La communion, porteuse de vie

F. Javier Espinosa est actuellement le responsable du Bureau des Laïcs à Rome pour la Congrégation des Frères Maristes (« Présence Mariste » n°275, avril 2013)

F. Javier Espinosa est actuellement le responsable du Bureau des Laïcs à Rome pour la Congrégation des Frères Maristes.

Plus que des idées, j’exprime ce qui me vient du cœur. Un mélange d’expériences, de sentiments et d’intuitions. C’est mon simple témoignage en tant que Frère. Comme religieux Frère, je constate que petit à petit j’ai abandonné des traits que je croyais miens à un moment donné. Ce détachement est pour moi un indice de profonde communion avec les laïcs qui vivent aussi le prophétisme de la radicalité dans leurs tâches quotidiennes.

Plus que des idées, j’exprime ce qui me vient du cœur. Un mélange d’expériences, de sentiments et d’intuitions. C’est mon simple témoignage en tant que Frère. Comme religieux Frère, je constate que petit à petit j’ai abandonné des traits que je croyais miens à un moment donné. Ce détachement est pour moi un indice de profonde communion avec les Laïcs qui vivent aussi le prophétisme de la radicalité dans leurs tâches quotidiennes.

Tous appelés à la sainteté

Je vois que mes racines de Frère ont un sol commun avec les racines du laïc. Ce sol commun nous soutient l’un et l’autre. L’unique mission de l’Église est partagée par tous. Tous avec la même dignité, que seul donne le baptême. Tous appelés également à la sainteté. Tous acteurs, ordonnés les uns aux autres, sans que cela suppose des « places d’honneur » pour qui que ce soit. Réciproquement nous devenons des signes les uns pour les autres.

C’est dans le charisme mariste que je me sens également en communion avec les Laïcs. Je partage avec eux le même don de Dieu, bien que vécu à partir d’un projet de vie spécifique. Je suis uni à eux par une vocation mariste commune. Eux et moi, acceptons cette vocation mariste comme un style de vie qui pénètre toute notre existence. Identité mariste commune qui s’enracine dans le même Évangile, qui est suite de Jésus, sur les traces de Champagnat.

Dieu continue de nous aimer tout en nous « rêvant » différent. - JPEG - 29.7 ko
Dieu continue de nous aimer tout en nous « rêvant » différent.

Vers une nouvelle manière d’être Frère

Petit à petit, est né en moi la conviction que la nouvelle relation entre Frères et Laïcs favorisera l’éclosion d’une vie consacrée nouvelle qui encouragera une nouvelle manière d’être Frère.

Le fait de nouer un dialogue d’amitié entre égaux, avec des Laïcs qui partagent le charisme, implique pour moi la disposition à modifier certaines manières de vivre, d’entrer en rapport avec les autres, de penser, de prier, d’agir.

À partir de ce chemin de communion, je me sens poussé à la recherche d’un nouveau visage du charisme dans des formes nouvelles qui englobent Frères et Laïcs, dans de nouveaux styles d’être Frère ou Laïc mariste. De ce fait, j’envisage aussi l’avenir d’une vie mariste plus humble, une vie mariste qui rayonne par la qualité spirituelle et humaine, plutôt que par la splendeur de ses établissements. Une vie mariste plus centrée en Dieu. Une vie mariste qui interpelle par la beauté de ses visages compatissants, plus que par ses grandes entreprises.

Sur ce chemin, j'entrevois le sourire de Dieu… - JPEG - 44.4 ko
Sur ce chemin, j’entrevois le sourire de Dieu…

Chercher ensemble de nouvelles réponses

Je suis enchanté par la phrase du XXIe Chapitre Général : « Nous envisageons notre avenir mariste comme une communion de personnes dans le charisme de Champagnat, où nos vocations respectives s’enrichissent mutuellement. » Tous, Frères et Laïcs, avons à poursuivre le récit qui prend naissance dans l’itinéraire évangélique de Champagnat. La recherche de nouvelles réponses ne peut venir des seuls Laïcs, mais elle aboutira difficilement s’ils restent à l’écart.

Actuellement, je vis cette démarche mariste de communion avec grande espérance, même si je sens que cela est exigeant et engageant. Je tente d’harmoniser tension du changement et recherche d’une plus grande vitalité. Sur ce chemin, j’entrevois le sourire de Dieu. Je sens qu’Il continue de nous aimer, Frères et Laïcs, tout en nous « rêvant » différents.

F. Javier ESPINOSA
(Publié dans « Présence Mariste » n°275, avril 2013)