Germain RONZON : un Mariste ordinaire ?

Germain nous a quittés depuis quelques mois : les étapes de sa vie, les lieux de ses engagements.

Germain nous a quittés depuis quelques mois, le 17 mai dernier. Lors de ses obsèques, à Notre Dame de l’Hermitage, Saint-Chamond (42), nous avons rappelé les étapes de sa vie, les lieux de ses engagements, et chercher des mots justes pour tenter de tracer de lui un portrait fidèle.

Au service de la vie

Ainsi a-t-on évoqué Germain lorsqu’il était éducateur à Saint Chamond puis à Lyon, puis aumônier d’hôpital et puis ses passages à La Neylière et à Mar Vivo, comme responsable de communauté, sa proximité avec le Mouvement Eucharistique des Jeunes, avec les fraternités laïques maristes avant son séjour durant de longues et heureuses années, au milieu des Frères à l’Hermitage.

Bien sûr, ces noms, ces faits rappelleront à l’un ou l’autre la rencontre qu’ils ont pu avoir avec lui. Mais finalement une telle notice nous laisse toujours à l’extérieur, au seuil d’une vie. Car chacun de nous garde son mystère, que ni les postes, ni les fonctions, ni les anecdotes n’arrivent à dévoiler. Pas plus qu’ils ne révèlent le travail intérieur que le Christ a pu faire en lui et par lui.

Mariste dans tout son être

À quelles sources a-t-il puisé cette longue fidélité religieuse, quelle force fut la sienne, quels obstacles et épreuves a-t-il dû affronter ?

Cette simplicité d’abord, faite de sourire et de proximité, et qu’on aime qualifier de « mariste » d’où lui venait-elle ? De sa famille ? D’une vraie compréhension de son attachement à Marie dont il ne se contentait pas de « porter le nom » mais dont il se voulait vraiment le fils, et du même coup le frère de toutes celles et ceux qui se disaient maristes. Est–ce pour cela qu’il était aussi à l’aise avec les Frères qu’avec les laïcs maristes, qu’avec ses confrères ?

Oui, Germain nous a quittés et aucun article, aucune évocation ne diront jamais exactement le secret de son existence. Reste à ceux et celles qui lui sont reconnaissants de rendre grâce pour son passage parmi nous, pour ce qu’il a été pour eux. À eux, à chacun de nous de réfléchir maintenant à la fécondité d’une vie donnée, qui ne se mesure pas à la surface sociale, aux talents personnels ou à l’importance des responsabilités exercées, mais plutôt à la transparence de la grâce.

Fécondité d’une vie

Dans quelques années, dans quelques mois peut-être, les traits de son visage deviendront plus flous, et nous serons moins sûrs de ce que nous dirons à son sujet. Et pourtant, telle parole entendue de sa part continuera de porter du fruit dans le cœur de quelqu’un que nous ne connaissons pas. Telle rencontre aura été décisive pour tel autre qui en vit encore. Tel sourire aura fait germer l’espérance dans le cœur d’un frère, d’une sœur, dont on n’attendait plus rien.

Ainsi en est-il de chacune de nos vies. Impossible à contenir dans des mots, dans des dates. Car nous vivons sous le régime de la grâce. Et la grâce déborde nos pauvres expériences.

Merci Germain de nous laisser le témoignage de ta vie.

Père François DROUILLY (S. M.)

"Nous retiendrons tout particulièrement une parole que tu nous as dite à maintes reprises, qui était ta signature :
« Soyez heureux et rendez les autres heureux. »

c’était tout toi ! "

(Christiane et Philippe PATUREL)

(Publié dans « Présence Mariste » n°254, janvier 2008)