La joie de l’évangile

PM 298 logo Le Pape insiste sur cet aspect fondamental : les Apôtres, témoins de la joie de l’Évangile, puisent leur dynamisme dans la personnalisation de la Parole de Dieu (Présence Mariste n°298, janvier 2019)

Joie qui facilite l’engagement, dans la conviction que l’objectif est le bien de tous… avec notre Pape François.
F Jean Claude Christe
F Jean Claude Christe

« La joie de l’Évangile »  est le nom donné par le pape François à sa première exhortation apostolique (24 novembre 2013), tout un symbole ! Au long de la lecture de ce long et riche document (288 paragraphes), j’ai senti un vent frais et vigoureux souffler sur notre Église par ce pape venu d’Amérique latine. Si vous ne l’avez pas encore lue, faites-le ! Le style est simple et limpide. Quelques perles :

La joie, même au milieu des pires soucis

Le pape François souligne la nécessité du témoignage joyeux des évangélisateurs. « Il y a des chrétiens qui semblent avoir un air de Carême sans Pâques … Je comprends les personnes qui deviennent tristes à cause de graves difficultés qu’elles doivent supporter, cependant, peu à peu, il faut permettre à la joie de la foi de commencer à s’éveiller, comme une confiance secrète mais ferme, même au milieu des pires soucis. "Les faveurs du Seigneur ne sont pas finies, ni ses compassions épuisées ; elles se renouvellent chaque matin, grande est sa fidélité’’ (Lm 3, 17.21-23) (n° 6) ».

La joie du Saint Père
La joie du Saint Père

Les joies les plus belles et les plus spontanées de personnes très pauvres

J’ai senti palpiter le cœur chaleureux de notre pape : « Je peux dire que les joies les plus belles et les plus spontanées que j’ai vues au cours de ma vie sont celles de personnes très pauvres qui ont peu de choses auxquelles s’accrocher. Je me souviens aussi de la joie authentique de ceux qui, même dans de grands engagements professionnels, ont su garder un cœur croyant, généreux et simple. De diverses manières, ces joies puisent à la source de l’amour toujours plus grand de Dieu qui s’est manifesté en Jésus Christ ». Et de citer Benoît XVI dans " Deus Caritas est " : "À l’origine du fait d’être chrétien… il y a la rencontre avec un événement, avec une personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive’’ (n° 7).

La joie, source de l’action évangélisatrice

Notre rencontre avec l’amour de Dieu se convertit en heureuse amitié. « Nous permettons à Dieu de nous conduire au-delà de nous-mêmes… Là se trouve la source de l’action évangélisatrice… Si quelqu’un a accueilli cet amour qui lui redonne le sens de la vie, comment peut-il retenir le désir de le communiquer aux autres ? (n° 8) ».

La joie puisée dans la Parole de Dieu

Le Christ souriant de François Xavier (Loyola)
Le Christ souriant de François Xavier (Loyola)

Le Pape insiste sur cet aspect fondamental : les Apôtres, témoins de la joie de l’Évangile, puisent leur dynamisme dans la personnalisation de la Parole de Dieu (n° 149), la lectio divina (n° 152), la prière personnelle et les sacrements : « La première motivation pour évangéliser est l’amour de Jésus que nous avons reçu, l’expérience d’être sauvés par lui qui nous pousse à l’aimer toujours plus. … Nous avons besoin d’implorer chaque jour, de demander sa grâce pour qu’il ouvre notre cœur froid et qu’il secoue notre vie tiède et superficielle. Placés devant lui, le cœur ouvert, nous laissant contempler par lui, nous reconnaissons ce regard d’amour que découvrit Nathanaël (Jn 1, 48) ».

« Qu’il est doux d’être devant un crucifix, ou à genoux devant le saint sacrement et d’être simplement sous son regard !… Donc il est urgent de retrouver un esprit contemplatif, qui nous permette de redécouvrir chaque jour que nous sommes les dépositaires d’un bien qui humanise, qui aide à mener une vie nouvelle. Il n’y a rien de mieux à transmettre aux autres » (n° 264).

F. Jean-Claude Christe
(Publié dans « Présence Mariste » n°298, janvier 2019)