Deux jours pour « goûter les lieux maristes »

Un pèlerinage sur les lieux des origines maristes. (« Présence Mariste » n°256, Juin 2008)

Rencontre des 4 et 5 janvier 2008

Venus de tous les horizons de la France mariste, “nous avons goûté” les lieux maristes de nos origines pour nous imprégner de la présence de Marcellin. Lieux parcourus par cet homme au charisme novateur au XIXe siècle, lieux habités par ce fondateur venu de sa montagne après le cataclysme de la Révolution.

Nous avons revisité les sites où a travaillé Marcellin “où tout parle de lui” suivant l’expression du Frère François. Dire qu’ils sont pour nous de précieux reliquaires est incomplet, ils sont des points de référence pour notre action missionnaire : Frères et Laïcs associés.

C'est une grâce de goûter ces lieux où vécurent les premiers maristes
C’est une grâce de goûter ces lieux où vécurent les premiers maristes

Des lieux connus à redécouvrir

C’est le Rosey natal où germe la vocation de ce garçon prédestiné. Nous revivons les temps de la fondation : La Valla, le village, la maison des premiers compagnons du jeune vicaire, la table pour les hôtes.

À l’Hermitage, l’eau du Gier, le rocher des Gaux nous sont familiers ; ils sont devenus “l’eau du rocher”. Ce sont des symboles de limpidité et de solidité, dans ce cadre sauvage habité par un saint et par les premiers disciples du maître-maçon qui a donné avec eux les bases à la maison et les pierres d’angle à la congrégation. “L’Hermitage, c’est l’achèvement de La Valla.”

Marcellin et ses premiers disciples…

Entre deux réunions de ces 4 et 5 janvier 2008, j’ai revu le rocher qu’a fait reculer CHAMPAGNAT sur la rive droite du torrent, j’ai retrouvé cent traces de Marcellin, en allant au cimetière où reposent les Frères Stanislas, Jean Baptiste, Pascal et tant d’autres qui l’ont suivi dans les chemins de l’évangélisation. Les pierres taillées par son burin sont bien posées pour asseoir les fondations de la maison que nous connaissons tous.

Rencontre avec un vivant

Tout me parle de lui. Marcher dans les allées du jardin m’aide à retrouver son courage, à découvrir et à imiter sa générosité.
À chaque pas, j’ai admiré quelqu’un de vivant qui inspire encore ma vie, mon action missionnaire.
Dans la vaste maison de N.-D. de l’Hermitage, résonne encore sa voix, je l’ai entendu parler dans la salle des fresques, je l’ai revu dans sa chambre, donnant ses conseils aux jeunes Frères qu’il affectionnait. C’était la voix "du bon père" qui disait à ses enfants avant de mourir : “aimez-vous les uns les autres.”

Petit autel de l'ancienne église de La Valla connu de Marcellin Champagnat, actuellement dans la maison des origines maristes à La Valla
Petit autel de l’ancienne église de La Valla connu de Marcellin Champagnat, actuellement dans la maison des origines maristes à La Valla

Témoins à notre tour

Certains pèlerins de ces deux jours ont revu “les Palais” et ont marché dans les pas de ce prêtre infatigable pour rencontrer encore le jeune Montagne, ils ont prié avec lui près de la maison du paysan, dans la rudesse du Pilat, le fameux “Souvenez-vous”.

C’est une grâce d’avoir goûté ces lieux, surtout d’avoir vécu avec saint Marcellin et les premiers témoins de sa mission. Ils étaient tous là, ceux des premiers temps, ceux de toutes les générations !

“Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?” (Lamartine)

Frère Jean Marie GUYOT
(Publié dans Présence Mariste n°256, Juin 2008