Redonner le sourire à des enfants

L’association O.T.M. et son action à Madagascar (« Présence Mariste » n°276, juillet 2013).

Michel Jolly, par sa profession de navigant (commandant de bord pendant 26 ans) a constitué une belle collection de crèches de très nombreux pays (qu’il a prêtées gracieusement à l’Hermitage pour l’exposition de Noël 2012 ; ce qui nous a permis de faire sa connaissance) ; mais surtout il a pu constater que la misère était le lot de très nombreux pays.

C’est donc « naturellement », dit-il, qu’il est engagé, avec son épouse, Colette, dans l’Association OTM depuis de très nombreuses années. C’est en prenant sa retraite, en 2002, que M. Gérard Bazin, le président fondateur de l’association, lui a demandé d’en prendre la présidence ; ce qu’il fait jusqu’à février dernier. C’est peu dire qu’ils sont, tous les deux, totalement investis dans cette belle mission de solidarité. En présentant cette association, ils nous partagent leur passion. Merci.

F. Michel MOREL

L’Association OTM (Ouverture au Tiers Monde), reconnue d’utilité publique loi de 1901 est née en 1981, suite à la visite à Vienne d’un Père Missionnaire en poste au Pérou puis en Colombie. Son objet était d’apporter un soutien financier et actif suivant trois axes : santé - scolarité - formation professionnelle.

Pour "redonner le sourire aux enfants", il faut assurer des soins et leur rendre l’espoir. C’est pourquoi nous commençons par investir dans un dispensaire, puis une aide à la nutrition par des achats de riz et de nourritures ou médicaments spécifiques pour enfants. Ensuite l’édification de structures scolaires.

Enfants du Centre d'Ambatofotsy
Enfants du Centre d’Ambatofotsy

Priorité à Madagascar

Après des actions menées dans divers pays, et très touchés par la détresse des populations de Madagascar, où des habitants et surtout des enfants meurent de faim, notre action s’est tournée depuis 1997 essentiellement vers les endroits les plus démunis de cette ile.

Afin de rester efficaces, nous ne nous dispersons pas beaucoup. En dehors de quelques aides ponctuelles comme des dispensaires ou léproseries, notre action est orientée vers le développement de deux centres à Mada. Ils ont été choisis en raison de leur extrême dénuement et de Centres où l’on pouvait s’appuyer sur du personnel sûr et formé, mais manquant totalement de moyens : nous apportons l’investissement et la technique qu’ils ne peuvent pas fournir sur place. Nous demandons à chaque fois une participation de la population pour ce qu’ils peuvent faire, par exemple terrassement avant construction ou transport manuel… Notre leitmotiv : « Aide-toi et le ciel t’aidera ». Il est indispensable qu’à notre effort corresponde un effort de leur part. Et cela a très bien réussi !

Nous nous concentrons sur deux lieux, l’un à 30 km au nord de Tananarive à Talata-Volonondry, centre tenu par les sœurs de Saint Joseph de Cluny ; le second également géré par les mêmes sœurs-infirmières à 162 km à l’Est de Fianarantsoa, dans la forêt.

Le Centre de Talata-Volonondry

Là, nous avons construit le dispensaire, la station de pompage dans le vallon à 200 m et la distribution d’eau, le mur d’enceinte, participé à la réfection du grand bâtiment central, fourni tout le mobilier de l’orphelinat (pour 45 orphelines) et avons 30 parrainages nominatifs permettant de scolariser et nourrir ces enfants.

Centre d'Ambatofotsy près de Fianarantsoa
Centre d’Ambatofotsy près de Fianarantsoa

Nous avons beaucoup participé et appuyé la création d’un atelier de broderies dans ce centre où des femmes récupérées dans la rue, généralement avec bébé, ont été formées, rémunérées, l’enfant pris en charge, soigné et scolarisé. Nous avons eu le grand plaisir d’avoir pu en envoyer en Université, les voir diplômées et trouver du travail. Nous en avons encore plusieurs en formation.

Près de Fianarantsoa

Au Sud, dans la forêt « Tanal », nous sommes arrivés en 2003. Là, on nous avait signalé un village avec de nombreux hameaux autour ; le dispensaire avait brûlé. Il n’y avait plus aucun soin, pas de nourriture, les enfants et toute la population était dans un état de malnutrition ou dénutrition impressionnante. Des enfants n’ont pu être récupérés.

Nous avons alors participé aux trois quarts du financement d’un nouveau centre où les sœurs infirmières ont pu s’établir et prendre en main la santé de la population et la nourriture d’enfants. À l’aide de parrainages non personnels, nous nourrissons et scolarisons actuellement environ 400 enfants. Nous avons dû construire 2 bâtiments scolaires et avons actuellement 460 élèves. Nous avons fait totalement refaire un vieux bâtiment hangar datant des années 50 pour en faire un immense réfectoire et salle de réunion au rez de chaussée et 4 classes au premier. Une cuisine a été construite. Les Rotary de Vienne 38 et de Karlsruhe Allemagne ont fourni tout le mobilier plus un groupe électrogène.

Les résultats sont excellents : un médecin est venu s’installer. La santé est très satisfaisante et la production agricole a bien décollé. Nous avons 100 % de résultat au Certificat d’études et pour le deuxième examen : 35/40 ont réussi le BEPC. Nous enverrons les meilleurs éléments au Lycée et pour d’autres, nous envisageons une formation professionnelle.

Nous sommes en préparation d’une mission d’électrification avec Énergie Sans Frontières pour fournir l’éclairage par panneaux solaires dans le Centre et le petit Hôpital de campagne qui fonctionne maintenant. Il faut savoir qu’il n’y a aucune électricité ou téléphone à moins de 20 km et que, pendant plusieurs mois durant la saison des pluies, la piste est coupée fréquemment une semaine ou plus.

Nous aidons également un dispensaire école dans un quartier extrêmement pauvre de Tananarive, tenu par les sœurs infirmières de l’Évangile et la léproserie en pleine activité de Marranes près de Fianarantsoa. Il y a tant à faire !

Une des religieuses du Centre avec des enfants
Une des religieuses du Centre avec des enfants

Les sources de financement

OTM se finance par les cotisations et les dons de ses adhérents, les dons d’entreprises, de groupes et les importantes ventes bisannuelles d’artisanat malgache, principalement des broderies faites par nos couturières recueillies. Par sa petite taille, notre Association fonctionne avec un minimum de frais (1 % cette année). Tous les frais (voyages, fournitures…) sont supportés par les adhérents et intervenants. Notre rayonnement est majoritairement local, mais compte parmi les donateurs et parrains les plus fidèles des personnes résidant dans toute la France. Nous comptons 700 sympathisants dont une centaine qui sont très impliqués.

Michel et Colette JOLLY
(Publié dans « Présence Mariste » n°276, juillet 2013)