Et ce fut l’Assemblée Internationale de la Mission Mariste

Témoignage d’une participante à Nairobi

PM 284 logo Ensemble nous nous sommes rendu compte que « partir en hâte vers une terre nouvelle » est possible et que cela se concrétise dans la vie des Maristes de Champagnat. (Publié dans Présence Mariste n°284, juillet 2015)

J’ai participé à l’Assemblée Internationale de la Mission Mariste (AIMM) comme invitée, en représentation de ma communauté de N. D. de l’Hermitage. Je l’ai accueilli comme une invitation du Seigneur à découvrir son œuvre dans le monde mariste. J’en suis revenue avec l’engagement de faire connaître aux Frères et aux laïcs de l’Institut ce que nous vivons dans la mission mariste à l’Hermitage, comme communauté mixte et internationale.

Comment as-tu vécu cette assemblée, quels ont été les moments forts pour toi ?

Martha Eugenia Martinez Mendoza, membre de la communauté internationale mixte de ND de l'Hermitage
Martha Eugenia Martinez Mendoza, membre de la communauté internationale mixte de ND de l’Hermitage

Un des moments forts que j’ai vécus est l’esprit de communion ; ensemble nous avons eu la certitude que nous partagions tous les mêmes recherches, les mêmes rêves. Pendant ces jours, j’ai découvert que nous sommes des prophètes les uns envers les autres ; l’annonce mutuelle du Royaume a été claire ; ensemble nous nous sommes rendu compte que partir en hâte vers une terre nouvelle est possible et que cela se concrétise dans la vie des Maristes de Champagnat.

Un autre élément fort tout au long de l’Assemblée a été la vie de communauté internationale et mixte. Dans ma communauté étaient représentés au moins 10 pays. Ce fut un grand cadeau : partager, prier, rire ensemble. Réflexions, commentaires et défis m’ont fait comprendre que nous avons vibré réellement d’un même cœur et d’un même esprit. Tous les participants à l’Assemblée ont été pour moi une présence significative, nécessaire, un don à découvrir. En écoutant leurs témoignages, j’ai pris conscience que Dieu agit à travers nos œuvres maristes dans chaque coin du monde où sommes présents.

Tes convictions sont-elles plus fortes sur la mission aujourd’hui ?

"Guidés par Marie nous avons écouté dans notre cœur l’invitation à continuer à répondre aux appels de Dieu."
J’ai eu la possibilité d’échanger des expériences avec quelques laïques : avec Lucy de Chine, qui accompagne un groupe d’enfants ayant raté leur scolarité ; avec Silvia de Bolivie, qui lutte pour la défense des droits des enfants travaillant dans les mines, et avec Grace, directrice d’une école primaire au Rwanda, qui accompagne et soutient l’œuvre mariste, souvent dans des conditions difficiles. Ce que font les Maristes dans différentes parties du monde m’aide à réaliser que l’esprit de Marcellin est réellement vivant et à comprendre qu’en incarnant les traits de Marie nous transforme en Bonne Nouvelle pour les autres.

Quelques participants à l'Assemblée de Nairobi
Quelques participants à l’Assemblée de Nairobi

Une fois de plus, comme il y a 197 ans, le feu qui embrasait le cœur de Marcellin continue de brûler dans tous les "Palais " d’autres endroits du monde. Comme nous l’a dit le Frère Emili, nous sommes invités à "quitter notre zone de confort et à nous rendre dans un lieu magique où tout peut devenir possible."

Je pense que notre manière d’exercer la mission comporte des défis très concrets :

  • montrer le visage d’un Dieu « tout amour et tendresse » ;
  • témoigner du visage réel de la fraternité : "voyez comme ils s’aiment"  ;
  • dévoiler le visage de l’Évangile : regardez, "ils ont une manière de vivre et d’être tellement simples !", autrement dit, montrer le visage marial de l’Église.

Être créatifs et simples dans la recherche de notre vocation en tant que laïcs : voilà ce que j’ai reçu comme défi. Pour moi, c’est une interpellation à créer de nouveaux chemins maristes en tant que laïcs, à ne pas dépendre excessivement des Frères.

Est-ce que cela a changé ton regard sur la mission mariste aujourd’hui ?

Lors de l'accueil de l'AIMM : la fête du Karibu
Lors de l’accueil de l’AIMM : la fête du Karibu

Ma manière de voir et de vivre la mission après Nairobi a certainement changé ; je sais maintenant que « la mission se trouve là où nous sommes envoyés » (EV 25).

Retourner mon cœur, cela m’est arrivé pendant l’Assemblée. La présence des jeunes nous parle des changements qui surviennent ; leur témoignage renouvelle l’enthousiasme pour ma vocation. Je crois aux jeunes d’aujourd’hui ; je crois à la conversion continuelle du regard, de la perspective, devant les enfants et les jeunes ; je sens un fort appel à changer ma manière d’être présente, de les écouter, de partir à leur rencontre.

L’expérience de communauté que je vis à l’Hermitage est sans doute une réponse à l’appel à quitter ma zone de confort ; cela implique non seulement de sortir de nous-même, mais d’aller à la découverte de l’autre qui est différent de moi. Forte de mon expérience, je puis dire qu’une vie partagée est possible quand nous mettons de côté la crainte de la diversité.

Sans vie intérieure il n’y a pas de mission. Marie est notre école d’intériorité, c’est là que naît la disponibilité pour la mission ; c’est dans les rencontres avec moi-même et avec Dieu que je découvre que je suis envoyée. Les espaces donnés au silence pendant l’Assemblée nous ont permis de sortir de nos idées et d’entrer dans les pensées de Dieu, de nous mettre à son écoute.

Et est-ce que cela ouvre l’une ou l’autre perspective nouvelle pour la mission ?

Grande richesse de notre internationalité
Grande richesse de notre internationalité

Il faut faire confiance aux jeunes et créer des espaces où ils puissent continuer de croire à l’Évangile, leur donner la possibilité de l’incarner. Je pense que le moment est venu de faire confiance à leur capacité de nous annoncer le Royaume. Ce fut un « rappel magique » lors de leurs interventions dans l’Assemblée. Notre mission a un avenir, là où il y a un enfant, là où il y a un jeune.

Lorsque, dans l’Assemblée, nous avons abordé la mystique, j’ai perçu chez tous un vif désir d’une vie intérieure, de rencontrer le Christ, au-delà des activités ordinaires, des responsabilités, des horaires, de l’école. Il est évident que je dois faire en sorte que Jésus soit le centre de ma vie ; c’est lui qui doit inspirer mon action ; c’est la manière de refléter le visage de Dieu.

Retrouver le sens de l’Église missionnaire ; partir vers la périphérie et aller là où les autres ne veulent pas aller : ce sont des voix qui résonnent fortement dans mon intérieur. Puisse Dieu nous accorder un cœur solidaire et rempli de tendresse, accordé aux temps d’aujourd’hui, à la manière de Marie, comme le voulait Marcellin.

Martha Eugenia Martínez Mendoza
(Publié dans « Présence Mariste » n°284, juillet 2015)