Fondations diverses dans une vision commune

PM 288 logo Brève histoire des fondations des diverses branches de la famille mariste : les Frères, les Pères, les laïcs, les Sœurs Maristes et les Sœurs SMSM (Présence Mariste n°288, juillet 2016)

Fondation des Petits Frères de Marie

Laissez venir à moi les tout petits…
Laissez venir à moi les tout petits…

Dans les échanges, au séminaire, Marcellin Champagnat parlait d’établir une branche de Frères enseignants dans la Société. Ses compagnons n’étaient pas trop enthousiastes. Marcellin revint à la charge, avec insistance et sa proposition fut acceptée. La Société de Marie allait donc inclure des Frères enseignants. Et Marcellin aurait la responsabilité de la mettre sur pied.

Quelle était l’intention de Marcellin ? “Il nous faut des frères pour enseigner le catéchisme, aider les missionnaires, diriger des écoles.” Le rêve de Marcellin est ambitieux : apprendre aux jeunes et surtout aux plus délaissés à connaître Jésus et à l’aimer. Les conduire à Jésus par Marie. N’oublions pas les raisons liées à son expérience personnelle scolaire éprouvante. Marcellin veut offrir tous les avantages scolaires aux enfants des villages de ce pays de montagnes.

Lorsque, au début chacun reçoit sa mission dans le vaste diocèse de Lyon, Marcellin se retrouve à La Valla, village situé dans le mont Pilat. Là, il inaugure sa première mission le jour de la fête de l’Assomption (15 août 1816).
Sa rencontre avec le jeune Jean-Baptiste Montagne (le 28 octobre 1816) a cristallisé son rêve et lui a fait comprendre l’urgente nécessité de passer à la fondation des Petits Frères de Marie.

D’après F. Seán Sammon

Le projet des Pères Maristes

Annoncer l'évangile au monde
Annoncer l’évangile au monde

À la fin de la vie de Jean-Claude Colin, les Constitutions des Maristes sont approuvées par le Chapitre général (1872). Dès le premier numéro, elles affirment que : “le nom de Société de Marie indique, sous quel drapeau, la congrégation désire mener les combats du Seigneur et quel doit être son esprit. Tous ceux qui y sont admis, comprennent bien qu’ils doivent rivaliser avec cette sainte Mère, et vivre de sa vie, surtout dans l’humilité.”

Les Maristes, dans l’intention de Colin, ont comme but de "vivre de la vie de Marie", d’imiter Marie. Les numéros 49-50, approfondissent le sens de cette vie à la manière de Marie : penser comme Marie, juger comme Marie, sentir et agir comme Marie. Ils sont le cœur de l’ensemble des Constitutions.

En 2016, nos textes ont une formulation plus adaptée ; ils affirment dès l’article 1, la continuation avec l’inspiration originelle : Le 23 juillet 1816, douze prêtres et séminaristes, rassemblés au sanctuaire N-D de Fourvière à Lyon, s’étaient engagés à fonder une congrégation portant le nom de Marie. Ceux qui pendant les vingt années suivantes travaillèrent à réaliser cette promesse étaient convaincus qu’ils répondaient ainsi au désir de la Mère de miséricorde, exprimé dans cette déclaration : “j’ai été le soutien de l’Église naissante ; je le serai encore à la fin des temps” (n° 2).

Et la conclusion cible bien le projet : “En entrant dans la société de Marie, les Maristes suivent les traces des initiateurs. Comme eux, ils sont résolus à répondre au désir de Marie d’être, par leur intermédiaire, soutien de l’Église.”

P. Bernard BOISSEAU

Le Tiers Ordre mariste

À Lyon existait un groupe de jeunes femmes aspirant au laïcat consacré, les "Vierges chrétiennes". Le P. Pierre-Julien Eymard, qui venait d’entrer dans la Société de Marie en 1839, se vit confier par le P. Colin leur accompagnement spirituel.

