Quand les parvis deviennent fraternels

Un lieu de rencontre fraternelle en pleine ville

À deux pas de la gare de Lille, au cœur de la zone piétonne, s’élève l’église Saint-Maurice. C’est là que depuis fin 2001, un nouveau projet d’animation pastoral est né.

En réponse au synode des jeunes

Il est urgent d’aider les jeunes à « trouver leur place, à prendre des responsabilités », annonçait le document final du synode. Et pour cela, poursuivait-il, il est nécessaire de « déployer une liturgie plus signifiante et de développer une communauté chrétienne intergénérationnelle » [1]. Le nouveau projet confié à cette église du centre ville lillois était donc une réponse directe à ces intuitions.
En septembre 2001, Mgr Gérard Defois, évêque de Lille, confiait donc l’animation du lieu à une équipe de jeunes adultes, lui demandant d’en faire un lieu nouveau d’expression et de célébration de la foi. Avec une attention particulière aux plus jeunes et aux plus pauvres, mais aussi dans un vrai souci d’accueil de toutes les générations.

Multiplier les lieux de rencontre de l’humain

Chaque année depuis lors, cette petite équipe de « missionnés », composée de laïcs en familles ou célibataires, et de prêtres diocésains et de religieux (ses), est renouvelée au service de ce projet nouveau. Avec tous ceux qui les rejoignent pour célébrer ou travailler ensemble, ils cherchent à être attentifs à ce qui est essentiel pour fonder une communauté chrétienne vivante. "En coude à coude" avec d’autres qui ne partagent pas toujours notre foi, nous voulons engager notre vie pour construire une société plus humaine et plus fraternelle. Nous voulons multiplier les lieux de rencontre de l’humain.", explique ainsi la Charte rédigée depuis lors et qui résume le cœur du projet.
Ce sens de « l’humain », c’est la pensée de Madeleine Delbrêl qui a permis de le redécouvrir. Des équipes de relecture de vie ont même été lancées, s’inspirant du parcours de cette femme si sensible au monde de son temps. Une spiritualité simple et ouverte qui rejoint bien le souci d’incarnation de la vie diocésaine.

Prendre le temps

"Avant de « faire » des choses dans et pour l’Église, nous voulons être les amis des frères et des sœurs que Dieu nous donne. Être posés à un carrefour de vie, prêts à aimer qui passe et à travers lui tout ce qui, dans le monde, est souffrant, perdu ou enténébré".
Une pastorale de la présence et de l’engendrement qui s’exprime notamment dans la manière de célébrer. Des liturgies qui prennent le temps de la rencontre avec le Christ, en osant déployer la célébration et son espace. Avec, au centre, la Parole de Dieu, pour inviter chacun à oser « prendre » la parole à son tour. Avec aussi le silence, comme un geste liturgique nécessaire, par exemple après la proclamation de l’Évangile et après la communion. Et une vraie place pour les enfants, les familles, les gens de la rue, les jeunes et les aînés.
"Nous croyons que la mission nous invite et nous conduit sur le terrain de l’autre : qu’« il n’y a pas de mission sans départ, pas de mission sans franchir la frontière chrétienne d’où nous sommes." [2] , souligne encore la Charte. Espace de la liturgie, accueil dans l’église, visite des plus pauvres, dialogue avec le monde de la culture, communautés amicales… Autant d’expériences où la « fraternité des Parvis » vient fonder son engagement et se nourrir de la Rencontre. Six lieux dans le diocèse et les environs s’y reconnaissent désormais.

Virginie
(paru dans Présence Mariste, N° 259, avril 2009)

[1D’après « Inventons l’avenir » Synode des jeunes, printemps 2002

[2Madeleine Delbrêl, dans « Missionnaires sans bateau »