En Roumanie, construire des foyers d’espoir

Un centre d’accueil pour enfants et jeunes abandonnés

Dès leur arrivée en Roumanie en 1998, les Frères Maristes ont commencé à s’occuper d’un certain nombre d’enfants abandonnés, toujours en collaboration avec d’autres organisations. Ce n’est seulement qu’en 2004 qu’ils ont ouvert leur propre centre d’accueil pour recevoir des enfants pauvres et sans famille. Cette année, les 7 Frères actuellement à Bucarest ont célébré les dix ans de présence au milieu de ces enfants et de ces jeunes.

Quels sont les fruits de cette présence mariste en Roumanie ? Que voyons-nous évoluer dans l’esprit, le cœur et la vie des 34 enfants résidant au Centre Saint Marcellin Champagnat ?

DES PASSAGES À VIVRE

Depuis juillet 2006 fonctionne ce centre. Et jour après jour, nous constatons des changements dans la vie des enfants au milieu desquels nous vivons toute la journée. Les visages tristes des premières photos sont devenus des visages souriants. Les regards fuyants du début se sont transformés en regards francs et directs. Tous nous observons que ces enfants expriment plus et mieux leurs sentiments ; que les preuves d’affection données et reçues augmentent ; qu’ils ont gagné en estime d’eux-mêmes.

Frère José Luis Fernandez en pleine activité ludique
Frère José Luis Fernandez en pleine activité ludique


Nous constatons qu’ils ont plus d’assurance et qu’ils sont plus calmes, leurs relations d’amitié semblent plus durables et nous, les adultes, nous continuons à être surpris et à rire souvent de quelques-uns de leurs traits d’esprit. Les enfants ont remarqué aussi que nous sommes contents de leurs succès et qu’émerveillés, nous suivons tous et chacun de leurs changements.

NOTRE REGARD OUVRE L’AVENIR

Souvent il m’arrive de voir des enfants réagir d’une façon beaucoup plus calme et sans répondre par une injure, lorsque l’un des responsables leur donne une autre réponse que celle désirée. Certains parlent avec une certaine maturité qui nous étonne, lorsqu’ils s’adressent à nous ou lorsqu’ils parlent au téléphone avec leurs parents. D’autres font des progrès réels à l’école, si l’on considère leur comportement ou les résultats scolaires et tout cela surprend tout le monde.

L’un des plus grands a travaillé dans une entreprise de construction durant toutes les dernières grandes vacances. En plus, il a donné une partie de son argent à sa famille et en particulier à sa sœur pour s’acheter des habits, après avoir discuté avec le responsable du Centre.

UN ESPRIT DE FAMILLE

Il est vrai que l’on ne compte pas que des réussites et qu’il reste encore un long chemin à parcourir. Ils savent combien nous nous énervons quand nous les entendons pleurer, parler et utiliser des expressions de bébés ; leurs régressions nous inquiètent. Leur attention et leur rendement scolaire doivent certes augmenter. La bonne entente mutuelle doit progresser encore. Ils doivent être mieux à même de prendre des responsabilités à la maison. Mais peu à peu une atmosphère différente règne dans chacune des maisons. On est agréablement surpris lorsqu’on mange avec eux, et parfois en présence d’autres personnes étrangères qui sont heureuses de rencontrer des enfants joyeux et polis. C’est ainsi que se construit peu à peu une famille, un foyer, où la confiance et l’espoir renaissent.

Quelques enfants entourent Frère Juan Carlos Sanz Miguel
Quelques enfants entourent Frère Juan Carlos Sanz Miguel

Il est vrai que nous avons mis beaucoup d’éléments en jeu pour parvenir à ce que ces garçons et ces filles deviennent un peu plus autonomes et plus heureux. Mais ils comptent encore sur les personnes proches qui s’occupent d’eux. Tous ensemble, éducateurs et enfants, nous avons ouvert les portes d’un avenir qui vaut la peine d’être vécu.

Frère Georges VIDALIS
(paru dans Présence Mariste N° 259, Avril 2009)