Ardèche : l’histoire des Frères de la Bégude

Un arbre aux nombreux fruits qui ont ensemencé le monde. (« Présence Mariste » n°230, janvier 2002)

Quelle communauté ou quel groupe de Frères ayant eu des attaches avec notre région ardéchoise n’a point évoqué souvent Labégude devenue à leurs yeux un lieu mythique ?

Histoire d’une greffe

Tout commence par la fondation des Frères de Viviers en 1803. M. l’abbé BOISSON était directeur d’un petit collège, une sorte d’école cléricale à THUEYTS, en Ardèche. M. VERNET, vicaire général, le persuada de fonder une Congrégation de Frères destinés à l’instruction chrétienne, qui par ailleurs périclita. De son côté, M. l’abbé RICHARD, chapelain à N.D. de BON SECOURS, reçut en 1810, M. BOYER de MONTREAL (Ardèche) qui devint le premier Frère de VIVIERS. Il fut bientôt rejoint par son neveu puis par M. DELTOUR, âgé de 50 ans, qui avait d’abord projeté de se rendre à l’abbaye d’Aiguebelle.

En 1817 M. BOISSON vint seconder M. RICHARD. Grâce à l’expérience du premier et au dynamisme du second, l’œuvre connut une prospérité certaine mais passagère . En 1830 il ne restait guère plus que la Maison Mère. En 1843, M. VERNET découragé passa la main au nouvel évêque de VIVIERS, Mgr GUILBERT qui, plutôt que de renvoyer tous ceux qui restaient, eut l’idée de les greffer aux Frères de Marcellin CHAMPAGNAT alors en pleine et verdoyante poussée.

Enracinement et expansion

Ils s’unirent donc le 4 avril 1844 en présence du R.F. FRANÇOIS et de Mgr GUILBERT, prenant le nom de "Frères de Marie de l’Instruction Chrétienne".

Cette même année ils prirent possession de la maison de LABEGUDE D’ARDECHE. Elle fut d’abord un centre de formation avec noviciat, internat et école. Devenue trop petite, elle fut remplacée en 1878 par la grande bâtisse de l’Immaculée Conception d’AUBENAS, distante de trois kilomètres.
A la suite des lois anticongréganistes d’Emile COMBES, les religieux interdits d’enseignement abandonnèrent leurs écoles, se sécularisèrent ou partirent ensemencer le monde de la Bonne Nouvelle de l’Evangile.
La commune de LABEGUDE devint propriétaire du bâtiment restauré et de la propriété après deux séances de ventes aux enchères, la dernière datant du 25 juin 1905. La maison vendue 75.000 F fut aménagée en école communale.

Souvenir et reconnaissance

Les Frères maristes décédés, au nombre de 135, souvent victimes de la tuberculose, avaient été enterrés sur place, dans leur cimetière, tout en haut de la propriété. Les années avaient réduit ce lieu totalement à l’abandon…

Le 27 septembre 1979, la municipalité, décida la remise en état de ce cimetière devenu communal. Frère Léonce Fabregoule eut l’idée de rencontrer le Maire de LABEGUDE, M. Richard, pour qu’il nous soit concédé un espace assez grand afin de l’aménager convenablement. Une stèle de granit y a été placée le 7 mars 2001. Taillée et gravée par un artiste de la région d’UZER, Augusto, elle porte le texte suivant :
« A la mémoire des 135 Frères Maristes inhumés dans ce cimetière de 1847 à 1900. Tout à Jésus par Marie, tout à Marie pour Jésus »
St M. CHAMPAGNAT.

Ce cimetière porte officiellement le nom de « Cimetière des Frères Maristes ». Si vous avez l’occasion de passer dans les parages, ne soyez pas étonnés de voir plusieurs panneaux indicateurs sur le bord de la route. Ils vous indiquent avec précision l’endroit où reposent les nombreux Frères qui nous ont précédés.

Fr Maurice BOUCHET

(Publié dans « Présence Mariste » n°230, janvier 2002)