Une nouvelle traduction des textes de la messe

PM 285 logo Le résultat de ce travail est magnifique, la parole de Dieu est à notre portée chaque jour dans une langue compréhensible. Faisons bon accueil à ces nouveaux missels, et réjouissons-nous d’avoir accès à la Table de la Parole de Dieu et de partager cette nourriture qui donne vie. (Présence Mariste n°285, octobre 2015)

Les gens qui vont à la messe ne l’ont peut-être pas remarqué : depuis quelques mois les textes des lectures sont dits dans une traduction rénovée, plus proche de notre langage actuel.
F. Jean-Claude Christe
F. Jean-Claude Christe

À la Pentecôte, l’Esprit Saint s’est répandu sur les Apôtres sous forme de langues de feu. Et les disciples ainsi que tous les gens venus de tous les pays comprirent les Apôtres chacun dans sa langue. La parole de Dieu est immuable, certes, mais pour atteindre chaque homme dans son temps, sa culture et dans sa langue, elle n’a cessé d’être traduite au cours des âges au plus près de la compréhension des fidèles. On le sait bien le vocabulaire vieillit vite. L’important c’est que les gens comprennent l’Évangile et en vivent. La traduction des textes bibliques et de la liturgie est une longue histoire.

Une longue histoire

Les textes du missel remontent au IVe siècle. Les principales Églises commencèrent à composer des textes de la messe et autres célébrations avec des commentaires. Ce n’est qu’après le Concile de Trente (1545-1563) que le missel en latin, unique pour toute l’Église, a été promulgué en 1570. Il a fallu attendre le concile Vatican II (1962-1965) pour qu’un nouveau missel de référence, en latin « Missale romanum » soit promulgué, en 1965. Il a été réédité en 2008. Dans la foulée, ont suivi les traductions officielles dans les différentes langues principales du monde catholique.

Les traductions
Groupe découverte de la Bible (Meyrin 2013)
Groupe découverte de la Bible (Meyrin 2013)

La traduction du missel, utilisée avant 2015 dans les pays francophones remontait à 1965. Une réactualisation commence en 2001. La traduction à partir du « Missale romanum » est un travail de longue haleine. Elle est élaborée par une Commission constituée de sept spécialistes. Chaque ensemble de langues a ses traducteurs : des religieux reconnus comme des érudits, des scientifiques et des latinistes laïques. Ils ont été fidèles au texte latin original, et ils ont dû tenir compte des contraintes propres à la langue française et au fait que la traduction devra être utilisée pour la proclamation publique, et éventuellement pour le chant. Il y a aussi à respecter les sensibilités langagières propres à chacun des pays de la francophonie.

La Parole de Dieu à notre portée

Le missel en français servira dans toute la francophonie (France, Belgique, Suisse romande, Luxembourg, Afrique, Maghreb, Québec) pendant les 50 prochaines années. Cela a pris 5 ans de va et vient entre les différentes commissions, la Congrégation et les évêques jusqu’au texte final officiel pour chaque langue. Bel exemple de fidélité aux sources des textes anciens, latins ou grecs, et à la langue comprise au 21e siècle ! La phase finale est la diffusion dans les paroisses dès 2015.

Le résultat de ce travail est magnifique, la parole de Dieu est à notre portée chaque jour dans une langue compréhensible grâce aussi à des éditions telles « Prions en Église » ou « Magnificat ». Saluons le bon travail des Commissions. Faisons bon accueil à ces nouveaux missels, et réjouissons-nous d’avoir accès à la Table de la Parole de Dieu et de partager cette nourriture qui donne vie.

F. Jean-Claude Christe
(Publié dans « Présence Mariste » n°285, octobre 2015)