Les Soeurs Maristes en Région parisienne

Une présence déjà longue et qui se poursuit. (« Présence Mariste » n°246, janvier 2006)

Sur le chemin des Sœurs maristes en Val d’Oise

La route fut longue et douloureuse pour les religieux de France forcés à l’exil par la loi 1905 de la séparation des Eglises et de l’Etat.
En 1922, les Sœurs maristes sont de retour. Arrivées à Paris, désorientées, à la recherche d’un lieu où se poser, proche de Paris, n’ayant plus qu’une seule maison dans la région lyonnaise, elles reçurent l’appui des Pères maristes et de laïcs. Ils prirent ensemble leur bâton de pèlerin… des épreuves inattendues, puis ce fut le coup de cœur pour trois propriétés acquises successivement à la lisière de la forêt de Montmorency : Massabielle, Maison Saint Joseph, à St Prix ; Le Rosaire à Saint Leu la Forêt.

Sur la colline de Saint-Prix

Le généralat et le noviciat qui s’étaient repliés en Belgique, et en Angleterre reprirent leur plein essor en France sur la colline de Saint Prix, dès l’achat de Massabielle en 1926. On agrandit, on construisit la chapelle, Dieu premier servi. Il le sera pendant trente ans jusqu’au transfert à Rome du généralat en 1956 et celui du noviciat à Sainte Foy les Lyon quatre ans plus tard.

Les Sœurs maristes furent alors attentives aux nouveaux signes des temps d’un monde en plein bouillonnement qui demandait des réponses appropriées d’accueil individuel et de groupes de jeunes et d’adultes où chacun pouvait y trouver son compte. La propriété de Massabielle, dans son cadre exceptionnel, se transforma en maison d’accueil. Au silence de la maison de formation succéda un accompagnement de vie pas toujours facile à gérer, mais combien enrichissant.

La communauté des sœurs maristes accomplit sa mission d’accueil et d’écoute dans une disponibilité de tous les instants. Cette deuxième tranche de la vie de Massabielle se déroula également sur une trentaine d’années.

Les « Equipes Notre-Dame » à Massabielle

Il fallut pendre acte que la situation de Massabielle demandait un nouveau souffle qui ne pouvait plus être donné par les Sœurs maristes. L’Esprit Saint fut mis à contribution dans leur étude et leur recherche d’acquéreur.
En septembre 1996, « les Equipes Notre Dame » prirent possession de ce patrimoine immobilier et spirituel pour que les membres de leur mouvement aient un lieu de ressourcement. Ils sont prioritaires dans le planning de l’hébergement, mais d’autres groupes et individuels sont accueillis. Les Sœurs maristes rendent grâce au Seigneur de ce choix, la Vierge Marie veille sur cette maison, et continue à en être l’animatrice.

L’école « Le Rosaire » et le « collège Notre Dame de Bury »

Face à Massabielle, la Maison St Joseph se lança dans l’ouverture de l’école le Rosaire avec internat, à la demande des familles.
Pour un meilleur accueil, en 1947 l’école se transporta sur une autre propriété achetée en raison de la proximité de la gare de Saint Leu la Forêt. Les Sœurs maristes dirigèrent cet établissement scolaire « Le Rosaire » et en gardèrent la tutelle jusqu’en 1990, date à laquelle les Pères maristes en prirent la responsabilité qu’ils ont encore à ce jour. Une communauté de Sœurs maristes vécut dans les locaux de l’école jusqu’en 1974.

Pour les enfants, en danger dans l’Est de la France

Dans le même temps, pendant la guerre de 1940, les pères maristes ouvrirent eux aussi un collège « Notre Dame de Bury » pour les enfants, en danger dans l’Est de la France. Ils ne pensèrent sûrement pas à cette époque que la lourde tâche de la tutelle mariste leur incomberait un jour pour maintenir le cap mariste avec les équipes d’adultes laïcs engagées sur les trois sites maristes scolaires (un total de 2 560 élèves) Le Rosaire, Bury et Bury Supérieur (BTS Etudes comptables/financières et Commerce International).

Avec la protection de Marie, le courage n’avait pas manqué à nos sœurs pendant les années noires de l’Exil. Ce même zèle et la collaboration étroite avec les Pères maristes donnèrent un dynamisme à toute épreuve à des générations de jeunes religieux(ses) et de jeunes scolaires et leur firent traverser les heures non moins difficiles de la guerre.

Les années ont passé…

Là-haut sur la colline, il ne reste plus qu’une communauté religieuse mariste, celle des sœurs, dans la Maison St Joseph, dont le nombre (11 actuellement) et le visage se modifient au fil des ans. Cette maison typée comme maison de sœurs aînées, apprend à vieillir ensemble, avec pour certaines, des infirmités et une vitalité diminuée ; les engagements professionnels et bénévoles des « vaillantes » sont diversifiés à l’intérieur comme à l’extérieur de la maison.

Sans les décliner tous, la compétence et les talents sont respectés : aumôneries scolaire et hôpital, santé, associations, cours de langue française aux femmes étrangères, les services internes de la maison… et l’originalité et la créativité ne manquent pas dans les initiatives et jobs ! pas toujours idylliques ! La difficulté réelle est l’éloignement de la gare et d’une vie sociale de proximité. La tentation pourrait être le repliement sur soi, riche de son passé, loin du bruit et des tracas. Le message commun de cette grande maison est d’accueillir l’actualité de l’Eglise universelle et locale, d’être des permanents de la prière.

Un parc, digne de celui de Versailles !

Ne demandez pas à la sœur qui assure l’entretien du parc, digne de celui de Versailles ! le nombre d’heures passées sur le tracteur. La communauté en est la première bénéficiaire surtout aux heures chaudes de l’été, pour des repas décontractés, bucoliques. Depuis les coups de tempêtes de 1999/2000, plus de rires et mésaventures en week-end et vacances scolaires, la jeunesse n’est plus autorisée à camper dans le parc… pour le plus grand bonheur des sangliers, blaireaux, renards qui, eux, ne connaissent pas les interdits.

La « Maison Saint Joseph » maintient toujours une présence continue de la mission.

Dès l’origine de la Société de Marie, nos fondateurs ont la vision que les laïcs reçoivent le charisme mariste et de ce fait participent à la mission mariste au même titre que les religieux. Ce n’est pas ou les uns ou les autres, mais tous ensemble, quand cela est possible. Dans le Val d’Oise, la visibilité mariste ne se manifeste plus de la même manière depuis le départ de nombreux religieux(ses). Les laïcs continuent à « vivre de la vie de Marie qui n’est autre que la vie de Jésus Christ » pour transmettre l’esprit mariste dans les lieux phares de mission mariste. Nous en sommes témoins, et la communauté des sœurs maristes de la Maison Saint Joseph a toujours maintenu et maintient encore actuellement une présence continue dans cette mission, par la prière, par l’engagement dans la catéchèse, par l’intérêt tout simplement pour la vie mariste.

Sœur Odile DURAND


Paru dans « Présence Mariste » n°246, (janvier 2006)