Être Frère mariste aujourd’hui à Madagascar

Un frère malgache donne son témoignage à propos de sa vocation

[vert olive]Genèse de ma vocation[/vert olive]

Frère Michel, lors de la célébration du 6 juin à Betroka, avec 2 confrères
Frère Michel, lors de la célébration du 6 juin à Betroka, avec 2 confrères

[bleu]Issu d’une famille chrétienne, je viens d’une famille de cinq enfants dont deux garçons et trois filles. Soucieux de notre éducation, nos parents nous ont tous inscrits dans des écoles catholiques. Mes sœurs fréquentaient l’école des sœurs tandis que mes frères et moi avons fréquenté l’école des frères maristes. Ma mère enseignait dans une école mariste où j’ai appris à connaître le Père Champagnat et les frères maristes. L’esprit de famille, le sens du travail, l’amour de la prière et surtout la dévotion mariale font partie des valeurs maristes que ma mère nous apprenait à vivre à la maison. Durant toute ma scolarité, j’ai toujours été en contact avec les frères. En posant un regard rétrospectif sur mon cheminement, je crois que ce contact étroit avec le monde mariste a fait naître en moi l’envie et le désir de devenir frère mariste. Être religieux enseignant a toujours fait partie de mes rêves. Cela fait maintenant plusieurs années que je suis frère mariste. [/bleu]

[vert olive]Être auprès des enfants pauvres.[/vert olive]

Répondre aux besoins des jeunes pauvres à la suite de Marcellin Champagnat
Répondre aux besoins des jeunes pauvres à la suite de Marcellin Champagnat

[bleu]Dans le contexte malgache, je crois que la pertinence de la vocation du frère demeure actuelle de par sa nature mais aussi à cause de nombreux besoins et des réalités quotidiennes de la vie des gens. Parmi les jeunes et les enfants que nous accueillons dans nos écoles, certains sont pauvres et cette pauvreté se présente sous différentes facettes : familles brisées, parents alcooliques, familles monoparentales, pauvreté matérielle, parents divorcés, etc. Ces jeunes ont besoin d’éducateurs qui les écoutent et qui leur viennent en aide. Un frère mariste devrait être un éducateur capable de les aimer : les encourager mais aussi les interpeller en cas de besoin. Dans un milieu où la mondialisation influence la mentalité des jeunes, surtout celle des adolescents, nombreux sont ceux qui se sentent complètement désorientés. Ces jeunes, je les vois comme les « Montagne » [1] d’aujourd’hui. L’on constate une certaine pénurie d’adultes qui soient des vrais « modèles » sur le plan humain et spirituel. Le frère mariste pourrait alors devenir un guide, un modèle pour le jeune malgache qui veut donner un sens à sa vie.[/bleu]

Frère Michel (debout) à gauche, avec des élèves du lycée Saint-Joseph d'Antsirabé
Frère Michel (debout) à gauche, avec des élèves du lycée Saint-Joseph d’Antsirabé

[bleu]À Madagascar, l’école catholique se présente à la fois comme le lieu par excellence d’évangélisation et d’éducation. Je considère cela comme une belle opportunité car c’est un lieu où je suis en contact permanent avec les jeunes. Je peux les rejoindre assez facilement dans un espace où les rencontres sont régulières et fréquentes.[/bleu]

[bleu]Je me sens un Champagnat d’aujourd’hui à travers mon témoignage de vie dans un milieu de plus en plus marqué par la mondialisation, l’appât du gain, l’égoïsme et parfois la misère de ceux que je côtoie. Les « Montagne » malgaches se présentent sous différents visages et formes ; ces jeunes ont besoin de frères pour leur tendre la main. Et ce, afin qu’ils aient la chance d’espérer à un avenir meilleur et qu’à leur tour, ils puissent tendre la main à d’autres jeunes qui sont dans le besoin.[/bleu]

[bleu] Frère Maminiaina Michel RAZAFIMANDIMBY
Paru dans Présence mariste N° 268 Juillet 2011[/bleu]

[1Allusion au jeune Jean-Baptiste Montagne que Marcellin Champagnat a préparé à mourir, le 28 octobre 1916. Cet événement fit prendre conscience à Marcellin de l’urgence de venir en aide aux jeunes sans éducation.

Vos témoignages

  • Mission scientifique au Sud de Madagascar 7 mai 2012 12:44, par Roult Geneviève

    Scientifiques de l’Institut de Physique du Globe de Paris (http://www.ipgp.fr) , nous souhaitons installer une station sismologique sur un site protégé près de Betroka, en septembre 2012. Ce projet participe à une coopération avec l’Université de Tanararive. Je suis à la recherche d’un correspondant du Collège St Vincent de Paul à Betroka, ou de toute autre institution (écoles, missions ) aux alentours de Betroka et également des villages situés entre Betroka et Taolagnaro, car nous avons 5 stations à installer entre Ihosy et Taolagnaro. Je vous remercie à l’avance de votre aide dans cette recherche.