Frère Émile, centenaire

Le 17 octobre dernier, les Frères de la maison du Montet et des environs ont eu la joie de célébrer leur centenaire, le F. Émile HELVIC. Quelques semaines plus tard, F. Émile les rassemble de nouveau pour célébrer son retour au Père dans sa 101e année. (Présence Mariste, N° 271, avril 2012)

Quoique prétendent certaines prévisions optimistes de chercheurs, parvenir au cap ultime des 100 ans reste un exploit rare, exceptionnel comme le proclame l’Évangile : « Nul ne peut ajouter un jour à sa vie si Dieu ne le lui donne ». En quelque 60 ans de vie mariste, je n’ai connu que deux centenaires : F. COLMER, en 1976 et F. Constant ARANDEL en 2001. F. Émile, solide Lorrain né Allemand en 1911, était de cette trempe. Même s’il n’en imposait pas par sa carrure, il brillait par son intelligence, sa vivacité et pétillait d’humour, de réparties à l’emporte-pièce et de bons mots capables de dérider les plus grincheux.

F. Emile, paisiblement assis dans son fauteuil
F. Emile, paisiblement assis dans son fauteuil

Son long parcours mariste l’a conduit d’abord en Belgique à cause de la sécularisation en France (Pommeroeul, Arlon, Péruwelz), puis dans le Nord (Halluin, Beaucamps) ; ensuite un long détour en Ardèche (Le Cheylard, Aubenas) pour revenir en Moselle (Aulnois-sur-Seille) et finir dans le Rhône (Cours-la-Ville, Tarare) avant de rejoindre la maison de retraite de St-Genis-Laval, après un crochet par St-Paul-Trois-Châteaux.
Deux témoins qui ont œuvré avec lui en des périodes bien distinctes nous donnent un aperçu éloquent sur la personnalité du F. Émile.

F. René CELLIER, au Cheylard

F. Émile HELVIC a rejoint le Cheylard à la rentrée 1971. Dans le contexte de crise que nous connaissions alors, son arrivée a été providentielle. Par son écoute, sa sérénité, son humour, il a su redonner confiance à la communauté des Frères, et à l’ensemble de la Communauté éducative. Il a exercé sa responsabilité de manière collégiale, en consultant les Frères et en les associant aux prises de décisions.
Dans les moments de doute, il trouvait toujours le mot pour redonner confiance : « Allez, petit ! » Avec humour, il savait jouer de notre accent du midi. En 1973, F. Émile quittait Le Cheylard pour prendre la direction du juvénat St-Louis à Aubenas.

F. Lucien BROSSE, à Tarare

Il y a une trentaine d’années, F. Émile avait franchi déjà les soixante-dix ans et allait quitter Cours-la-Ville d’où la communauté des Frères se retirait. Je me proposais, en tant que chef d’établissement voisin, d’accueillir ce vigoureux retraité au Collège Saint-André : « Trouve-moi du travail, et je viens tout de suite ! ». Et c’est ce qui arriva. Avec son humour habituel et sa grande capacité d’adaptation, il s’est intégré rapidement dans le corps professoral qui apprécia vite son efficacité et sa disponibilité pour préparer les documents ou pour multiplier les polycopies.

Entouré de ses confrères et du Frère Provincial, F. Emile reçoit la médaille de la ville de Saint-Genis-Laval
Entouré de ses confrères et du Frère Provincial, F. Emile reçoit la médaille de la ville de Saint-Genis-Laval


F. Émile ne tarda pas à rejoindre aussi l’équipe des intervenants bénévoles pour animer les groupes de catéchèse. On pouvait craindre que le décalage des années entre un septuagénaire et des collégiens ne soit un handicap. Appréhension vite dissipée. Il n’hésitait pas à raconter quelque bonne histoire drôle qui permettait de « mettre l’auditoire dans sa poche ».
Pour finir, on peut reprendre la bénédiction biblique que le F. Emili TURÚ, Supérieur général, lui envoyait de Rome au jour précis de son 100e Anniversaire :

"Émile, que le Seigneur te bénisse et te garde !
"Que le Seigneur fasse rayonner sur toi son visage
et t’accorde sa grâce !
« Que le Seigneur porte sur toi son regard
et te donne la paix ! »

F. Paul BOYAT
(Publié dans Présence Mariste N° 271, avril 2012)