Le chemin du ciel

PM 299 - C1 logo Telle est la sainteté chez Marcellin. Chez lui, la foi n’est pas un carcan. Il découvre que Dieu est amour. (Présence Mariste n°299, avril 2019)

Séduit par Dieu !

Henri Pacalet

Qu’est-ce qui fait la sainteté de Marcellin Champagnat ? Comment répondre à une telle question ? Très vite, Marcellin Champagnat m’est apparu comme un inconditionnel de Jésus-Christ. Cela veut dire que le chemin qu’il va choisir n’est pas une loi mais une personne : Jésus Christ. Déjà, lors de sa 1re communion, à 11 ans, Marcellin s’éclipse plusieurs fois de la maison familiale du Rozet, pour « pouvoir parler à Jésus », confie-t-il à sa maman. L’entrée au séminaire de Verrière est une épreuve car on le met avec les commençants, donc plus petits que lui en taille et en âge ! Mais, ayant repéré une statue de la Vierge des Douleurs au portail de l’église, il vient souvent la prier, la larme à l’œil. La prière est vraiment un temps fort pour lui et il découvre progressivement que le Seigneur l’appelle « à fonder des Frères », pour la campagne car les villes en sont déjà pourvues. D’ailleurs, notamment lors des vacances au Rozet, il se rend compte que c’est passionnant d’expliquer aux enfants l’Évangile, les histoires de l’Ancien Testament, la vie de Marie et celle des saints.

Au service des enfants…

Reliquaire Champagnat à ND de l’Hermitage

Et dès son arrivée à La Valla-en-Gier en tant que vicaire, il découvre très vite l’ignorance des enfants : ils ne savent ni lire ni écrire et ne connaissent même pas une bribe du catéchisme ! La rencontre avec le jeune Jean-Baptiste Montagne, sur son lit de mort, au hameau des Palais, le confirme dans son intuition qu’il faut des Frères pour faire le catéchisme. Champagnat n’est pas un rêveur, le fils de paysan qu’il est, a les pieds sur terre. Confronté à la réalité, il va mettre toute sa bienveillance et sa détermination, quitte à « remuer ciel et terre », à faire le catéchisme aux enfants en priant Marie, sa « ressource ordinaire », pour qu’il puisse réaliser son intuition : appeler des jeunes pour les former, les éduquer afin qu’à leur tour, ils deviennent éducateurs et catéchistes. Il prie donc Marie à temps et à contretemps et répète à qui veut l’entendre que la « Vierge Marie ne le laissera pas tomber ! »

L’éblouissement de la joie de croire !

Reliquaire Champagnat à ND de l’Hermitage. Avec Marie, sous la conduite de l’Esprit

Telle est la sainteté chez Marcellin. Chez lui, la foi n’est pas un carcan, c’est une joie et le monde dans lequel il vit n’est pas comme un immense trou noir ; il découvre, au contraire, que Dieu est amour et que « Dieu ne pouvant se faire connaître a inventé de se faire naître » (Paul Claudel) pour être au milieu de nous et que l’Église « c’est Jésus-Christ d’aujourd’hui, Jésus-Christ continué » (Jacques Loewe).

Des Amériques… au Rozet, d’Asie et du Pacifique… à La Valla et à l’Hermitage !

Tous les pèlerins, Frères ou laïcs du monde entier, qui viennent à l’Hermitage, à La Valla, au Rozet, veulent rencontrer, me semble-t-il, Saint Marcellin Champagnat, fils de paysan, ancré dans la prière avec une dévotion particulière à Marie et fondateur des Frères Maristes.

Henri PACCALET
(Publié dans « Présence Mariste » n°299, avril 2019)