Avec frère Laurent, la mission au cœur

Un catéchiste dans les premiers temps de l’institut des Petits Frères de Marie

Étant catéchiste moi-même, j’ai toujours été séduit par la personnalité de Frère Laurent et je suis heureux d’aller sur sa tombe dans le cimetière de Notre Dame de l’Hermitage. C’est un peu mon saint patron !

« Le bon frère Laurent postula longtemps la faveur d’aller faire le catéchisme au Bessat » écrit le frère Jean-Baptiste. (Vie, p. 82) et il rapporte un dialogue entre le Fondateur et son disciple. « Un jeudi, selon son habitude, il vint faire ses provisions à Lavalla, et il remonta au Bessat avec M. Champagnat qui allait de ce côté pour confesser un malade. Ce jour-là, il y avait deux ou trois pieds de neige, et les chemins étaient tout verglacés. Frère Laurent portait dans un sac un gros pain, du fromage et des pommes de terre pour se nourrir pendant la semaine. Quoiqu’il fût fort, comme les chemins étaient très mauvais, il suait sous son fardeau. M. Champagnat, le voyant en cet état, lui dit :
“Mon Frère, vous faites là un métier bien pénible.
– Vous me pardonnerez, mon Père, il n’est pas pénible mais extrêmement doux.
– Je ne vois pas ce qu’il y a de si doux à côtoyer ces montagnes tous les huit jours, à marcher dans ces neiges et dans ces glaces avec un lourd fardeau sur les épaules, au risque de vous jeter dans quelque précipice.
– C’est l’entière certitude que Dieu compte tous nos pas, et qu’il paiera par un poids immense de gloire les peines et les fatigues que nous supportons pour son amour.
– Vous êtes donc bien content d’aller faire le catéchisme et la classe dans ce mauvais pays, et de porter votre pain comme un pauvre ?
– Si content, mon Père, que je ne donnerais pas mon emploi pour tous les biens du monde.
– Certes, vous l’estimez beaucoup cet emploi ; mais le méritez-vous ?
– Oh ! Non : je suis convaincu que je ne mérite pas la faveur d’aller faire le catéchisme au Bessat, et qu’elle ne m’est accordée que par un pur effet de la bonté de Dieu.
– Tout ce que vous dites là est très vrai ; ce qui n’empêche pas que vous soyez obligé de convenir que vous avez aujourd’hui un bien mauvais jour.
– Non, mon Père, c’est un des plus beaux jours de ma vie.”
En disant, cela sa figure était riante, épanouie, et de douces larmes de bonheur coulaient de ses yeux. M. Champagnat, touché et consolé de voir tant de vertus, eut de la peine à retenir les siennes. » [1]

Annoncer l'évangile par tous les temps
Annoncer l’évangile par tous les temps

En écoutant ce témoignage, au-delà de l’aspect hagiographique que frère Jean Baptiste a pu y mettre, nous découvrons tout un chemin de joie évangélique. Marcellin est un passeur. Il a fait une expérience religieuse très forte qui lui fait dire souvent : "Je ne peux voir un enfant sans avoir envie de lui dire combien Dieu l’aime." Cette compassion pour les jeunes le rend inventif et audacieux. Il communique cette passion à ses frères : quand on sait que Frère Laurent maniait mieux la fourche que la plume ; quand on sait comment il fut interpellé par Marcellin alors qu’il venait réclamer que son frère rentre à la maison. [2]

Frère Laurent ne tire nul orgueil de sa fonction. Non, pour rien au monde, il ne voudrait abandonner sa mission. Mais il avoue, dans le même temps qu’il n’en a aucun mérite. Il rejoint l’image du serviteur inutile que nous décrit Jésus.

Il sait comme tout bon apôtre qu’il n’est qu’un instrument et que ce qu’il a reçu il faut qu’il le partage à tous ces enfants et tous ces adultes qu’il rejoint au Bessat. Ce souci de la mission, Frère Laurent le vit avec la couleur mariste de l’humilité et de la pauvreté. Il n’a que quelques pommes de terre et un peu de fromage mais il ne donnerait pas sa place pour tout l’or du monde. Il a un autre trésor !

La campagne autour du Bessat
La campagne autour du Bessat

Frère Laurent est en chemin de bonheur vers cette béatitude des pauvres, celle de ceux qui savent qu’ils sont aimés et qu’ils ont tout reçu. Alors, brûle en leur cœur le désir de partager. C’est l’urgence de la mission, celle-là même qui brûlait au cœur de Marcellin.

Frère Jean-Pierre DESTOMBES
(paru dans Présence Mariste, N° 259, avril 2009)

[1Vie de Marcellin, pp. 83-84

[2Cf. Vie, édition 1989, pp. 66-67

Vos témoignages

  • Cyrille 10 septembre 2010 17:12

    je suis ravi de repondre a cet article qui m’a beaucoup plus. Au faite je cherche a entré en contacte avec les pères mariste dans le but d’un discernement.je cherche a m’engagé avec une congrégation.je serai ravi d’entrée en relation avec le reponsable des vocations pour en discuter.je suis togolais de nationalité.

    cyrille YENTOUMANE