C’est à partir du développement de ce groupe que le P. Eymard définit le projet d’un Tiers Ordre très différent de la vision de Colin et le fit approuver par Rome en 1850. Mais le P. Colin persévérait dans son projet. Dans les dernières années de sa vie, il en confia la tâche au P. Alphonse Cozon qui ne parvint cependant pas à réformer le Tiers Ordre. (Pierre-Julien Eymard avait quitté la Société de Marie en 1856 pour fonder la Congrégation des Pères du Saint Sacrement et était mort en 1868).

Quand Marie-Françoise Perroton s’embarque seule en 1845 pour l’Océanie, c’est pour répondre à l’appel des femmes de là-bas qui réclament des femmes pour les instruire. Elle et le commandant Auguste Marceau, qui a mis son bateau au service des missions, sont la confirmation que le projet Mariste n’intéresse pas seulement les religieux et que la collaboration pour la mission peut être fructueuse.

Marie-Claude GRULIER

Le rêve de servir : les Sœurs Maristes

« Juger, sentit, agir comme Marie »
« Juger, sentit, agir comme Marie »

Au début, “la Congrégation se caractérise par le désir de faire du mystère de Marie dans l’Église, l’inspiration quotidienne de sa vie et de son action…” Tout doit traduire l’aspiration à “penser, juger, sentir, agir comme Marie” selon le P. Colin. Successivement à Cerdon, Belley, Meximieux, Lyon, Jarnosse, le double rêve de Jeanne-Marie se réalise : renouveler l’Église en lui donnant le visage féminin de Marie, par l’écoute, la miséricorde, la compassion ; se mettre au service des autres en leur témoignant qu’ils sont aimés de Dieu.

En 1836, Jeanne-Marie veut envoyer des Sœurs en Océanie. Son projet est contrecarré par Jean-Claude Colin. On sera donc missionnaire en France.

À Cerdon, les gens disaient des Sœurs : “On ne les voyait qu’à l’église, chez les pauvres et chez les malades.” En effet, par des œuvres d’éducation (écoles primaires et ménagères ; orphelinat), par la catéchèse et le service de la paroisse, elles veulent permettre à chacun de grandir en humanité et croître dans la foi. Tout ce qu’elles font, elles le font au nom et à la manière simple de Marie.

L’apostolat des Sœurs va avec une solide vie communautaire, ponctuée par les prières régulières. Mais l’essentiel est “d’unir toutes nos actions à celles de Jésus-Christ et de voir Dieu en tout.” La Congrégation se développe en France au 19e siècle. Avant la mort de Jeanne-Marie, on franchit la Manche pour s’établir dans une banlieue pauvre de Londres. En 1892, les premières Sœurs partent pour l’Océanie.

Sr Denise Husson - SM

Les SMSM, dans l’élan de la mission

Au service des Frères et Sœurs
Au service des Frères et Sœurs

Leur vocation s’est précisée peu à peu. Nos Constitutions la traduisent ainsi : “L’appel à être à la fois : Missionnaires, Maristes, Religieuses, constitue notre vocation propre dans l’Église.” Les pionnières deviennent les Sœurs Missionnaires de la Société de Marie. Le prologue de nos Constitutions exprime bien ce qui fut le moteur de leur action.

Voici quelques extraits :
Au départ, plus fort que tout, l’appel de Dieu pour la mission, concrétisé par les appels d’Océanie. En réponse, un don sans calcul, confirmé dans le vœu d’obéissance, la profession dans le Tiers-Ordre de Marie, la vie en communauté selon le règlement donné et reçu "comme l’expression de la Sainte Volonté de Dieu".
Leur force :

  • la foi, une confiance inébranlable en Dieu,
  • la confiance en "la protection de la Sainte Vierge qui veille sur elles",
  • l’esprit de famille qui les unit, malgré la distance et les différences, comme "les membres de la même société ayant la même vocation et le même but" et
  • le soutien de la Société de Marie.
    Leur vie : Partager les travaux et les épreuves des missionnaires par le dévouement quotidien.
Sr Marie José de Préville - SMSM
(Publié dans « Présence Mariste » n°288, juillet 2016)