », comment te présenter aux lecteurs de Présence Mariste pour leur faire découvrir ta route vers la sainteté ?
J’ai pensé que la manière la plus directe était d’offrir quelques témoignages de personnes qui t’ont connu :

Le Père Christian de Chergé, prieur de la trappe Notre-Dame de l’Atlas, à Tibhirine, écrivait à son Abbé général, le 5 juillet 1994 : « J’étais personnellement très lié à Henri. Sa mort me paraît si naturelle, si conforme à une longue vie toute entière donnée par le menu. Il me semble appartenir à la catégorie que j’appelle "les martyrs de l’espérance", ceux dont on ne parle jamais parce que c’est dans la patience du quotidien qu’ils versent tout leur sang ».

Le F. Michel Voute, témoin de la mort d’Henri après trois ans de vie communautaire, déclare : « Henri retrouvait dans la prière son équilibre humain, son dynamisme, son énergie inépuisable, une grande paix intérieure, inaltérable, même lors d’accidents, de contrariétés… Toujours disponible à ceux qui frappaient à sa porte, jour et nuit, il écoutait et servait chacun avec le sourire… Il savait redonner force et courage, avec douceur et humour, à ses interlocuteurs chrétiens ou musulmans ».

Le F. André Thizy, alors Supérieur Provincial, écrit dans sa lettre aux Frères, le 17 mai 1994 : « Qui, parmi ceux qui l’ont rencontré, n’a pas été frappé par l’extrême simplicité de vie de Frère Henri ? Véritable ascète, il savait se contenter du minimum aussi bien à table que dans ses affaires personnelles. Rentrant dans sa chambre jeudi soir, nous avons été saisis par le dénuement qui y régnait ; seule la présence d’un transistor et du Coran la distinguait de celle du Père Champagnat ».

Photo à l'intérieur de la mosquée d'Oran. Visite à la mosquée d'Oran lors de la béatification des martyrs d'Algérie
Photo à l’intérieur de la mosquée d’Oran. Visite à la mosquée d’Oran lors de la béatification des martyrs d’Algérie

D. B., un ami musulman, écrit de Sour-el-Ghozlane, le 9 mai 1994 : « Le Frère Henri, ce religieux que j’ai connu depuis 1978, était un chrétien convaincu. Toute personne qui a connu cet homme ne peut rester sans apprécier sa vie austère, son dévouement et son alignement aux côtés des faibles, des nécessiteux et des exclus ».

Le Père François Berjonneau, du Service National de la Pastorale des Migrants, avait rencontré Henri le 25 mars 1994. Il écrit, au lendemain de sa mort : « J’avais perçu dans le récit qu’il m’avait fait de son travail à la bibliothèque une vraie passion : passion pour la rencontre, passion pour le service de ces jeunes, passion qui le liait si fort à ce peuple. Il a été jusqu’au bout de cette Passion ».

Les mots du Cardinal Duval serviront de conclusion à cette brève présentation. Le 12 mai 1994, fête de l’Ascension, la basilique Notre-Dame d’Afrique accueillait une nombreuse assistance venue pour participer aux obsèques d’Henri et de la sœur Paul-Hélène. Parmi elle, de nombreux musulmans qui avaient connu Henri comme responsable de l’école Saint Bonaventure, en 1970-76. Au terme de l’Eucharistie, le Cardinal qui avait concélébré assis en raison de son grand âge, se leva et, de l’autel, déclara d’une voix forte : « Le cher Frère Henri et l’admirable Sœur Paul-Hélène ont été des témoins authentiques de l’amour du Christ, du désintéressement absolu de l’Église et de la fidélité au Peuple algérien ».

"Bienheureux Frère Henri,
merci pour ta vie donnée.
Accompagne chacun de nous
dans sa marche
à la suite du Christ
dans la famille Mariste"
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F. Alain Delorme
(Publié dans « Présence Mariste » n°299, avril 2019)