Refonder l’espérance

En 2012, on célébrait les 50 ans de l’ouverture du Concile Vatican II qui a écrit un texte majeur : Gaudium et Spes (Joie et Espérance pour ce monde. (Publié dans « Présence Mariste » n°277, octobre 2013)

En 2012, on célébrait les 50 ans de l’ouverture du Concile Vatican II qui a écrit un texte majeur : Gaudium et Spes (Joie et Espérance pour ce monde). Ce message reste d’actualité pour refonder l’espérance.

Une boussole

Ce texte parle de la présence, de l’action des chrétiens dans le monde. Oui, nous sommes des sourciers d’espérance. Ton de confiance, d’ouverture au monde. Ton d’amitié, appel à l’engagement dans les combats pour l’homme. Voici le début : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur ». Il y a réaffirmation de la vocation humaine.

A la suite de Jésus, espérer comme Marie
A la suite de Jésus, espérer comme Marie

Des enjeux pour l’espérance

Pour le temps qui s’ouvrait en 1965, le texte signalait cinq enjeux importants : sauvegarde de la vie, de la famille et du mariage ; essor et partage mondial de la culture ; développement intégral de l’homme et du monde ; vie de la communauté politique nationale et internationale ; sauvegarde de la paix et construction de la communauté des nations. Le concile a inauguré un temps d’ardeur et d’espérance.

Des choix indicatifs

Choix d’introduire le don et la gratuité au cœur-même de l’économie pour répondre au scandale des « inégalités économiques et sociales entre les membres ou entre les peuples d’une seule famille humaine ». Pourquoi le don ? L’homme est créé à l’image de Dieu et le don est son être-même. Ce don, est « prolongement de l’œuvre du Créateur » (GS 34). Il doit avoir sa place au cœur d’un système économique moderne. Choix de la responsabilité face à un environnement menacé. « La responsabilité, c’est la prise en charge du plus fragile » (Ricœur). Elle est exercice de la solidarité fondamentale de l’homme et de son environnement, de l’homme et des générations qui le suivent. Nos sociétés en ont pris une conscience plus vive. Il nous faut apprendre à user de la création, « dans un esprit de liberté et de pauvreté » (GS 37). Choix de l’ouverture à l’étranger et à l’engagement dans la vie internationale pour faire avancer une fraternité universelle. Attention aux questions : pauvreté, environnement, sécurité alimentaire, menaces pour la paix, etc… Avancer vers une « meilleure organisation de la société humaine ». Gratuité et solidarité à l’égard des pauvres : l’humanité s’ouvre de plus en plus à ces valeurs.

Revenir à la source

L’espérance touche des sujets comme la dignité du mariage et de la famille, « intime communauté de vie et d’amour », qui est Joie et Espérance pour l’Église et le monde ! Elle touche la question de l’éducation des enfants à la vraie joie et à l’espérance chrétienne. L’espérance est souvent enfouie, sous les scories d’une civilisation de l’avoir, mais elle est là, comme l’eau souterraine qui fait bouger la baguette du sourcier. Gaudium et Spes est cette baguette qui nous ramène à la source de l’Espérance du Salut, pour tous les hommes. Accueillons l’élan de l’Esprit qui est souffle et source vive, pour vivre de cette Espérance et la partager avec tous les hommes (GS 93).

F. Maurice GOUTAGNY
(Publié dans « Présence Mariste » n°277, octobre 2013)