Lagny et le pensionnat « St-Laurent » en 1960

Cité pétrie d’histoire, Lagny mérite plus qu’une simple visite de courtoisie - Au cours des dix dernières années, St-Laurent s’est, en effet, transformé à vue d’œil.

LAGNY ! Jeanne d’Arc suffirait à sa gloire : l’héroïne nationale a prié, bataillé, vécu ici. Michelet évoque dans son œuvre le miracle de Lagny : chacun aura plaisir à relire ces pages admirables.

Place-forte, autrefois et aujourd’hui ville-dortoir

Au Moyen Age, Lagny connaissait déjà la célébrité. Son marché au blé n’était-il pas l’un des premiers de l’Europe ? Mais si l’artisanat local et l’industrie gardent droit de cité, une bonne partie de la main-d’œuvre est employée ailleurs. Le « ventre de Paris » engouffre chaque matin des centaines de travailleurs qui ne rentrent à Lagny que pour fuir le bruit de la grand’ville.

Lagny, cité pétrie d’histoire …

Cité pétrie d’histoire, Lagny mérite plus qu’une simple visite de courtoisie ou qu’un coup d’œil distrait de voyageur pressé. Au cœur de la ville, autour de la fontaine médiévale, le « connaisseur » s’attarde volontiers dans la contemplation des vestiges du passé.

Le Pensionnat Saint-Laurent en 1960

L’Abbaye St-Furcy, le Musée municipal et surtout la vieille église et sa chapelle de N.-D. des Ardents attirent de plus en plus les pèlerins.

La plantureuse plaine de la Brie, où est situé Lagny, permet à cette cité de jouir à la fois des avantages de la ville et des agréments de la campagne.

En un seul après-midi ensoleillé, vous pourrez admirer tour à tour la cathédrale de Meaux, le jardin de Bossuet, la façade du superbe château de Champs où se profile encore l’ombre de Mme de Pompadour, et vous recueillir sur la tombe de Péguy ou rêver le long des berges de la Marne nonchalante.

La partie la plus ancienne du St-Laurent actuel, communément appelée " le Château «  était jadis la propriété de Mme Marie V. J. Auchard, nourrice attitrée du Roi de Rome qui, d’après la tradition, venait y passer ce que nous appelons aujourd’hui les week-ends…
Et l’on montre encore aux Visiteurs intéressés la fameuse » Chambre du Roi de Rome "

Fondé en 1854 le Pensionnat St-Laurent
vient de fêter son centenaire

C’est en 1854 que, répondant à l’appel de M. Oudry, curé-doyen de Lagny, un groupe de Frères de la Doctrine Chrétienne de Nancy (Institut aujourd’hui éteint), sous la conduite de Fr. Gonzague, gravissait pour la première fois la montée de St-Laurent.

En 1912, les Frères Maristes étaient appelés à relayer les Frères de la Doctrine Chrétienne et St-Laurent, enrichi d’un sang nouveau, allait retrouver une seconde jeunesse.
En 1954, des fêtes grandioses ont commémoré ce premier centenaire du Pensionnat qui compte aujourd’hui quelque 700 élèves, dont plus de 350 internes.

Les « Anciens » évoquent les figures de la « belle époque »

Les vrais Anciens, ceux d’avant 1914, se plaisent à évoquer les figures de la « belle époque »… du temps où le verger, transformé depuis en stade, suffisait aux ébats de 200 élèves.

« Cet heureux temps n’est plus.
Tout a changé de face,
Depuis que sur ses bord, les dieux ont envoyé
Les chers Frères Dubost, Elie, et France aîné… »
(à la manière de Racine)

Au cours des dix dernières années, St-Laurent s’est, en effet, transformé à vue d’œil. Erection de deux nouveaux corps de bâtiments installation de douches modernes, aménagement de la tribune de la chapelle, inauguration d’un laboratoire de chimie-physique, modernisation du matériel scolaire, toilette du parc, etc., font de Saint-Laurent une maison d’éducation véritablernent à la page.

Les Anciens et les Modernes

« Je vois les Anciens sans plier les genoux ;
Ils sont grands, il est vrai, mais hommes comme nous,
Et l’on peut comparer, sans crainte d’être injuste,
Le St-Laurent » 60 « au St-Laurent vétuste.
(à la manière (le Charles Perrault)

Heureuse et féconde émulation.. car les Anciens ne sont pas peu fiers de leur Alma Mater. Le Bureau de l’Amicale, M. le Président P. Rondel en tête, multiplie les généreuses initiatives. D’aucuns mettent volontiers au service de leurs jeunes successeurs le trésor de leur expérience et de leur cœur. » Aimons-nous, aidons-nous. « 
De fait, tous rivalisent à l’envi pour rendre St-Laurent encore plus prospère et nous leur adressons ici notre merci le plus chaleureux.

A l’ombre des Peupliers

Ces peupliers, droits et fiers, dressant dans le ciel de Paris leurs panaches verts » sont devenus le symbole de la noble ambition qui hante le cœur de la génération nouvelle. Les solides traditions de piété, de travail et de discipline se sont maintenues en dépit des ans, et, à l’instar du Bienheureux Champagnat, nous sommes en droit de dire, fixant la statue de la Vierge Marie : " C’est Elle qui a tout fait chez nous ".

DEPUIS 12 ans, le pourcentage des admis au B.E.P.C. s’est constamment maintenu entre 75 et 95 %. Les candidats au Baccalauréat, de leur côté, font honneur à St-Laurent et à l’Enseignement Libre : 80 % en 1958, 75 % en 1959 et… 90 % dans la promotion de 1960.

A St-Laurent, sport et travail s’accordent harmonieusement. Ainsi, la fête sportive du 26 mai, placée sous le signe de la Fête des Mères, connut un véritable succès, : mouvements d’ensemble, courses, et bien entendu le traditionnel match Anciens contre Actuels.

(Article non signé illustré de 5 phos, dont 4 petites consacrées au sport. Une grande photo, vue aérienne de l’ensemble St-Laurent. Dessin de l’écusson)

(Publié dans « Voyages et Missions » n°64, octobre 1960)