L’enseignement du Français dans les Cyclades d’hier d’hier à aujourd’hui

PM 302 C1 logo 42x59 Dès la fin du XIXe siècle jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, une série de lois et d’ordonnances sur les écoles étrangères en Grèce, ont réexaminé le cadre institutionnel qui régit leur statut et ont contribué à améliorer le fonctionnement des écoles congréganistes. (Présence Mariste n°302, janvier 2020)

Bref historique de l’enseignement du Français dans les Cyclades

Eftychia NICOLACOPOULOU, Docteur de Lettres Modernes, ex Conseillère Scolaire de français en Périphérie Sud Egée, ancienne élève de l'Ecole Saint Joseph d'Athènes -  voir en grand cette image
Eftychia NICOLACOPOULOU, Docteur de Lettres Modernes, ex Conseillère Scolaire de français en Périphérie Sud Egée, ancienne élève de l’Ecole Saint Joseph d’Athènes

En Grèce, depuis plus de cent ans, la première langue étrangère dans l’enseignement secondaire était le français, par le décret royal de 1836 (1) . Depuis des siècles, Francs et Vénitiens, après la défaite de Byzance en 1204, ont occupé des territoires de l’Empire ottoman et ont créé des états et des principautés. Beaucoup de communautés catholiques nées à cette époque, sont demeurées en activité durant les siècles, dans les îles de la mer Égée et surtout dans les Cyclades.

À Naxos, pendant le XVIIIe siècle sont actifs dans le domaine de l’éducation, les bataillons des Ursulines et des Lazaristes. A Tinos, s’installent les Ursulines de 1862 à 1952 et à Syros, les Sœurs de Saint Joseph de l’Apparition (1846 et 1920), les Frères des Écoles chrétiennes (Lassaliens) (1858-1862/1914) jusqu’à aujourd’hui, et les Filles de la Charité de 1884 à 1940, de 1949 à 1973, de 1949 à 1983, fonctionnaient comme un frontistirion (2). Ces dernières, appelées « didaskaleia », ont joué un rôle important dans la scolarisation des filles. (3)

La contribution des écoles catholiques à l’éducation en Grèce au XIXe siècle.

Cyclades

Au XIXe et au début du XXe siècle aux Cyclades, selon leur ordre d’établissement et de bataillons solitaires, les écoles catholiques ont été divisées en écoles des garçons et des filles. (3) Le tableau ci-dessous décrit l’installation des deux congrégations principales des Jésuites et des Capucins qui se sont installés dans les trois îles.

Îles Capucins Jésuites
Naxos 1628-1955 1627-1773
Syros 1636 à aujoud’hui 1744-1773
Tinos 1661-1773

Dès la fin du XIXe siècle jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, une série de lois et d’ordonnances sur les écoles étrangères en Grèce, développées surtout après l’entrée de la Grèce dans la Communauté Européenne en 1979, ont réexaminé le cadre institutionnel qui régit leur statut et ont contribué à améliorer le fonctionnement des écoles congréganistes françaises, celles-ci faisant un effort pour focaliser sur l’éducation et les actes de charité. Il convient également de noter que nombre d’écoles de régimes monastiques ont fonctionné jusqu’à récemment comme des pensions, d’orphelinats et de laboratoires d’art, ainsi que d’hôpitaux et de centres médicaux.

Eftychia NICOLACOPOULOU

(1) Le français est resté la seule langue étrangère de l’école grecque pendant la première moitié du XXe siècle. (Thémistoclis Papadopoulou, La Politique linguistique de la Grèce Moderne, Oceletos 2019, p. 113

(2) Il s’agit de cours de soutien.

(3) La loi de 1834, sur les écoles primaires prévoyait aussi la scolarisation des filles.

(Publié dans « Présence Mariste » n°302, janvier 2020)