Frère Constant Arandel (1901 - 2001)

Fr. Constant devient Frère Mariste en 1923. Il est enseignant en Grèce pendant presque 20 ans, puis en France. (« Présence Mariste » n°230, janvier 2002)

Frère Constant est un petit Savoyard né à Jarzy, canton de Chambéry, le 21 septembre 1901 . Son père Maurice est cultivateur et tisserand, et sa mère élève ses 5 enfants, une fille et 4 garçons. Constant est le 3e ; Aimé, le dernier, sera Assomptionniste. Papa est chantre à l’église et maman a une grande dévotion à Notre Dame. Le petit Constant fréquente l’école de la localité où il se distingue déjà par son appétit de savoir.

Premiers pas maristes

A 12 ans, le Frère Albano, recruteur, lui propose de d’entrer au Juvénat de Grugliasco (Italie du Nord] pour y poursuivre ses études. De là, en 1917, il gagne San Maurizio où il devient Novice.
Il prononce ses premiers vœux le 8 septembre 1918. Il termine ses études en Italie et commence sa vie de professeur mariste à San Stephano, en Turquie, sur les bords de la mer de Marmara, où il enseigne le français pendant 5 ans. Il sera en communauté avec Frère Albert Pfleger, décédé à Varennes dans sa centième année, le 19 novembre 1999.
Dans leurs loisirs, pour améliorer l’ordinaire, ils pèchent à la grenade. Constant, bon nageur, va récupérer les poissons… un genre de pêche miraculeuse.

Frère Constant Arandel, entouré de sa famille, découpe le gâteau
du centenaire. Le dernier né de la famille, né en 2001,
lui prête son concours.

Il s’engage définitivement dans l’Institut des Frères maristes en 1923. Sa vie continue en Grèce pendant presque 20 années, au Lycée Léonin d’Athènes plusieurs fois, à Patras où il sera directeur. Il a enseigné le français à M. Stéphanopoulos, actuel Président de la République hellénique.

Retour en France

A 42 ans, comment le montagnard « orientasse » va-t-il s’adapter aux jeunes Français et aux Bretons du Finistère, réputés obstinés ? Pas de problème, que des solutions. A Trégunc de 1944 à 1947 et de 1955 à 1959 avec un intermède à Nantes comme Directeur. Une circulaire provinciale de l’époque précise : « Sait-on où commence et où finit le programme d’une école dirigée par Frère Constant ? »

Puis c’est le centre de la France qui l’accueille et particulier l’Allier et la montagne bourbonnaise : 9 ans à St Pourçain- sur- Sioule, 26 ans au Mayet de Montagne. Anglais, maths, techno sont ses spécialités. S’il prend sa retraite professionnelle à 71 ans, il n’en continue pas moins de faire du soutien scolaire et ce, jusqu’à 95 ans.

Maison de retraite

A cet âge, bien qu’il ne trouve aucun intérêt « à vivre avec les vieux », il rejoint la maison de retraite de Varennes. Il lit encore journaux et revues, consulte le dictionnaire, a à portée de main des manuels de math et d’anglais.
En 100 ans, Frère Constant n’est resté que 24 heures à l’hôpital pour radiographie, après une chute dans l’escalier. Pour expliquer sa longévité, il affirme : « Je salive beaucoup, je mange lentement car je n’ai plus de dents. Je bois de l’eau rougie de vin »
Voilà une vie bien remplie, car comme le dit le psaume 91 : « vieillissant, il fructifie encore ! »

Frère André VILLARD, d’après le mot adressé au centenaire
par Frère Louis Hochet le 21 septembre 2001

(Publié dans « Présence Mariste » n°230, janvier 2002)