Frère Gérard CUINET

"Frère Mariste, je le suis par grâce ou par chance. Un jour, j’ai choisi un chemin de vie particulier au sein d’une communauté. (« Présence Mariste » n°243, avril 2005)

Frère Mariste, je le suis par grâce ou par chance. Un jour, j’ai choisi un chemin de vie particulier au sein d’une communauté. Je continue de croire qu’il est toujours une réponse donnée à un premier « oui » à un engagement dans la vie religieuse. J’ai trouvé là un chemin réel et réaliste de sainteté. Je persiste à penser que la rencontre de Dieu est première pour donner sens à une existence et s’engager sur un chemin de sainteté à la suite du Christ.

Pour ma part, je le vis par le service à rendre auprès des confrères de la Province comme Secrétaire Provincial et par la présence auprès des jeunes lycéens que j’ai plaisir à côtoyer au lycée N. D. de Bel Air à TARARE, en terminale S, sciences physiques.

C’est la fraternité qui est première à vivre et à construire.
Chaque jour, un combat spirituel est à engager, car il faut
- nommer et décrypter ce qui se passe,
- éclairer les perspectives d’engagements et de présences, -percevoir des repères de discernement.
Je ne le fais pas seul, mais en communauté. Et pour les jeunes, la présence d’un frère mariste leur permet de ne pas être, eux aussi, seuls !

Deux pôles guident mon action et ma présence auprès des jeunes, comme professeur principal : éduquer à l’intériorité et éducation à l’engagement dans le monde.

Education à l’intériorité :

C’est l’écoute longue et désintéressée pour faire émerger les motivations, les aspirations, les appels, pour permettre une prise de décision réaliste, pour développer une ouverture aux autres. Marcher avec un jeune au jour le jour, c’est lui donner du temps pour relire sa pratique et pour entendre une parole qui le confirme dans sa recherche… c’est oser lui dire que son cheminement n’est pas étranger au vécu de nombreux témoins de l’Evangile, qu’il peut le vivre avec le Christ.

Education à l’engagement dans le monde :

L’expérience des jeunes est aussi la mienne : joie, peur, difficultés, blessures, remise en cause, …
C’est bon qu’ils le sachent. Mais ils doivent découvrir aussi que ma foi et mon espérance ne sont pas vaines. L’attachement au Christ me permet de manifester que la vie est plus forte que la mort, qu’il est possible de réussir pas forcément comme prévu initialement… Ça a marché et ça marche pour moi, frère, alors ça fonctionnera pour toi, jeune que je rencontre !

« Pour continuer à vivre, il faut toujours muer. » (Teilhard de Chardin)

Frère Gérard Cuinet

(Publié dans « Présence Mariste » n°243, avril 2005)