Marseille : Semaine sainte à St-Joseph, « Les Maristes »

Etablissement catholique de Marseille, nous avons essayé de vivre autrement notre Carême 97 et la Semaine Sainte. (« Présence Mariste » n°215, avril 1998)

Etablissement catholique de Marseille, nous avons essayé de vivre autrement notre Carême 97 et la Semaine Sainte.

Il est important de pouvoir mobiliser l’ensemble des acteurs d’un établissement.
En ce qui nous concerne, ce fut vrai pour les adultes et pour la majorité des jeunes du CM, du collège, du lycée et du BTS.

UNE DYNAMIQUE

Pour commencer, tout cela a mûri dans une rencontre pédagogique. Gilles Hervé Masson, dominicain, rappelle aux enseignants le sens du Carême et de la Semaine Sainte. Il s’agit de nous enrichir mutuellement par des échanges ; il faut pouvoir avancer pour mieux connaître notre foi en donnant toute son importance à la formation chrétienne ; enfin, il est important de garder sa place au temps de partage (bol de riz).

Les jeunes du lycée ont l’occasion de découvrir les visages de Jésus dans la littérature en rencontrant un diseur - Bernard Benacer - sur le thème :

  • « Et vous qui dites-vous que je suis ? »
    Les étudiants en BTS rencontrent le Père Gence, artiste peintre, sur la question :
    « L’art peut-il dire la vérité ? »

DES PROPOSITIONS

Enseignants et jeunes se sont mis au travail pour répondre aux questions de fond, pour réfléchir, réaliser quelque chose à partir de l’une ou l’autre matière d’enseignement. Créativité ouverte le plus totalement possible !

C’est la découverte, pour des 5e, de poèmes de Vigny, Paul Claudel, Patrice de la Tour du Pin. On ajoute aussi une réflexion sur le sens et l’origine des expressions françaises qui ont un lien avec la bible ou les religions.
En histoire, on va jusqu’à découvrir quelle est la vision du Jugement dernier, du salut, de la damnation dans la chrétienté médiévale.
On construit un mur de briques de lait (apportées par les élèves), briques qui seront données au Resto du cœur.
Les jeunes de 3e découvrent les Gospels avec le professeur d’anglais.
L’apprentissage du grec et du latin ouvrent sur l’histoire des persécutions chrétiennes et des catacombes.
L’histoire permet d’approfondir la vie de Maximilien Kolbe.
Même la biologie permet de réfléchir les questions d’alimentation et de parler du jeune.

En classe de 1re, on entre dans la "Chambre de la douleur" de Cadou et on parcourt la "Légende des siècles" de Hugo. On a aussi réalisé une peinture collective : le Calvaire de Gauguin.

Les jeunes de terminales réfléchissent sur un texte d’Elie Wiesel et sur la question des chiffres et des nombres dans la Bible.
Pendant les cours d’arts plastiques ils comparent deux œuvres en s’interrogeant : comment rendre visible le passage du terrestre au spirituel ?

Les étudiants du BTS ont reproduit la Piéta de Villeneuve-lès-Avignon, œuvre qui reste exposée dans les locaux de l’école. Beaucoup d’animation et de recherches durant la semaine sainte, sans compter avec l’ensemble des célébrations proposées pour ces jours saints.

UN TEMOIGNAGE

II faut enfin compter avec l’expérience des élèves de 1re, option arts plastiques. Chacun est affronté à l’œuvre du Gréco : "Le Christ sur la croix avec la Vierge, saint Jean et sainte Marie Madeleine". Voici, au nom de leurs camarades, ce qu’en ont pensé Amandine, Thierry et Livia.

« L’exaltation du sentiment religieux a été l’élément de base de nos recherches II fut donc intéressant de travailler un tel sujet qui est quelque peu inhabituel dans le contexte scolaire.
Cinq interprétations se sont succédé dans la réalisation d’une œuvre liée à la Semaine Sainte, c’est-à-dire : la recherche, le contact direct avec l’œuvre, l’analyse et l’échange avec les élèves de Terminale et l’exposition…

Après avoir terminé les travaux, une autre étape nous attendait bien plus enrichissante : l’affichage. Ce fut un moment très particulier, car nous pouvions échanger nos idées sur le même sujet, voir les tableaux des autres élèves…

Un autre point de vue fut important : celui du public, observant nos œuvres et les commentant. Il est toujours très enrichissant de connaître le sentiment du public sur une œuvre, de voir comment celle-ci est perçue, Le mélange final des œuvres de tous styles, modernes, contemporaines, classiques, établit un ensemble plutôt équilibré et pourquoi pas même hors du commun… »

Equipe pastorale St-Joseph Les Maristes.

(Publié dans « Présence Mariste » n°215, avril 1998)