Dieu, source de notre espérance

Espérance du rêve de Dieu pour l’humanité. (« Présence Mariste » n°277, octobre 2013)

Parler de l’espérance, c’est parler de la source. Espérance inscrite au cœur de Dieu Père et dans le souvenir de son projet avec les hommes. Espérance du rêve de Dieu pour l’humanité.
L'Espérance nous relie aux appels de l'Eglise
L’Espérance nous relie aux appels de l’Eglise

Dieu, Père et Créateur

Dieu est créateur de l’homme. L’espérance est d’abord en Dieu. Cette création vient du cœur du Père ; il voit que tout cela est bon. Création qui vient aussi de sa Parole ; elle vient de son souffle. Il ne cesse de nous faire à son image. Même s’il y a rupture, péché, Dieu nous cherche. Quand on voit la quête de l’homme après la première chute, quelle espérance ! L’homme, Dieu le veut en relation, dans un cœur à cœur. Une relation avec lui-même, avec son semblable, avec le cosmos. Dieu, créateur de relations dans l’espérance.

Dieu est aussi créateur d’un peuple. Il ne veut pas que l’homme soit seul. Dieu créateur d’un peuple avec qui il fait Alliance. Dieu est présent, il est là, il envoie des prophètes, hommes et femmes, choisis pour redonner confiance, espérance. Dieu est créateur d’un peuple en croissance. À l’écoute des paroles qui invitent à regarder l’avenir. Dieu annonce un messie ; un avenir de justice, de paix. Cette espérance conjugue les appels des hommes et les desseins de Dieu. Le dernier mot de l’espérance vient d’en haut : c’est le don de l’Esprit qui est donné à tous.

Dieu est créateur du monde. Il nous donne tout avec largesse. Aujourd’hui, dans nos situations, restons sensibles à ce passage du chaos à un monde organisé, harmonieux : telle est la vision de Dieu. Il est avec nous pour construire ce monde, le faire fructifier ; c’est cela l’espérance. Dieu agit dans une gratuité totale ; il se donne tout entier dans l’abondance. Il est Père, source de Vie ; son activité est essentiellement don. Nous sommes appelés à participer à sa fécondité.

Jésus, Dieu sauve : le rêve du Père

Le nom de Jésus signifie : Dieu sauve. C’est tout le mystère de la venue de Jésus parmi nous, envoyé par le Père. Un projet où Dieu se mouille ! Dieu se fait homme pour que l’homme devienne Dieu (St Irénée).

L'Esprit de Dieu est bouleversement
L’Esprit de Dieu est bouleversement

Jésus vient pour sauver l’homme. Sa mission : rétablir l’homme dans sa relation filiale avec Dieu. Les actes de Jésus nous montrent ce relèvement de l’humanité dans l’espérance. Nous voyons Zachée à qui Jésus dit : Dieu vient aujourd’hui habiter dans ta maison ! Même la Samaritaine reste troublée par les initiatives de Jésus qui pénètrent jusqu’au cœur de sa vie. Oui, Dieu est relation, et sa rencontre me donne mon identité, réinvestit mes énergies vitales.

Jésus s’incarne dans son peuple, il vient pour le sauver. Il y a une dimension communautaire de l’espérance. Ensemble nous sommes aimés. Toute l’attention de Jésus aux foules sans berger, sa préoccupation des Apôtres et le souci de les faire grandir en humanité. Jésus sauve par tout ce qu’il est. L’espérance prend une grande force dans la contemplation des attitudes humaines du Christ, qui aime et pardonne, qui ouvre à la fraternité, qui rétablit la relation filiale avec le Père. Invitation à aimer le monde tel qu’il est donné par Dieu.

Jésus, par sa présence, donne un message d’universalité pour que l’espérance habite le cœur de tous les hommes. C’est l’universalité du cœur de Dieu en Jésus. Dieu en son Fils sauve tous les hommes, tout l’homme. Nous entrons dans l’espérance de Jésus, de ce qui le fait agir ; il demande à ses disciples de partager leurs biens, de dépasser le cadre des relations familiales pour élargir l’affection, la confiance aux étrangers, aux exclus, aux petits (Mc 3, 31-55). Jésus conteste la religion officielle pour signifier l’importance de la conversion du cœur ; il enseigne un bonheur nouveau : le sermon sur la Montagne (Mt 5, 1), les béatitudes nous ouvrent à l’espérance, la douceur, la paix. Jésus propose tout un esprit d’enfance, une confiance radicale au Père. L’espérance de Jésus renvoie à la source d’un amour : celui du Père et du Fils.

Marie, femme de l'espérance
Marie, femme de l’espérance

Avec l’Esprit, temps de l’Espérance de Dieu

Aujourd’hui, nous sommes dans le temps de l’Esprit, dans le désir du Père. Oui, tout nous a été donné, Jésus, la vie, le don de Dieu. À nous maintenant d’être dans l’espérance, de la concrétiser.

Dans la résurrection, l’Esprit nous est donné, manifesté clairement dans l’explosion de Pentecôte. Comme croyants, nous sommes appelés à être amour, à sortir de chez nous. L’Esprit Saint bouleverse, retourne ; il apprend à comprendre les écritures (disciples d’Emmaüs). Il est fini le temps de l’abandon, de la désespérance ; Dieu s’est fait pèlerin en son Fils Jésus pour nous ouvrir les yeux. Cet esprit marque tout ce que je suis, mon cœur, mes relations, mes activités. Cet Esprit me projette dans l’espérance. Quelle est ma réponse d’amour à l’Amour ?

L’Esprit de Pentecôte est vent, bouleversement. Il porte la Parole, la joie, la vie. Il fait se réunir les premiers chrétiens ; il les fait frères et sœurs ; l’Église devient ainsi un peuple habité par l’Esprit. Cet Esprit s’exprime alors dans les appels et les choix des sociétés humaines. L’Esprit ouvre l’Église aux projets, aux luttes de l’humanité, (voix des humiliés, des pauvres…). Dans l’humilité, l’espérance nous lie avec les autres hommes assoiffés de justice ; elle nous tourne vers les petits, les écrasés, comme elle tournait Jésus vers les lépreux, les pécheurs. L’espérance selon l’Esprit se découvre à ceux qui écoutent et qui agissent.

Dieu donné, source de notre espérance
Dieu donné, source de notre espérance

L’Esprit de Dieu nous a envahis. Nous sommes participants de ce souffle, de cette lutte entre les forces de vie et les forces de mort, à la suite de Jésus. Notre espérance prend tout son sens devant les réalités du monde. Jésus annonce l’avènement de l’espérance, du Royaume en parlant de conversion. Savoir regarder en soi, puis dans l’entourage, ce qui menace la communion et ce qui la construit. C’est par nos propres changements qu’il faut expérimenter le monde nouveau de demain.

Vivre dans l’espérance c’est vivre au nom du Père, au nom de Jésus, au nom de l’Esprit Saint. L’espérance empêche de nous installer ; elle ne laisse pas les choses aller leur cours. L’espérance ne s’identifie pas à l’optimisme béat. Dieu est humain, réaliste. L’espérance s’inscrit au cœur de notre foi, de notre persévérance ; elle a besoin de notre prière et s’exprime par elle.

F. Maurice GOUTAGNY
(Publié dans « Présence Mariste » n°277, octobre 2013)