“Il nous a donné le nom de Marie”

PM 288 logo Le F. Alain Delorme présente ci-dessous la circulaire du F. Emili Turu, supérieur général publiée le 2 janvier 2012. « Nous nous sentons poussés par Dieu à partir vers une terre nouvelle. » (Présence Mariste n°288, juillet 2016)

F Alain Delorme “Nous promettons solennellement que nous nous donnerons, nous et tout ce que nous avons, pour sauver de toutes manières les âmes, sous le nom très auguste de la Vierge Marie, et sous ses auspices.” (Vie de Marcellin Champagnat, p. 35 - éd. 1989).

Marcellin Champagnat a fait cette promesse à Notre-Dame de Fourvière, le 23 juillet 1816, au lendemain de son ordination sacerdotale. Moins de six mois après son arrivée à La Valla, où il avait été nommé vicaire, il introduisait les deux premiers Petits Frères de Marie dans une pauvre maison louée et aménagée pour eux. C’était un jeudi, le 2 janvier 1817. Ainsi commençait-il la réalisation d’un projet que lui avait inspiré La Vierge Marie. (Cf. Vie, p. 342 - éd. 1989).

Marie, je mets toute ma confiance en toi
Marie, je mets toute ma confiance en toi

Le 28 janvier 1834, le Fondateur écrira à Sa Majesté Louis-Philippe, roi des Français :
“Je donnai à mes frères le nom de Petits Frères de Marie, bien convaincu que ce nom seul attirerait un grand nombre de sujets”.
(Lettres, Doc. 34, p. 100 - Rome 1985). Il est probable que le Frère Emili Turú, s’est souvenu de cette lettre en écrivant sa Circulaire intitulée : “Il nous a donné le nom de Marie”, dont voici une brève présentation.

Poussés vers la Mission comme Marie

Un premier chapitre au titre surprenant : “Qu’est-ce qui nous arrive ?”, nous fait découvrir l’état de l’Institut, en 2009, au moment du 21e Chapitre général. Il apparaît : “fragile, diminué numériquement et insignifiant, car les Instituts de Frères ne semblent pas avoir beaucoup d’importance dans l’ensemble de l’Église.” (p. 18). Le Frère Emili ajoute : “Pourtant, cette situation ne devrait pas nous décourager, mais plutôt nous stimuler. Dans un contexte cléricalisé, notre choix devient prophétique.” (p. 19).
Le texte sur “Identité et mission des Religieux Frères dans l’Église”, récemment publié par Rome, confirme son point de vue.

Le Frère Supérieur général nous invite à la conversion pour que puisse fleurir la nouveauté de l’Esprit, rappelant que Marie a été la source de l’inspiration des délégués au 21e Chapitre général qui déclarent :“Nous nous sentons poussés par Dieu à partir vers une terre nouvelle qui favorise la naissance d’un nouvel âge pour le charisme mariste.” (p. 26). “Nous sommes appelés à construire le visage marial de l’Église.” (p. 27).

Être des signes prophétiques

Au chapitre 2, intitulé : “Appelés à construire le visage marial de l’Église”, Frère Emili précise : “Parler de visage marial de l’Église est une invitation à partager l’expérience et la mission de Marie.” (p. 33). L’inspiration de fonder la Société de Marie, reçue au Puy le 15 août 1812 par Jean-Claude Courveille, sera reprise par Jean-Claude Colin qui veut “recommencer une nouvelle Église”.
Le concile Vatican II a lancé au Peuple de Dieu un appel universel à la sainteté (Lumen Gentium, 40). Comme Maristes, nous sommes invités à “manifester d’une manière originale et spécifique la présence de Marie dans la vie de l’Église et des hommes” selon le désir exprimé par le pape Jean-Paul II aux Chapitres généraux de la Famille Mariste, en 2001 (p. 31).

En réponse à la question : “En quoi consiste cette manière d’être originale et spécifique ?”, Frère Emili précise que : “Champagnat a voulu que, par notre seule existence, nous soyons dans l’Église un signe prophétique, en étant Petits Frères de Marie, c’est-à-dire des religieux qui ne font pas partie de la structure juridique de l’Église et qui aspirent à vivre l’Évangile à la manière de Marie. Notre existence dans l’Église et dans la Société est signifiante par elle-même, sans avoir besoin de faire appel à notre fonction spécifique. Ceci est valable aussi pour des milliers de laïcs, hommes et femmes, qui à travers le monde se sentent identifiés au charisme mariste.” (p. 38).

Au Liban être Petit Frère de Marie avec les enfants
Au Liban être Petit Frère de Marie avec les enfants

Une Église au visage Marial

Pour caractériser cette Église au visage marial, trois icônes sont présentées : celle de la Visitation : l’Église du tablier ; celle de la Pentecôte : la fontaine du village ; celle de l’Annonciation : la beauté sauvera le monde.

  • L’Église du tablier. “Avec Marie, qui part en hâte, nous nous sentons appelés à vivre notre vie comme un service et à porter Jésus aux autres. Dans ce service, les enfants et les jeunes les plus vulnérables ont notre préférence.” (p. 49).
  • La fontaine du village. “Nos communautés sont des lieux vivants où l’on peut étancher sa soif et partager l’eau de la vie avec d’autres personnes. Nous savons que nous sommes des fontaines et non l’eau qui désaltère.” (p. 56). Avec un rappel du Testament Spirituel du Fondateur : “Qu’on puisse dire des Petits Frères de Marie, comme des premiers chrétiens, voyez comme ils s’aiment.

La beauté sauvera le monde. Marie “gardait et méditait la Parole dans son cœur” ; Marie du silence, de l’accueil, de l’écoute (p. 68). Son exemple nous conduit à devenir des contemplatifs dans l’action. Le Frère Emili cite Benoît XVI qui, en 2010, demandait à tous les Religieux : “Soyez toujours des chercheurs et des témoins passionnés de Dieu.”

Avec Marie, nous avons Tout…

Voici comment, Marina, une laïque italienne décrit, sur Facebook, l’Église à visage marial :
“Une Église capable d’accueillir, toujours et inconditionnellement. Une Église qui sourit, qui pleure et qui essuie les larmes. Une Église pleine de tendresse et qui vit la miséricorde. Une Église qui pardonne. Une Église qui aime avec les yeux et avec le cœur. Une Église qui conduit à la rencontre et à l’amour total de Jésus.”
(p. 77)

Le Frère Laurent, un des premiers disciples de Marcellin, dans son témoignage rédigé en 1842, rapporte des mots que le Fondateur répétait souvent à ses frères à propos du rôle que Marie avait joué dans les premiers temps de sa Société. Il affirmait : “Sans Elle, nous n’aurions pas pu réussir”.
À deux siècles de distance, gardons-nous au cœur la même conviction ?

Rencontre mariste
Rencontre mariste
F. Alain DELORME
Sources : Circulaire Frère Emili Turú, S. G.
(Publié dans « Présence Mariste » n°288, juillet 2016)