Bonne Nouvelle

La Bonne Nouvelle, hier et aujourd’hui

« Je t’adjure en présence de Dieu et du Christ Jésus : proclame la Parole, insiste à temps et à contretemps, toujours avec patience et souci d’enseigner… »
(Paul à Timothée 4,1-2)

ÉVANGILE

Comme chacun sait, ce mot signifie Bonne nouvelle. Dans l’Antiquité grecque, l’évangile est un message de bonheur, celui d’une victoire par exemple. Quel formidable évangile fut celui du coureur de Marathon qui vint annoncer aux Athéniens la défaite des Perses ! Chez les Romains du temps de l’empire, la bonne nouvelle, l’évangile par excellence, c’est l’annonce de la naissance d’un futur empereur ou de son intronisation ou de ses exploits… de même qu’aujourd’hui pour les catholiques l’élection d’un pape est une bonne nouvelle que la fumée blanche s’échappant par dessus les toits du conclave fait connaître au monde entier.

La Bonne Nouvelle se dit dans et par la Parole incarnée qu'est Jésus
La Bonne Nouvelle se dit dans et par la Parole incarnée qu’est Jésus

Mais chez les Grecs, le mot évangile signifiait d’abord et avant tout : sacrifice offert aux dieux pour une bonne nouvelle, en témoignage de reconnaissance. Les bénéficiaires sont donc invités à remercier et à faire connaître la bonne nouvelle. Les deux temps de la démarche sont intimement liés : transmettre la bonne nouvelle est aussi une manière de dire merci. Transmettre l’évangile est ainsi un acte de reconnaissance et la joie que nous procure une telle bonne nouvelle ne peut que nous enthousiasmer et nous inciter à la propager.

L’ÉVANGILE, C’ESTSUS LUI-MÊME

La bonne nouvelle c’est en premier lieu l’annonce de l’incarnation de Dieu dans la personne de son Fils Jésus. C’est précisément ce que dit l’ange aux bergers de Bethléem : « Ne craignez pas. Voici que j’annonce une bonne nouvelle ». Le texte grec dit littéralement : « J’annonce un évangile. » La troupe des anges s’associe à ce messager céleste et chante : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre, paix aux hommes, ses bien-aimés… » (Luc 2,14). Les bergers prennent le relais et « s’en retournent, chantant la gloire et les louanges de Dieu. » (Luc 1,20). Ce chant de louange, nous le répétons à notre tour dans nos assemblées eucharistiques dominicales, mais, sans doute, pas toujours avec la même conviction…

Prendre part à la diffusion de la Parole comme le diacre Philippe
Prendre part à la diffusion de la Parole comme le diacre Philippe

L’ÉVANGILE, C’EST LE MESSAGE DESUS

La bonne nouvelle se dit dans et par la Parole incarnée qu’est Jésus, comme l’exprime saint Jean dans son propre évangile : « Et le Verbe s’est fait chair. » (Jean 1,1) Que dit le message évangélique ? Il dit l’avènement du Royaume de Dieu (Luc 4,43), un royaume où règnent la justice et l’amour, un royaume accessible à tous, à condition de changer ce qui va de travers dans nos vies et de croire à la bonne nouvelle (Marc 1,15). C’est à cette Parole, Parole vivante, que le Chrétien adhère dans la foi.

L’ÉVANGÉLISTE EST LE MESSAGER DE LA BONNE NOUVELLE

L’évangéliste est le porteur de l’évangile-bonne nouvelle. « Fais œuvre d’évangéliste, remplis ton ministère » dit Paul à son disciple Timothée (2 Tm 4,5). Les premiers disciples de Jésus sont les hérauts proclamant la bonne nouvelle, tel le diacre Philippe qui la révèle à l’eunuque de la reine d’Ethiopie (Ac 8,35), tel Paul qui parcourt le monde pour l’annoncer aux Juifs de la Diaspora et aux Grecs, tels ces Chrétiens inconnus de la ville de Philippes qui « prennent part à la diffusion de la bonne nouvelle » (Paul aux Philippiens, 1,5).
La transmission de la Parole est au cœur de l’activité des apôtres. « Les témoins oculaires sont devenus serviteurs de la Parole » (Luc 1,2). Dans la première communauté réunie en prière, Pierre et Jean demandent au Seigneur d’accorder à ses serviteurs « de dire la Parole avec une entière assurance. » (Actes 4,29). Leur prière est aussitôt exaucée : « Ils furent tous remplis du Saint Esprit et disaient avec assurance la parole de Dieu » (Actes 4,31). Leur parole porte rapidement des fruits : « La Parole se répandait et le nombre des disciples augmentait. » (Actes 6,7). Dispersés par une première persécution, les disciples « allèrent de lieu en lieu annonçant la bonne nouvelle de la Parole » (Actes 8,4).

LA BONNE NOUVELLE EST ENCORE POUR AUJOURDHUI

Il nous revient, à la suite de Jésus et des premiers disciples, de transmettre la bonne nouvelle aux générations futures, comme les athlètes se transmettent la flamme olympique.

La Parole se répandait et le nombre des disciples augmentait
La Parole se répandait et le nombre des disciples augmentait

Dans cette transmission, nous faisons acte de mémoire. Le christianisme fonde sa foi dans la mémoire des faits et gestes de Jésus, de ses paroles, et aussi de sa mort et de sa résurrection. Lors de la célébration eucharistique, le célébrant rappelle les paroles de Jésus : « Faites ceci en mémoire de moi » et les participants à ce repas eucharistique font anamnèse en rappelant la mort et la résurrection de Jésus.

FAIREMOIRE, C’EST DIRE NOTRE FOI DANS LESUS DE L’HISTOIRE

Nous le proclamons dans notre Credo : « Il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme. Crucifié sous Ponce Pilate… ». La bonne nouvelle de l’évangile nous a été transmise dans quatre livrets qui ne sont pas des livres d’histoire certes. Mais, par son incarnation, Jésus appartient aussi à l’histoire, par sa naissance en Palestine, « l’an quinze du gouvernement de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée… sous le sacerdoce d’Anne et de Caïphe… » (Luc 3,1).

Occulter le Jésus de l’histoire a conduit autrefois à accorder du crédit aux récits les plus farfelus des évangiles apocryphes. Aujourd’hui, cette même ignorance laisse le champ libre à toutes les extravagances que propagent les médias. « Viendra un temps où certains ne supporteront plus la saine doctrine. Ils détourneront leurs oreilles de la vérité et se retourneront vers des fables » écrit Paul à Timothée. Ce temps semble être le nôtre !

Les participants à l'eucharistie font anamnèse en rappelant la mort et la résurrection de Jésus
Les participants à l’eucharistie font anamnèse en rappelant la mort et la résurrection de Jésus

« JE SAIS EN QUI J’AI MIS MA FOI »

C’est cela qu’il faut pouvoir dire comme Paul à Timothée (2 Tm 1,12), pour proposer la foi aujourd’hui. Jésus n’est pas un mythe. « La foi chrétienne ne se confond pas avec le sentiment religieux, elle n’est pas une vague rencontre avec le divin. Elle n’est pas une simple expérience puisqu’elle naît de la Révélation de Dieu dans l’histoire… ».

Ainsi s’expriment les évêques de France dans leur Catéchisme pour adultes, où on lit aussi : « Dire la foi, et la dire aujourd’hui, c’est la dire en totale fidélité à ce qu’ont proclamé les apôtres. »

Bernard FAURIE
(paru dans Présence Mariste N° 259, avril 2009)