Notre belle-fille est africaine

Le mariage mixte : source d’incompréhension mais aussi d’enrichissement.

En 1992, notre fils Stéphane part au Bénin pour accomplir son service civil avec les « Volontaires du Progrès ».

C’est dans ce pays qu’il rencontre une Camerounaise employée chez une sœur aînée.

Marie Christine était la 5e d’une famille nombreuse, père instituteur dans l’enseignement libre, mère à la maison ou aux champs. Chose surprenante, la maman ne sait ni lire, ni écrire.

Lorsque notre fils nous a fait part de ses projets de mariage, dans un premier temps, nous lui avons suggéré de rentrer en France, de chercher du travail et un logement. Nos conseils furent vains. Ce fut certainement pour eux un rejet de notre part.

Le mariage civil fut célébré au Bénin. Nous sommes allés au mariage religieux au Cameroun. Ce fut un mélange de tradition, de toilettes, de fête avec beaucoup de monde invité malgré de faibles moyens. Nous avons eu mal lorsqu’après le repas, les gamins perchés sur les murs sont venus dévaster les maigres restes du buffet. Il ne restait pas une seule feuille de salade.

Célébration du mariage religieux au Cameroun
Célébration du mariage religieux au Cameroun

Le retour en France du jeune couple ne fut pas facile ; par exemple, la cohabitation pendant deux mois d’hiver où Marie Christine n’arrivait pas à se réchauffer ; ou encore l’impossibilité de mettre un enfant en route. Pour la culture africaine, c’est presque une tare. D’ailleurs, les parents de Marie Christine nous avaient exprimé leur honte. Grâce à des fécondations in vitro, ils ont eu trois enfants. Ils ont accueilli aussi, il y a 7 ans, une nièce et filleule africaine qui avait 11 ans. Ils la considèrent comme la fille aînée. Élevée assez durement, elle participe activement aux travaux de la maison mais aussi fait ses études et beaucoup de sport.

Aujourd’hui, notre belle fille est plus proche de sa famille dont certains parents (frères et sœurs) vivent en France.

Culture différente :
incompréhension, parfois, mais aussi source d’enrichissement.

Témoignage recueilli par Bernard FAURIE
(paru dans Présence Mariste N° 258, janvier 2009)