Le parcours Alpha : une méthode d’évangélisation

Son mode de fonctionnement

Pendant longtemps c’est la catéchèse des enfants qui a mobilisé le plus d’efforts dans l’église. Il était difficile d’atteindre les adultes. Cependant, à mesure que la sécularisation gagnait du terrain et que la pratique religieuse régressait, on s’est rendu compte que c’était insuffisant. Puisque les gens ne venaient plus à l’Église, il fallait aller vers eux.

Un vrai parcours !

La méthode d’évangélisation, qu’on appelle « Parcours Alpha » en France, comporte une série de douze soirées hebdomadaires qui s’étendent sur un trimestre, un effort prolongé qui peut faire hésiter des personnes déjà bien occupées !

Le groupe Alpha de la paroisse Saint Sulpice en train d'échanger
Le groupe Alpha de la paroisse Saint Sulpice en train d’échanger

Appelons « animateurs » tous les membres de l’équipe qui accueillent, chacun avec son rôle particulier. Les uns se chargent de préparer la salle, d’autres le repas « convivial » (avec libre participation aux frais). À d’autres est confié le soin de faire le petit exposé du jour, celui qui précède les échanges par petits groupes. Enfin il y a ceux qui vont animer ces échanges, le « plat de résistance » de la soirée. N’oublions pas non plus, ceux de l’équipe, dont le rôle consiste à se tenir en prière devant le Saint-Sacrement pendant tout le temps de la soirée.

Le point faible de la méthode

Une question fréquemment posée aux « animateurs »’ par les gens de l’extérieur : « Et vous avez du monde à ces soirées ? À la dernière rencontre, combien d’invités sont venus ? »

C’est un souci, il est vrai. À l’avance on ne sait pas combien ils seront. On fait connaître l’existence du « Parcours », au sein de la paroisse et à l’extérieur, du mieux qu’on le peut, mais on s’interdit rigoureusement de « relancer » les « invités » s’ils ne reviennent pas après l’une ou l’autre soirée. Tous ceux qui se hasardent à venir, un soir, doivent constater qu’ils sont entièrement libres, ils peuvent abandonner à tout moment.
Qu’arrive-t-il dans les faits ? Cela varie beaucoup. Parfois il faut renoncer. Au départ il y avait beaucoup de monde, puis les « animateurs » se sont découragés parce que les « invités » étaient trop peu nombreux !

Le repas, un moment important de toute rencontre Alpha
Le repas, un moment important de toute rencontre Alpha

À la paroisse Saint-Dominique, de Paris, on a connu aussi ce phénomène d’érosion. Au début, en 2004, on organisait deux « Parcours » dans l’année. On comptait jusqu’à 25 « invités » à certaines soirées de la 1re session. En 2008 il n’y a plus qu’une session par an et la moyenne des participants s’établit autour de 10, parfois moins ! Cela dit, on a la surprise de voir revenir à une session ultérieure des « invités » qui s’étaient arrêtés au cours d’une session. Autre lot de consolation : le « Parcours » vient de se lancer dans une paroisse voisine avec laquelle on est en lien et il est très fréquenté.

Essai de bilan

Il apparaît, qu’au fil du temps, ceux qui ont d’abord suivi le « Parcours » comme « invités » deviennent parfois « animateurs » à leur tour. On pourrait dire que c’est déjà un premier fruit. En outre, il se crée entre les « animateurs » et les « invités » des liens très forts. C’est ainsi qu’on en retrouve certains dans la « Fraternité Alpha » : des soirées paroissiales où l’on médite la Parole de Dieu après un repas amical.
Du reste, à la fin de chaque session, on invite très largement les membres des diverses associations de la paroisse. Après le temps fort du « Parcours Alpha » certains décident alors de s’engager au service des autres d’une autre manière.

Frère Bernard MÉHA
(paru dans Présence Mariste N°259, avril 2009)